Mort d'Emile Jung, l'ex-chef étoilé du Crocodile à Strasbourg

Emile Jung a été le plus jeune chef étoilé de France. Il a eu les fameuses trois étoiles du Guide Michelin pendant plus de dix ans pour son restaurant Le Crocodile, à Strasbourg. Le chef cuisinier est mort ce lundi à 79 ans.
Emile Jung, en 2004, au Crocodile, à Strasbourg.
Emile Jung, en 2004, au Crocodile, à Strasbourg. © Dominique Gutekunst. MaxPPP
Emile Jung est mort ce lundi à 79 ans, jour du dévoilement du palmarès du Guide Michelin 2020. Un hommage lui a d'ailleurs été rendu en ouverture de la cérémonie. Gwendal Poullennec, le patron du guide rouge, a salué la mémoire "d'un très grand chef". "Il a porté haut les couleurs de la gastronomie française et celle du terroir alsacien", a-t-il ajouté devant une salle debout.
 
Une standing ovation en mémoire du chef Emile Jung.
Une standing ovation en mémoire du chef Emile Jung. © Capture d'écran live Facebook

Le chef cuisinier aura marqué la gastronomie alsacienne et la gastronomie tout court. Son établissement, le Crocodile à Strasbourg, a fait partie pendant plus de dix ans - 1989 à 2002 - des rares restaurants à pouvoir afficher les trois étoiles du Guide Michelin.

Emile Jung et sa femme Monique (qui lui rend hommage sur sa page Facebook) rachètent le Crocodile en 1971. A l’époque, le restaurant est sur le déclin et c'est le couple qui lui redonne ses lettres de noblesse. En 1966, Emile Jung a alors 25 ans et il devient le plus jeune chef étoilé de France, avec une première étoile au Michelin. Au fil des ans, ils ont réussi ensemble, lui aux fourneaux et elle en salle, à faire du Crocodile une référence de la gastronomie et cela bien au-delà des frontières de l’Alsace. 
 
Le restaurant gastronomique le plus célèbre d'Alsace a affiché fièrement trois étoiles au Michelin, entre 1989 et 2002, soit pendant treize ans d’affilée. Une longévité remarquable dans l'excellence. Quand, en 2009, au départ d’Emile et Monique Jung, le chef Philippe Bohrer reprend Crocodile, l'établissement a déjà perdu une étoile. Un choc pour le couple de restaurateurs et un séisme dans le monde de la gastronomie alsacienne.

Plusieurs personnalités alsaciennes lui rendent hommage ce lundi. Alain Fontanel, premier adjoint de la ville de Strasbourg rappelle dans un tweet "ses actions solidaires avec les soupes étoilées". Pour le président de l'Eurométropole, Robert Herrmann, "Strasbourg perd une de ses plus belles étoiles". Fabienne Keller, ex-maire de Strasbourg et sénétrice du Bas-Rhin se souvient de "déjeuners délicieux et raffinés, propices aux débats et à l'échange".

Marc Haeberlin, le chef  de l'Auberge de L'Ill, à Illhausern, exprime sa tristesse de perdre un ami et un grand professionnel : "C’est une grande perte pour la gastronomie alsacienne, il a tant fait pour nous, pour toute l’Alsace, pour faire rayonner la cuisine et la cuisine alsacienne à travers le monde, parce que Emile voyageait beaucoup et c'était avant tout un très grand ami, un homme fidèle, sincère et un grand professionnel."
 

"Un cuisinier-poète"

Fernand Mischler, du Cheval Blanc à Lembach : "C’était un grand, grand professionnel, très grand saucier. D’ailleurs, il nous rectifiait toujours nos sauces à tous. C’était aussi un cuisinier-poète et avant tout un ami."

Hubert Metz, du Rosenmeer, à Rosheim : "C’était vraiment un magicien. Comme il aimait le vin, il aimait les mariages et la subtilité des textures et la profondeur du palais. Tout ça était très rythmé."

Antoine Westermann, ancien chef du Buerehiesel : "Il était un ami, mais aussi un garçon avec lequel j’étais en compétition pendant de longues années. Un compétiteur,  un vrai et surtout ce qui lui tenait le plus à cœur, c’était que l’Alsace puisse briller dans le monde et ça, il l’a bien fait."

 
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