Municipales à Strasbourg : la campagne d’Alain Fontanel fortement chahutée, la mairie appelle au calme

La permanence d'Alain Fontanel à Strasbourg recouverte d'autocollants de l'intersyndicale, le 11 janvier, après le passage d'une manifestation d'opposant au régime de retraites. / © Isabelle Nassoy / MAXPPP
La permanence d'Alain Fontanel à Strasbourg recouverte d'autocollants de l'intersyndicale, le 11 janvier, après le passage d'une manifestation d'opposant au régime de retraites. / © Isabelle Nassoy / MAXPPP

Des opposants à la réforme des retraites ont perturbé jeudi 30 janvier la présentation des vœux d’Alain Fontanel. Des vigiles les ont violemment expulsés. Après des tags nazis retrouvés sur l’un de ses tracts, la pression monte pour le candidat LREM à la mairie de Strasbourg.

Par Claude Lepiouff

Ce jeudi 30 janvier, en début de soirée dans la halle du marché de Neudorf à Strasbourg, Alain Fontanel, candidat LREM aux municipales, prononce ses voeux devant plusieurs centaines de personnes. L’adjoint de Roland Ries s’est dit "particulièrement fier du travail accompli ces six dernières années aux côtés du maire". Au même moment, une marche aux flambeaux réunissant 300 personnes d’après l’intersyndicale (CGT FSU CNT Solidaires FO) était organisée dans le centre-ville de Strasbourg contre la réforme des retraites. Et des militants font irruption dans la halle du marché, interrompant par leurs chants la cérémonie.
 

"Pour un monde meilleur"

Brigitte Perret, secrétaire générale de l’union CGT de Molsheim était présente dans la halle quand les chants ont commencé, elle a même filmé toute la scène et raconte. "Ça a commencé par quelques voix dans la salle qui ont interpellé Alain Fontanel : "Qu’est-ce qu’on fait avec le GCO ? ",  "et avec nos retraites? ",  Alain Fontanel a alors répondu: "On en parle tout à l’heure, vous me laissez terminer et on en discute tranquillement ensemble si cela vous va ".  On a commencé à chanter dans la salle le chant des gilets jaunes, même si Macron ne veut pas, nous on est là. Pour l’avenir des travailleurs et pour un monde meilleur".
 
La vidéo, ci-dessous, a été filmée par la CGT hier soir.

Evacuation musclée des militants

Le service d'ordre se décide à intervenir. Plutôt fermement et évacue les militants. Brigitte Perret raconte: "une dizaine de vigiles de la société Prestige sécurité a commencé à avancer vers nous, ils se sont concentrés sur les plus jeunes pas vers moi, j’ai 60 ans. L’un d’entre nous a été pris à la gorge puis ils lui ont donné des coups de pied mal placés. J’ai été poussée vers la sortie, j’ai failli tomber. Dehors c’était très tendu. Les vigiles ont essayé de prendre l’un d’entre nous, ils l’ont tiré, puis ils l’ont lâché on a failli tomber en arrière. Quand j’ai vu les gyrophares de la police, je suis partie."  Trois militants ont finalement été placés en garde à vue au commissariat de Strasbourg pour violences volontaires. Ils ont été relâchés ce vendredi en début d'après-midi. Pour Brigitte Perret,  "cette violence, c’est ahurissant, on n'a fait que chanter."

La colère d'Alain Fontanel

Alain Fontanel a réagi vendredi 31 janvier, il se dit en colère car pour lui les événements s'accumulent depuis quelques semaines, contre son local de campagne recouvert d'autocollants, en marge d'une manifestation contre la réforme des retraites le 9 janvier, sur les réseaux sociaux où fusent les insultes, jusque dans son jardin avec des croix gammées dessinées sur un document de campagne et hier soir à nouveau ces incidents.
 
L'acronyme de la République en marche détourné en croix gammée sur l'une des affiches de campagne d'Alain Fontanel / © Olivier Meyer
L'acronyme de la République en marche détourné en croix gammée sur l'une des affiches de campagne d'Alain Fontanel / © Olivier Meyer

Sur les événements de la cérémonie des voeux, il ne donne d'ailleurs pas la même version que la militante CGT : "Une partie des manifestants est sortie, ils ont utilisé des gaz lacrymogènes contre le service de sécurité et il y a eu des incidents à ce moment là, ce qui fait que la police est intervenue et les a interpellé." Le candidat ne se laisse pas démonter : "ça n’est pas acceptable, la démocratie, c’est d’abord le dialogue dans le respect, on avait nos différences bien sûr,  mais je le dis très clairement, je ne céderai jamais aux intimidations,  je prendrai toutes les mesures pour protéger bien sûr ma famille mais aussi toute mon équipe. C’est un enjeu de respect, de tolérance et de démocratie.»

"Il faut arrêter cette dérive. La démocratie repose sur le respect des hommes et des idées"


Hasard du calendrier, Roland Ries, le maire (ex-PS) de Strasbourg publiait un communiqué ce jeudi 30 janvier, juste avant les incidents de Neudorf, dans lequel il appelle au calme et au respect : "une campagne municipale est naturellement une campagne passionnée. Mais celle qui débute pour le mois de mars semble très différente de ce qui a été connu jusqu’à maintenant à Strasbourg. Dégradation de locaux, intrusions dans les domaines privés, et maintenant, des menaces et des tentatives d’intimidation qui touchent les familles de candidat… il faut arrêter cette dérive. La démocratie repose sur le respect des hommes et des idées, chacun doit pouvoir s’exprimer librement, proposer ses idées et ses projets et l’électeur décidera in fine.»
 

L’Intersyndicale organise une manifestation dans les rues de Strasbourg le 6 février prochain et prévient qu’il y a des chances que les prochains meetings de LREM soient à nouveau perturbés.
 

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