Histoires 14-18 : L'aérodrome du Polygône

l’Alsace n’échappe pas à la jeune aviation de l’armée allemande qui dispose en août 1914 des deux terrains d’aviation militaire de Strasbourg-Polygone et de Neuf Brisach–Biesheim et celui de la firme aéronautique alsacienne « Aviatik » de Mulhouse-Habsheim.

© Photo via Eric Janssonne, président des "Ailes Historiques du Rhin"
Avec le déclenchement de la 1erE Guerre Mondiale, des armes nouvelles vont apparaître et parmi celle-ci l’aviation militaire.
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Histoires 14-18 : L'aérodrome du Polygône ©France 3

En 1914, l’Armée Française aligne 22 escadrilles qui regroupent 162 avions et l’Armée Allemande dispose de 33 escadrilles qui regroupent 252 appareils.
Bien évidemment l’Alsace n’échappe pas à la présence de la jeune aviation de l’armée allemande qui dispose en août 1914 des deux terrains d’aviations militaires de Strasbourg-Polygone et de Neuf Brisach – Biesheim, à cela va se rajouter dès le déclenchement des hostilités, le terrain de la firme aéronautique alsacienne « Aviatik » de Mulhouse-Habsheim.

Comme son homologue français, l’armée allemande utilisera l’aviation pour de l’observation (avec des avions ou des ballons captifs), de la reconnaissance mais aussi très rapidement pour du bombardement sur le front des Vosges,  le sud de l’Alsace et Belfort. Ces unités de l’aviation allemande appartenant à VII. Armée, se composent d’une multitude de machines comme par exemples des Aviatik B, LVG B, Taube, AEG CI, Rumpler, pour les avions ou des Drakballon M/09 pour les ballons captifs que les Français surnomment « Drachen ».

Une autre spécialité va faire aussi son apparition à la fin 1914 avec les belligérants de ce conflit qui veulent bien évidement contrecarrer ces différentes missions d’observation, reconnaissance et bombardement de chacun et mettront des techniques d’interceptions qui déboucheront sur l’aviation de chasse.
Ces premières interceptions se dérouleront à l’aide d’armes individuelles (fusils, pistolets...) mais rapidement des mitrailleuses embarquées feront leurs apparitions d’abord sur des avions biplaces d’observations ou reconnaissances voir de bombardements avant d’avoir des machines monoplaces spécialisés monoplans ou biplans.

Parmi ces machines monoplaces spécialisées, on pourra voir par exemple des Fokker E III, Albatros DIII/DV, Fokker DII, Fokker DVII, Roland DVI, Pfalz DXII… pour la plupart équipés de moteurs Mercedes ou Benz. Avec l’apparitions de ces différentes spécialités aéronautiques militaires, l’augmentation du nombre d’avions en ligne et les besoins du front en Alsace, de nombreux terrains d’aviations militaires vont être créés à partir de 1915 pour certains de manière temporaire aux aléas des opérations et d’autres de manière permanente comme par exemple « Colmar sud » (connu aujourd’hui sous le nom de « Fronholtz »)  situé à Sainte-Croix-en-Plaine, « Colmar nord » situé au nord de la ville (vers Horbourg-Whir),  Rustenhart, Stotzheim, Niedernai ou Haguenau qui pour certains existent encore de nos jours. 

Comparé à d’autres théâtres d’opérations bien plus connus, le ciel d’Alsace est trop souvent considéré comme une place secondaire, un front plus calme. Les nouvelles unités sont détachées dans la région pour se familiariser au combat. Néanmoins, l’activité aérienne est quasi journalière et le nombre de pilotes, qui y perdront la vie, est impressionnant.
 
Parmi les nombreuses unités présentes en Alsace, on peut citer le « Kampf Einsitzer Kommando Habsheim » ou « KEK Habsheim » (groupe monoplace de combat) équipé des redoutables monoplaces de chasse Fokker E III avec lesquels leurs pilotes obtiendront de nombreuses victoires et deviendront pour beaucoup de grands aviateurs de l’aviation allemande comme l’Unteroffizier (Sergent) Ernst Udet qui finira la 1ère Guerre avec un score de 62 victoires aériennes qui fait de lui le deuxième As de l’aviation allemande et le quatrième au niveau mondial pour ce conflit.

Un autre As de la chasse de l’aviation allemande va séjourner sur Alsace, en particulier à Habsheim, l’Oberleutnant (Lieutenant) Hermann Göring qui va terminer le conflit avec un  score de 22 victoires aériennes et deviendra tristement célèbre comme l’un des principaux criminels de guerre nazi du 3ème Reich. 

Si le conflit terrestre en Alsace va se calmer à la fin 1915, il n’en va pas de même pour le conflit aérien qui restera intense jusqu’en 1918, avec de nombreuses pertes d’aviateurs des deux côtés comme en témoignent encore les cimetières, carrés militaires ou monuments en Alsace.

Anne de Chalendar 
Consultant : Eric Janssonne, président des "Ailes Historiques du Rhin"

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