Strasbourg : Marmelade, l’épicerie locale en ligne, ouvre une boutique éphémère face à la cathédrale

Depuis plus de trois ans, Marmelade propose des livraisons à vélo de produits locaux commandés en ligne dans l’Eurométropole. La jeune start’up s’installe pour 11 mois face à la cathédrale de Strasbourg. Au cœur de cette boutique éphémère, tout ce que l’Alsace a de meilleur.
Marmelade s'installe au pied de la cathédrale pour 11 mois. Derrière le comptoir, Quentin Seyeux et Tom Paolini attendent les clients de pied ferme.
Marmelade s'installe au pied de la cathédrale pour 11 mois. Derrière le comptoir, Quentin Seyeux et Tom Paolini attendent les clients de pied ferme. © Astrid servent / France Télévisions

C’est une boutique historique et emblématique de Strasbourg. Située à l’angle de la rue Mercière et la place de la Cathédrale, elle a été pendant plusieurs siècles une pharmacie. Devenue dans les années 2000, la boutique Culture, la voilà aujourd’hui vitrine d’une jeune entreprise, Marmelade.

Pour décrocher la location de cet écrin commerçant stratégique, il a fallu répondre à un appel d’offres lancé par la Ville de Strasbourg en mai 2021 sur le thème "Mettre l’artisanat d’excellence à l’honneur". C’est ce qu’a fait Quentin Seyeux qui a dû faire preuve de créativité pour convaincre les élus que son épicerie en ligne, Marmelade, faisait l’affaire.

Marmelade : pas qu’une histoire de confiture

Marmelade était, à l’origine, son projet de fin d’études. Tout juste sorti de Néoma, l’école de commerce de Rouen, Quentin Seyeux crée son entreprise en février 2018 à Strasbourg. Ce Franc-comtois, originaire de Saint-Point-Lac, avait jeté son dévolu sur la capitale alsacienne pour "la taille humaine de cette ville, son côté international, la qualité des filières locales" et dernier point, et pas des moindres : "je me suis aperçu qu’il n’existait pas encore, à l’époque, de livraison à vélo".

Car telle était son idée : proposer des produits locaux, de qualité, en ligne et en assurer la livraison à vélo : "J’ai commencé tout seul : un petit vélo en bois, un local de 8m² au port du Rhin". C’était il y a trois ans déjà et Marmelade a bien évolué.

En trois d'existence, le local du port du Rhin est passé de 8 à 300 m², le vélo en bois des débuts a été remplacé par un somptueux vélo-cargo.
En trois d'existence, le local du port du Rhin est passé de 8 à 300 m², le vélo en bois des débuts a été remplacé par un somptueux vélo-cargo. © Quentin Seyeux

Quentin Seyeux n’est plus tout seul. Il s’est rapidement associé à un de ses amis d’enfance, Geoffrey Brossard, devenu webdesigner. C’est lui qui a su développer le système d’abonnements en ligne. Tom Paolini est venu se joindre à l’équipée pour faire la tournée des producteurs. Au total, aujourd’hui, ils sont six.

Le local du port du Rhin est passé de 8 à 300 m². Le vélo en bois a été volé, tradition tristement strasbourgeoise, et remplacé par un somptueux vélo-cargo. La jeune équipe assure désormais 1.000 livraisons par mois entre 14h et 22h. Une camionnette gère aussi le dépôt des commandes une fois par semaine à Haguenau.

La boutique : une visibilité nouvelle

La boutique a ouvert le samedi 4 septembre à l’ombre de la cathédrale. Sur les étagères, sagement rangées, les productions des artisans et vignerons que Marmelade accompagne. Leurs points communs : "être local, de qualité, si possible en bio et générer le moins de déchets possible". Les vins en agriculture biologique du Domaine Schoech d’Ammerschwihr côtoient les ketchup bio et confitures de Terra Alter de Wittenheim et le pop-corn au miel d'Alsace de Moisson d'Abeilles à Rosheim.

Il y a à boire, à manger et à admirer. Quentin Seyeux et son équipe proposent les créations végétales de Tchungle, les céramiques de Carole K et les ravissants oiseaux en papier plié de Claire Muth. Autres curiosités : les savons en forme de Kougelhopf de Chanvreel ou encore sur les cartes à planter de Lulu.

Outre des produits d'épicerie locale, Marmelade met en avant les créations d'artisans et d'artistes locaux, comme ici les oiseaux en papier de Claire Muth.
Outre des produits d'épicerie locale, Marmelade met en avant les créations d'artisans et d'artistes locaux, comme ici les oiseaux en papier de Claire Muth. © Astrid Servent / France Télévisions

Un public à trouver

Pour le moment, la foule touristique qui se presse dans la rue Mercière peine encore à oser entrer dans la boutique. "Ça n’est pas parce qu’il y a du monde dehors, qu’il y du monde dedans" : c’était l’une des mises en garde avisées d’un commerçant voisin. Le jeune chef d’entreprise en prend doucement conscience : "Il va falloir qu’on aille au contact d’une manière ou d’une autre. On réfléchit à la manière dont on va le faire". Prendre attache avec des guides touristiques ou faire des dégustations de produits font partie des pistes envisagées.

Le nom de "Marmelade" avait d’ailleurs été retenu pour son côté international. "Il n’y a qu’en France qu’on l’associe à une confiture d’orange, ailleurs dans le monde, cela signifie confiture", précise Quentin Seyeux. Les touristes sont donc attendus de pied ferme, mais les locaux aussi.

Les clients de Marmelade pourront venir récupérer, s'ils le souhaitent, leur commande de légumes en boutique au pied de la cathédrale.
Les clients de Marmelade pourront venir récupérer, s'ils le souhaitent, leur commande de légumes en boutique au pied de la cathédrale. © Astrid Servent / France Télévisions

Cette nouvelle épicerie de quartier devrait servir aussi de base arrière pour les paniers de légumes en version "commander et emporter". Marmelade a onze mois pour faire ses preuves et continuer de pousser toujours plus haut, toujours plus grand sous l’œil bienveillant de Notre-Dame, sa désormais voisine.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie agriculture bio agriculture agro-alimentaire artisanat tourisme