Manifestation kurde à Strasbourg : à quoi faut-il s'attendre lors de cette marche militante le samedi 16 février ?

En 2017, la manifestation des Kurdes à Strasbourg a réuni entre 15.000 et 20.000 personnes. / © Jean-Marc Loos, MaxPPP
En 2017, la manifestation des Kurdes à Strasbourg a réuni entre 15.000 et 20.000 personnes. / © Jean-Marc Loos, MaxPPP

Une marche de militantes et militants kurdes a lieu à Strasbourg, comme chaque année, samedi 16 février 2019. Près de 12.000 personnes y sont attendues.

Par Vincent Ballester

Comme chaque année, une dizaine de milliers de militantes et militants kurdes devraient participer à une marche qui se tiendra à Strasbourg. Elle aura lieu ce samedi 16 février 2019. L'objectif est de rappeler aux institutions européennes les conditions dans lesquelles est incarcéré le chef kurde Abdullah Öcalan, emprisonné à vie depuis 1999 sur une île turque pour "formation de groupement terroriste" après avoir fondé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). L'État turc est accusé de le priver de son droit de visite.

Une manifestation déclarée

La manifestation a été déclarée aux autorités et partira à 10 heures du boulevard de Metz (quartier Gare) pour rallier le parking des Vanneaux (quartier Meinau). Elle passera notamment par le quai Pasteur (secteur de la Petite France) et l'avenue de Colmar (quartier Neudorf). Le point de ralliement se trouve juste à côté du stade de la Meinau.
 


Divers cortèges sont partis des quatre coins de l'Europe pour rallier Strasbourg. Celui en provenance du Luxembourg a été reçu à la mairie de Metz (Moselle, en Lorraine). Mais des incidents ont éclaté dans le cortège allemand originaire de de Mannheim (Bade-Wurtemberg) au cours de sa traversée de Karlsruhe, et dans le cortège suisse de Bâle lors de sa traversée de Guémar (Haut-Rhin), comme le rapportent les Dernières Nouvelles d'Alsace

Les autorités s'attendent à voir défiler entre 10.000 et 12.000 personnes. Le dispositif d'encadrement sera "celui classique d'une manifestation déclarée", explique la préfecture. Il n'y a "pas de crainte particulière" concernant la concomittance de la manifestation kurde avec celle des "gilets jaunes", qui a lieu le même samedi.
 


Des perturbations sur le trafic à prévoir

Les pertubations affecteront les axes de communication suivants à partir de 10 heures jusqu'à 15 heures.

Sur l'autoroute A35, certaines bretelles seront fermées:
  • la bretelle Porte blanche (sens Paris-Colmar)
  • la bretelle Strasbourg-Centre (sens Colmar-Paris)
Sur l'auroute A351, la bretelle Centre (vers Strasbourg) sera également fermée.
 

Le réseau des tramways sera impacté, et des bus de substitution prévus:
  • ligne A: interruption du trafic de 10h30 à 13h30 entre les stations Étoile-Bourse et Bagersee
  • lignes B et F: interruption du trafic de 10h00 à 12h00 entre les stations Faubourg National et Elsau 
  • ligne E: interruption du trafic de 10h30 à 13h30 entre les stations Landsberg et Bagersee
Les lignes de bus 2, 4, 10, et 15 seront déviées, et certains arrêts ne seront pas desservis.
 
Le vendredi 15 février 2019, en début d'après-midi, 80 Kurdes ont organisé un rassemblement inopiné devant les institutions européennes après leur arrivée à Strasbourg. L'ambiance est restée calme malgré un important déploiement policier. / © Jérôme Gosset, France 3 Alsace
Le vendredi 15 février 2019, en début d'après-midi, 80 Kurdes ont organisé un rassemblement inopiné devant les institutions européennes après leur arrivée à Strasbourg. L'ambiance est restée calme malgré un important déploiement policier. / © Jérôme Gosset, France 3 Alsace
 


"Un prisonnier politique"

Jointe par téléphone, Hélène Erin, porte-parole du centre démocratique kurde de Strasbourg explique: "Cela fait 20 ans que notre leader Abdullah Öcalan a été capturé au Kenya - c'était le 15 février 1999 - et qu'il a été jugé, emprisonné sur une île. Depuis six ans, il n'a pas le droit de voir son avocat; depuis trois ans, il ne peut pas voir sa famille. C'est un prisonnier politique, parce qu'il est le leader de 40 millions de Kurdes, parce que c'est l'un des garants de la paix au Moyen-Orient."
 


"On demande aux gouvernements européens de jouer leur rôle et de faire pression sur Erdogan, qui se comporte de plus en plus comme un dictateur. Cette année, la marche est bien plus importante à cause de l'ampleur prise par les grèves de la faim." Hélène Erin fait référence à la grève de la faim d'une députée turque, Leyla Güven, commencée le 8 novembre 2018 pour qu'Abdullah Öcalan jouisse à nouveau de son droit de visite. Plusieurs centaines de Kurdes dans toute l'Europe l'ont rejointe dans son combat, dont une quinzaine à Strasbourg depuis le 16 décembre 2018, comme le racontait Rue89 Strasbourg.

A lire aussi

Sur le même sujet

Quentin Bigot

Les + Lus