Une association "pour la paix en RDC" manifeste à Strasbourg après une marche de 220 km depuis Besançon. Elle souhaite sensibiliser les élus européens aux conséquences de l'extraction minière. Ses membres étaient reçus ce mardi 16 juillet par plusieurs députés.
228 kilomètres. C'est ce qui sépare la ville de Besançon à celle de Strasbourg. C'est aussi ce qu'a parcouru l'association Génération lumière ces trois dernières semaines pour dénoncer l'extraction minière en République démocratique du Congo.
Ils pointent notamment les mesures européennes en matière de transition écologique. "Elles vont demander encore plus de minerais qu'avant et cela se fera au détriment de pays exploités comme la RDC", explique David Mehanda Kithoko, président fondateur de l'association.
Il prend pour exemple le développement de la voiture électrique. "Elle est aujourd'hui présentée comme la solution de transition en Europe. Mais sa batterie est faite d'un minerai exploité au Congo, qui crée une situation environnementale et politique désastreuse."
Une rencontre avec des députés en point d'orgue
L'association n'a pas choisi l'itinéraire de sa marche par hasard. "La zone parcourue englobe 6 millions d'habitants environs, indique David Mehanda Kithoko. Il s'agit du nombre de morts en RDC causées par l'extraction minière ces vingt dernières années."
Ce mardi 16 juillet, ses membres ont manifesté à Strasbourg avant de se rendre au Parlement européen dans l'après-midi. Ils ont été reçus par plusieurs députés, principalement écologistes, pour aborder des pistes pour l'avenir.
L'association appelle les élus à considérer "une autre manière d'habiter la terre". Elle souhaite entre autres intégrer le principe de réparation de matériaux dans la transition écologique européenne. "Si les iPhone pouvaient durer 20 ans, ça signifierait que pendant 20 ans, on puiserait moins dans les ressources. Cela engendrerait moins de pression sur notre biodiversité."
Pour rappel, l’est de la République démocratique du Congo est en proie à de violents affrontements depuis près de 30 ans. Plusieurs milices armées se partagent l'extraction de minerais comme le coltan, nécessaire à la fabrication de nos téléphones. Ces conflits ont déjà causé le déplacement de 7 millions d'habitants.