La santé de l'éléphante Maya au tribunal : “à 50 ans, c’est normal d’avoir des abcès au derrière”

L'éléphante Maya. / © R BARSOTTI. MAXPPP
L'éléphante Maya. / © R BARSOTTI. MAXPPP

L'association strasbourgeoise One Voice qui souhaite démontrer "le mal-être" de l'éléphante Maya était assignée en référé ce mardi par le cirque qui possède l'animal. Cirque qui demande le retrait de la pétition, des images et articles du site de One Voice. Verdict le 22 février.

Par Catherine Munsch

Elle ne le sait pas Maya, mais ce mardi, c’est elle la vedette du tribunal de grande instance de Strasbourg. Maya est une éléphante de 50 ans qui appartient à un cirque itinérant du Lot-et-Garonne. Face à face, une avocate spécialisée dans le droit animalier avec quatre membres de l’association One Voice, de l’autre, un avocat spécialisé en droit public, défenseur du cirque où vit et travaille Maya. L'audience s'est déroulée ce mardi à Strasbourg, siège de l'association One Voice. Le cirque demande la suppression des images, le retrait de la pétition, des images et articles du site de One Voice, arguant que Maya n'est pas maltraitée.

Du côté de One Voice, on explique que l’animal souffre, ce que conteste la partie adverse : "Cet animal n'a pas de problème, sauf qu'il a 50 ans, c'est une vieille éléphante." L’avocat du cirque s’adresse à la juge : "Il faut que l’association cesse de dire que cette éléphante est à l’agonie ! Sur le site de One Voice, on l’annonce même comme morte, alors qu’elle va très bien. Quand on relaie une rumeur, on l’amplifie."


"Des captures d’écrans de Twitter ne sont pas des preuves recevables"

L’association fait valoir que les termes utilisés par les internautes sur les réseaux sociaux ne sont pas de leur fait et que "leur demander de se taire porterait atteinte à leur liberté d’expression", tout comme "leur demander de cesser de manifester pour défendre les droits de cette éléphante. Cela irait à l’encontre de nos liberté fondamentale et constitutionnelles, avance l’avocate de l’association et d’ailleurs n’importe qui peut produire des captures libres d’écrans de Twitter ou de Facebook, ce ne sont pas des preuves recevables."
Pour étayer ses propos, chaque partie fait référence à plusieurs rapports vétérinaires que chacune d’elles a sollicités. Les uns auraient fait examiner l’animal par télémédecine et ont estimé qu’il est trop maigre sur l’avant de l’échine et qu’il a un abcès à l’arrière-train. L'avocat du cirque affirme, lui, que l’abcès a été soigné et que des examens de santé demandés par le cirque ont été faits par "de vrais vétérinaires qui étaient sur le terrain, auprès de l’animal et pas à distance…" Hier, justement, hasard du calendrier, annonce l’avocat du cirque, un des meilleurs vétérinaires de Suisse, un spécialiste de la faune sauvage l’a a nouveau examinée. Cette fois, c’était à la demande de la préfète du Lot-et-Garonne. C'est en effet la préfecture qui donne "l'autorisation d’ouverture" ou "l'autorisation d’exploitation" des animaux. Les conclusions de ce rapport parviendront à la cour ultérieurement.

L’avocate de l’association s’étonne ensuite du pourquoi de cette assignation en référé d’urgence à l’encontre exclusivement de One Voice, "Pourquoi ils focalisent sur cette association, alors que d’autres comme la SPA ou l’association de Brigitte Bardot ont aussi manifesté pour défendre l’éléphante.  C’est parce que l’association a de l’argent et que le cirque pense en gagner ? »

Décision par la juge du tribunal de grande instance de Strasbourg, le 22 février.

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