Déconfinement : comment l'espace Django du Neuhof à Strasbourg renoue peu à peu avec le public

Le confinement, ce fut un coup de massue pour le monde de la culture, mettant le spectacle vivant au point mort. L'espace Django à Strasbourg a dû reporter les concerts programmés à l'automne et tente, peu à peu, de proposer à nouveau des choses à son public. Comme le dernier-né des Weepers Circus.
Les Weepers Circus en résidence à l'Espace Django à Strasbourg
Les Weepers Circus en résidence à l'Espace Django à Strasbourg © Espace Django
Les Weepers Circus en résidence à l'Espace Django, au Neuhof à Strasbourg, c'est forcément un événement, rendu plus étrange avec le confinement, évidemment. Parce que pas de concert de fin de résidence devant le public. "En 2019, on a accueilli 22 groupes en résidence, explique Benoît Van Kote, le programmateur de l'Espace. Et au moment de la restitution, on fait beaucoup participer les gens du quartier, le centre socio-culturel, les associations, là on ne pourra pas". Qu'à cela ne tienne, l'Espace Django réinvente la résidence et propose en direct sur les réseaux un concert capté du travail des Weepers Circus ce 3 juin à 16 heures durant leur résidence.
 
"On a tout de suite approuvé cette idée, raconte Christian Houllé, membre du groupe trentenaire depuis 2007. Et puis on nous a laissé le choix. Si on n'était pas suffisamment prêts, on pouvait laisser tomber. Mais vous savez, on est friands de nouvelles expériences et puis pour un groupe avoir une belle captation avec six caméras, de belles images, de la belle lumière, c'est rare, c'est la première fois que ça nous arrive en 30 ans!", se réjouit l'artiste.
 

Et le rendu est plutôt alléchant. "Musicalement, c'est sans doute notre album le plus abouti depuis 10 ans, il n'y a que des créations, aucune reprise", explique Christian Houllé. "Panique dans la forêt", c'est le titre de nouvel opus des Weepers Circus, à destination du jeune public, le credo du groupe depuis une dizaine d'années, pour le plus grand plaisir des parents. Pour l'instant, seuls les titres sont aboutis, restent la mise en scène, les décors, les costumes, parce que les concerts du groupe strasbourgeois sont surtout des spectacles, avant l'édition par Gallimard d'un livre-disque avec la voix de Tchéky Karyo dessus, s'il vous plaît. Reste qu'avec le confinement, tout le planning a dû être décalé, les concerts reportés au premier trimestre 2021 notamment. 
 

Seuls en résidence

"C'est vrai qu'une résidence en mode confinement, c'était étrange, explique encore Christian Houllé. On a nous a donné les clés de l'Espace Django et on s'est retrouvés tous les quatre et c'est tout. En général, on déjeune avec les salariés, il y a des interactions durant les pauses, on a même des retours sur notre travail, là, rien du tout."

Et Benoît Van Kote de renchérir. "Le début du confinement, ça a été radical, on avait un concert prévu juste à ce moment là, on a dû l'annuler au dernier moment. Sinon, on a essayé au maximum de reporter les dates à l'automne pour que les artistes soient payés, c'est une période très compliquée pour les acteurs du milieu culturel."
 
 

Soul train et concert aux fenêtres

Mais comme partout, peu à peu, la vie reprend son cours, le culture balbutie à nouveau aussi. Le concert capté des Weepers Circus est un début. Un autre est prévu le 11 juin, ce sera du jazz manouche et une première la semaine suivante. En effet, depuis quatre ans, l'espace Django organise des soul train, hommage à cette émission afro-américaine des années 1970. Le principe : un groupe joue et le public est invité à remonter jusqu'à lui en ligne en se déhanchant de la manière la plus funky possible.
Difficile en ces temps confinés, de bouger les uns collés aux autres. Alors il faut repenser le concept, l'espace Django l'a fait, ce sera le prochain concert capté prévu le 18 ou le 19 juin prochain, les spectateurs sont invités à se connecter et à bouger, dans leur salon, au rythme de la musique des Fat Badgers, un groupe strasbourgeois.
 
Les concerts aux fenêtres aussi vont reprendre début juillet avec la Bergerie, groupe de hip-hop strasbourgeois. Le concept existe depuis quatre ans. Un groupe se produit gratuitement sous les fenêtres des gens du quartier. "C'est tout un travail avec les bailleurs sociaux, les associations de quartier, explique Benoît Van Kote. L'idée c'est de continuer à être actif dans le Neuhof même en ces temps d'épidémie. Mais bon, là évidemment, on évitera les attroupements", assure-t-il. Huit concerts sont ainsi prévus chaque jeudi et vendredi de juillet. Pour le reste de la programmation et notamment pour la rentrée, c'est point d'interrogation. Quelles seront les conditions d'accueil du public à ce moment là? "Même le gouvernement ne le sait pas", sourit le programmateur.
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