TEMOIGNAGE - Coronavirus : des masques pour tous en Thaïlande et rien en France, récit au temps du confinement

À l’aéroport de Bangkok, le port du masque est fortement recommandé pour lutter contre la pandémie de coronavirus. / © Léna Romanowicz / France Télévisions
À l’aéroport de Bangkok, le port du masque est fortement recommandé pour lutter contre la pandémie de coronavirus. / © Léna Romanowicz / France Télévisions

Salariée à France 3 Alsace et de retour de Thaïlande, j’ai pu comparer l’efficacité (ou non) des mesures prises dans les deux pays pour endiguer la propagation du coronavirus. De la pénurie de masques en France à la profusion à Bangkok, mon voyage se résume à ces deux images.

Par Léna Romanowicz

Tandis que les malades du Covid-19 se multiplient en France, les pharmacies sont déjà en pénurie de masques et de gel hydroalcoolique. En Thaïlande, le nombre de malades augmente lui aussi depuis ces derniers jours, mais les équipements ne viennent pas à manquer. On comptait un mort et 50 personnes infectées le 9 mars dernier, le jour de mon départ. Des distances de sécurité d’un mètre à la prise de température systématique, chaque pays contient, à sa manière, la propagation du coronavirus. 
 

Le port du masque, du nord au sud

En Thaïlande, que ce soit sur un scooter ou dans un centre commercial, tout le monde est habitué à porter un masque, notamment pour se protéger de la pollution. Et avec l’arrivée du coronavirus, l’habitude est presque devenue une nécessité. Mais en voyageant du nord au sud du pays, on remarque que les consignes sanitaires ne sont pas appliquées de la même manière sur l’ensemble du territoire. La différence est notable entre les grandes villes et les villages.
 

La première partie du séjour à Bangkok, la capitale du pays, est déroutante. Face au coronavirus, les mesures de protection sont appliquées à la lettre. Dans la rue ou sur les routes, tous les Bangkokois portent un masque, sans exception. Dans les centres commerciaux comme à l’hôtel, la prise de température et le gel hydroalcoolique sont obligatoires pour pouvoir rentrer. À l’intérieur, comme à l’extérieur du centre commercial, toutes les rampes d’escaliers sont astiquées.
 
Depuis l’arrivée du coronavirus, les masques des habitants de Bangkok ne servent plus seulement à se protéger de la pollution. / © Léna Romanowicz / France Télévisions
Depuis l’arrivée du coronavirus, les masques des habitants de Bangkok ne servent plus seulement à se protéger de la pollution. / © Léna Romanowicz / France Télévisions
 
Alors que la France annonce déjà la pénurie de masque et de gel hydroalcoolique, les commerces sont truffés de ces produits. On en trouve partout et à des prix dérisoires, que ce soit dans les boutiques climatisées ou sur le bord de la route. De grandes affiches montrant les gestes barrières sont également placardées devant les centres commerciaux. Et au pays du sourire, les guides aiment rappeler qu’ici on ne se fait pas la bise, on se salue en faisant le geste Wai, ce qui évite la proximité.

"Avec le coronavirus, on ne veut plus prendre nos euros" 


Après la surprotection de Bangkok, le laxisme de Khao Lak, une station balnéaire à 1h30 au nord de Phuket, nous a surpris. Il faut dire qu’on s’habitue assez vite à se protéger du virus. À Bangkok, les touristes ont disparu, ici, ils sont partout, et sans masque. Dans le nouvel hôtel, aucune prise de température. Le désinfectant pour les mains est présent et seuls les agents d’entretien portent des masques. Parmi les touristes, beaucoup d’Allemands et quelques Français. Mis à part nous, personne ne semble s’inquiéter de son retour, alors que la France vient d’annoncer le confinement du pays. Et pourtant, le gouvernement thaïlandais se méfie de plus en plus des Européens. Un couple de Français se plaint d’ailleurs de ne plus pouvoir échanger d’argent contre des bahts, la monnaie thaïlandaise. "Avec le coronavirus, les bureaux de change ne veulent plus prendre nos euros." Même chose pour nous, qui nous retrouvons avec 8.000 bahts le jour du départ (soit l’équivalent de 185 euros). Il faudra attendre d’être à l’aéroport pour pouvoir échanger.

 
Le coronavirus a déjà impacté le tourisme thaïlandais. Cette année, le Grand Palais ne devrait pas atteindre les huit millions de visiteurs annuels. / © Léna Romanowicz / France Télévisions
Le coronavirus a déjà impacté le tourisme thaïlandais. Cette année, le Grand Palais ne devrait pas atteindre les huit millions de visiteurs annuels. / © Léna Romanowicz / France Télévisions

De retour à Bruxelles, le 21 mars, alors que le pays est en plein confinement, on s’attend à retrouver les dispositifs rencontrés à Bangkok ou à Abu Dhabi. Mais rien de tout cela. Pas de prise de température, aucun scanneur thermique ni de gel désinfectant. La seule règle à suivre : maintenir 1,50m de distance avec la personne devant soi, de quoi faire rire les voyageurs. Nous sommes stupéfaits. Pour le passage à la frontière (en voiture), j’ai préparé une attestation de déplacement dérogatoire, comme cela est demandé en France depuis quatre jours. La case "aéroport-domicile" ou son équivalent n’existe pas. Je m’attendais à être contrôlée, ça n’a pas été le cas.
 

Jusqu’alors, le virus semblait être contenu en Thaïlande. Mais le pays observe depuis quelques jours une augmentation des cas avec 721 personnes infectées, contre 16.000 en France. Notons toutefois que les tests y sont encore très peu développés. Les centres commerciaux et les restaurants sont fermés depuis deux jours à Bangkok et de nombreux vols sont annulés. Ouf, nous sommes rentrés à temps.

 

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