Strasbourg : comment les réfugiés afghans arrivés en août vivent leur exil

En août dernier, 104 réfugiés afghans sont arrivés à Strasbourg après avoir fui le régime taliban. Que sont-ils devenus ? La moitié est encore dans le Bas-Rhin. Certains sont hébergés dans les logements d'associations en attendant d'obtenir le statut de réfugié politique. Nous les avons rencontrés.

Un sac, un ordinateur et quelques vêtements, c'est tout ce que Lajaward Haqiqi a pu emporter en quittant Kaboul à la hâte. Créatrice de vêtements, bijoux, photographe, réalisatrice de dessins animés, la jeune femme n'avait plus sa place dans la capitale afghane prise par les talibans. "Ils ont frappé à ma porte mais j'étais déjà en route pour l'aéroport. Ils ont dit à ma famille qu'ils ne me tueraient pas et que j'épouserai un taliban si je revenais. Mais je refuse d'être la femme d'un ignorant. ", explique-t-elle. Pour poursuivre ses activités, Lajaward a dû tout abandonner, laissant derrière elle tout un monde, dont sa mère âgée de 70 ans. 

Comme Lajaward, ils étaient 104 ressortissants afghans à avoir atterri à Strasbourg à la mi-août. Une cinquantaine est restée dans le Bas-Rhin en attendant la régularisation de leur situation, pris en charge par des associations comme celle du foyer Notre Dame à Strasbourg. Un soutien de taille. "Nous proposons des cours de français, des activités pour les enfants, un accompagnement social et juridique. Le but : les aider dans leur parcours d'obtention du statut de réfugié politique et pour favoriser leur intégration en France", détaille Arnaud Fritsch, le directeur général de l'association.

Une soirée d'appel aux dons le 10 novembre

En attendant d'obtenir le statut de réfugié, Reza Mohabbati passe ses journées à apprendre le français. Avant l'arrivée des talibans, il était photographe et journaliste durant sept ans. "J'ai vu la ville changer du jour au lendemain. Quand les talibans ont pris la capitale, les habitants ont complétement changés. Ils ont sorti les habits traditionnels, ils ne parlaient plus, moi aussi j'avais peur de sortir. J'ai bien vite compris que je ne pouvais plus exercer mon métier. Les talibans ne respectent pas la liberté d'expression, la liberté individuelle, les femmes", raconte le demandeur d'asile.

Mais à Strasbourg, il n'a plus peur. Il compte même participer à une exposition avec ses photos d'Afghanistan. Ce sera dans le cadre d'une soirée d'appel aux dons pour aider ces réfugiés qui repartent de zéro dans la capitale alsacienne. Elle aura lieu le 10 novembre prochain au centre Marcel Marceau à Strasbourg. Exposition photos, peinture, musique, tout ce que les talibans haïssent. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
réfugiés société