Jardins et potagers : semis de tomates, aubergines, poivrons et piments, c'est le moment

Voici venu le temps des semis. Munissez-vous de terreau, de godets et de graines et suivez les conseils d'Éric Charton, expert jardinier. C'est le moment de faire vos semis de tomates, d'aubergines, de poivrons et de piments.

Du terreau, des godets, vos graines conservées à l'abri, vous êtes parés pour les semis.
Du terreau, des godets, vos graines conservées à l'abri, vous êtes parés pour les semis. © Sophie Gueffier / FTV

Cela n'a pas pu vous échapper, la neige a fondu et le soleil est arrivé au galop. Aussitôt, nos jambes fourmillent, nos bras s'agitent et nos têtes s'échauffent, il est temps de retourner faire un petit tour au jardin. Mais, pas tout de suite, pas trop vite... L'art de jardiner est cousin de la patience. Il va falloir commencer par s'occuper des semis, mais pas n'importe lesquels. Éric Charton, notre ami jardinier, animateur du club relais jardin et compostage de l'Eurométropole de Strasbourg, nous explique par quoi il faut attaquer. 

Les espaces au jardin : le jardin ratatouille

Il nous a déjà expliqué ce concept, l'ami Éric. Il conçoit son jardin comme un menu : les espaces de plantation correspondent à des plats : l'espace ratatouille, l'espace potée, les plats gros volumes et la soupe de courge. Commençons par le premier, à la fois en terme de chronologie mais aussi en terme de facilité : le jardin ratatouille. On y plante tomates, aubergines, courgettes, poivrons et piments. 

La toute première étape consiste à préparer son sol. En faisant quoi ? Rien du tout. Ou pas grand-chose : on peut vider le contenus des jardinières de l'été dernier, on peut balancer les fruits et légumes pourris qui ont passé l'hiver à la cave et n'ont pas trouvé mangeur. On peut encore coupiller (je sais j'abuse des mots de ma grand-mère) les branchages qui ont cédé sous le poids de la récente neige. On peut encore se débarrasser de quelques déchets types épluchures. On peut, mais ce n'est pas obligé. Surtout, pas la peine de se casser le dos à décompacter, à bêcher et retourner, ça n'est absolument pas nécessaire.

Passons aux choses sérieuses: les semis.

1. Le lieu : pour ces semis-là, il faut travailler au chaud sous abri ou à l'intérieur de votre maison c'est même conseillé. Deux conditions à respecter : qu'il fasse plus de 16°C chez vous et que les fenêtres soient assez grandes pour apporter de la bonne lumière (pas celle qui vient du nord, elle n'est pas assez puissante). 

2. Le matériel : il vous faut  de très gros pots pour les premier semis, des pots carrés de 9 cm par 9 cm. En Alsace, vous pourrez recycler vos pots d'un litre de Bibeleskäse, en Lorraine les maxi pots de crème fraîche à quiche et partout ailleurs les conditionnements de fromage blanc format familiaux. Ou vous faites partie de ceux qui préférent les terrines à semis. Attention, il faut qu'elles soient profondes: il faut pourvoir déposer au moins 5 à 6 cm de terreau. Il vous faudra aussi des godets, plein de godets, des gros de préférence au moins 9 cm de diamètre pour le repiquage. Si vous n'avez pas le budget, vous pouvez tout simplement récupérer les culs de bouteilles en plastique que vous aurez préalablement découpés à 10 cm de hauteur. Pour les plus minutieux d'entre vous, penser à vous munir d'une pince à épiler, ou pince à timbre pour déposer les graines. Enfin récupérez des pulvérisateurs de produits à vitres, qui , une fois bien rincés, arroseront gentiment vos semis.

3. Les matières premières : Éric vous conseille de ne pas faire l'impasse sur l'achat du terreau. Votre terreau issu de votre composteur risque de contenir trop de graines de tomates ou de courges et à l'apparition des premières plantules vous ne saurez pas faire la distinction entre vos graines soigneusement sélectionnées et celles qui ont survécu dans le compost. Un terreau universel fera l'affaire. Les puristes  s'offriront le terreau à semis. Enfin vos graines, achetées dans le commerce, ou récupérées d'une année sur l'autre s'il ne s'agit pas de variétés hybrides type F1. C'est à vous de voir. 

4. La méthode 

Phase 1 - Déposer 5 à 6 cm de terreau au fond de vos terrines ou gros pots. Tasser bien, à l'aide d'un autre pot de forme identique par exemple. Á l'aide de la pince à épiler, déposer vos graines : pas plus de 9 graines par pot de 9 cm². Puis saupoudrer légèrement de terreau et tasser à nouveau délicatement. Un petit coup d'eau au pulvérisateur et le tour est joué ! Laisser le tout au chaud, même sur un radiateur pour les plus audacieux d'entre vous. Penser à glisser une planche en dessous ou un cageot dont le fond est recouvert d'un plastique pour éviter que l'eau ne tombe sur votre radiateur, surtout si c'est un modèle électrique ! 8 à 10 jours plus tard, vos graines vont lever.

Phase 2 - Rapprocher maintenant vos tout petits plants près d'une source lumineuse. Une porte fenêtre est idéale, pour que la lumière tombe à la verticale. Encore une astuce d'Éric, faites comme les remueurs de Champagne : tourner d'un quart de tour vos pots afin que les plantes poussent bien droites.

Phase 3 - Une fois que les deux petites fausses feuilles puis les deux premières feuilles sont apparues, repiquer les plants dans des godets individuels. Rappelez-vous, plus le godet est large, mieux c'est. (9, 12 ou 15 cm). Remplissez vos godets de terreau, faites un trou à l'aide d'un stylo et enfoncez bien les plantules. Les deux vraies feuilles doivent être à 1 cm au-dessus du niveau de la terre. Pulvérisez d'eau. 

Trucs, astuces et conseils 

Comment savoir combien de graines il faut semer ? Déterminez le nombre de plants que vous souhaitez planter (en fonction de la taille de votre jardin). Semez le double de graines que le total voulu. Ainsi, malgré les pertes -inévitables- et les dons -généreux-, il vous restera le nombre de plants souhaités. 

Si vous choisissez des godets trop petits, les racines vont vite atteindre les bords du godet et la tige va monter et sera trop fine, il faudra alors la repiquer à nouveau pour qu'elle se renforce. Les plus fainéants s'éviteront cette tâche en repiquant directement dans de larges godets.

Aucun engrais n'est nécessaire dans les godets. Ni aucun traitement. Éric a pu observer que les tomates ne sont sensibles au mildiou qu'à partir de l'apparition des premiers fruits. Il ne sert à rien de traiter avant cette période. Quant à la plantation définitive en pleine terre, ce sera pour la période comprise entre début mai et début juin. 

Pas de panique si les aubergines ne lèvent pas, c'est normal, c'est un peu plus compliqué à obtenir que les tomates. Sachez enfin que les poivrons et piments vont bien résister au froid de fin de saison et sont plus long à donner. Soyez patients.

Les semis de courges seront à faire courant mars puis ceux des espaces potée.

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