Strasbourg : des caméras portables pour les contrôleurs dans les tramways de la CTS

Un modèle de caméra-piéton testée par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). / © Document remis, Axon France / Vincent Ballester, France Télévisions
Un modèle de caméra-piéton testée par la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). / © Document remis, Axon France / Vincent Ballester, France Télévisions

À Strasbourg (Bas-Rhin), des caméras-piétons ont été testées depuis juin 2019 par les contrôleurs et contrôleuses de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS). La direction compte sur elles pour réduire le nombre d'agressions de ses agentes et agents.

Par Vincent Ballester

À Strasbourg (Bas-Rhin), souriez : vous pouvez être filmé(e). Vous les avez peut-être remarquées : elles ressemblent à des caméras GoPro, mais on les appelle des caméras-piétons. Elles équipent quelques contrôleurs et contrôleuses des tramways de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS), à titre expérimental. Une généralisation est prévue.

Jean-Louis Metzger, le directeur général adjoint en charge des opérations de la CTS, a répondu à nos interrogations. 
 

Pourquoi déployer ces caméras ?

"En 2019, nous avons eu 41 agressions considérées comme sérieuses sur nos contrôleurs. Cela va des menaces de mort à des coups. Ces agressions ont conduit à une plainte de l'agent et de l'entreprise."

"Ces caméras ont une double utilité. Elles protègent nos contrôleurs alors qu'ils effectuent une mission de service public. Et elles sont utiles lorsqu'une plainte doit être déposée."
 
 

C'est quoi, ces caméras ?

"Ces caméras-piétons ressemblent à des GoPro, mais ce ne sont pas des GoPro. Les GoPro fonctionnent avec une carte-mémoire et sont utilisées notamment dans un contexte sportif."

"Les piétons ont un concept similaire, mais sont plus résistantes et il n'est pas possible d'accéder à leur contenu. Les données sont cryptées et ne peuvent être accédées que par un administrateur, à des fins d'instruction, ou sur réquisition judiciaire. Au retour de l'agent, la caméra-piéton est placée sur un sabot qui collecte les données : l'agent ne peut pas les regarder. "
 

Comment leur utilisation à bord est-elle encadrée ?

"Ces caméras ne filment pas l'espace autour de l'agent : juste son échange avec le tiers, en cas d'agression. Il y a une obligation d'informer le client de la mise en route de la caméra. Et un témoin lumineux indique qu'elles sont allumées. Elles ne filment donc pas par défaut. Et elles ne sont pas faites pour poursuivre quelqu'un qui se soustrait à un contrôle, l'image ne serait pas bonne : pour ça, il y a les caméras dans les tramways ou les rues."
 

 

Quels sont les résultats ?

"Nous avons acquis huit caméras le 1er juin 2019. Il n'y en a plus que deux qui fonctionnent. Mais l'expérimentation nous apparaît positive, tout comme ça s'est fait à Lille ou Lyon. Nous allons mener un appel d'offres... pour des caméras plus fiables. Notre objectif est d'équiper chacun de nos binômes d'agents, une par binôme."

"Ça modifie du tout au tout les relations entre agents et tiers. Les agressions ont été divisées par trois. Les agents sont rassurés. Mais cela fonctionne dans les deux sens : l'agent est enregistré également. Cela fait redescendre la tension d'un cran... "
 

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