Strasbourg : les salariés de l'usine Aptis-Alstom se mobilisent contre l'offre de reprise de Punch

Entre 80 et 90 salariés d’Aptis-Alstom, le fabriquant de bus 100% électriques, se mobilisent ce 14 octobre devant la préfecture de Strasbourg. Ils s’opposent à l’offre de reprise lancée par le groupe belge Punch, spécialisé dans les pièces automobiles, le 7 octobre.

Près d'une centaine de salariés de l'usine d'Hangenbieten (Bas-Rhin) a répondu à l’appel de l’intersyndicale d'Aptis-Alstom ce 14 octobre. Rassemblés devant la préfecture de Strasbourg, les salariés s'opposent à l'offre de reprise de Punch Motive International. En mai dernier, la direction d'Alstom annonçait la fermeture d'Aptis (voir la carte ci-dessous), son constructeur de bus électriques, avec, à la clef, un plan social pour les 141 salariés. Mais le 7 octobre, le groupe belge spécialisé dans les pièces automobiles a créé la surprise en se portant candidat. 

Si les échanges entre le constructeur et l'équipementier sont en cours, le projet de Punch pour le devenir de l'usine bas-rhinoise n'est pas viable selon les manifestants. Passage de l'électrique à l'hydrogène, perspectives de croissance alléchantes, modernisation des équipements... beaucoup de projets pour Punch mais une liste de désillusions pour les salariés.

De l'électrique à l'hydrogène

"On se retrouve dans la même configuration qu’Alstom. La fermeture a été décidée sur exactement les mêmes critères. Ce n’est pas qu’on ne veut pas d’un repreneur mais le projet de Punch n'est pas viable", lance Florian Bouché, délégué syndical CFDT. Le groupe belge envisage de créer un nouveau prototype de bus à hydrogène, un marché déjà très concurrentiel. Sur le plan social, les 141 emplois seraient maintenus. Parmi eux, 32 ne pourraient pas intégrer l'entité bus, ce qui implique leur délocalisation dans une autre usine du groupe.

"Si on repart sur un nouveau prototype, toute la partie production n'aura pas de travail. Dans ce cas, c'est soit chômage partiel sur deux ans, soit être placé à l'étranger. J'ai aussi peur que d'ici deux-trois ans, on n'ait pas les volumes de vente attendus et qu'on se retrouve dans un nouveau plan social." Pour être rentable, le groupe devra produire quelque 200 bus chaque année, soit posséder 14% du marché européen. "En quatre ans, Alstom n'a réussi à vendre que 83 bus." 

Face à cette reprise, les salariés préféreraient un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), dont les conditions ont déjà été négociées. Le PSE prévoit notamment un reclassement en interne et une aide à la reconversion d'une durée de 14 à 20 mois. "Le salarié sera aidé par un cabinet externe et financé pendant sa recherche d'emploi", explique Florian Bouché. 

Du côté de Punch, la direction s'engage à assurer l'emploi sur le site d'Aptis "au moins pour deux ans", a déclaré à l'AFP Olivier Nass, le directeur vente et marketing. "Nous sommes déjà engagés dans le développement de notre technologie à l'hydrogène. C'est un investissement pour le futur auquel on croit".

Alstom doit rapidement rendre sa décision au groupe belge, entre le 14 et le 15 octobre. Trois mois d'études d'offre sont prévus en cas de reprise. Des mois pendant lesquels la production n'est pas assurée.  

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