Strasbourg : elle organise des promenades pour lapins d'appartement, "on est tous gaga de nos lapins"

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Une Strasbourgeoise a initié des rencontres régulières entre propriétaires de lapins, pour faire gambader les petits animaux en toute sécurité. Rencontre avec Lucie Silvera qui a créé le Bunny Meetings.

"Un lapin ne se promène pas comme un chien." D'entrée, Lucie Silvera explique les particularités des lapins, pour lever tout malentendu. "L'objectif de nos rencontres, ce n'est pas de marcher, de faire une balade. J'ai appris à ma lapine Eggy à se promener, et à réagir à quelques ordres. Mais ce n'est pas vraiment en ligne droite, c'est du freestyle", explique-t-elle en souriant. Les rencontres du Bunny Meetings sont donc plutôt statiques pour les humains : une couverture et les voilà assis des heures à discuter, pendant que leurs petits animaux gambadent autour d'eux, goûtent l'herbe et hument les odeurs.

Le Bunny Meetings, c'est d'abord un noyau de cinq à six personnes. Puis le groupe Facebook Bunny Meetings Strasbourg a été créé pour se faire connaître, et chaque rencontre y est annoncée. Il revendique 346 abonnés, "mais tout le monde ne vient pas aux balades. Certains nous suivent par plaisir, ou pour échanger. Le maximum qu'on a eu, c'est dix lapins en balade."

"Ce que je voulais au début, c'est un espace sécurisé, sympa, dédié aux lapins, pour demander des conseils sans se faire tomber dessus par une armée de personnes, explique-t-elle. L'idée, c'est d'améliorer la vie des lapins, sans juger, et de s'entraider pour la garde ou pour un coup de main. La seule chose que je ne veux pas faire, c'est la vente d'animaux."

Certains lapins s'apprécient et se reconnaissent. D'autres, comme sa lapine Eggy sont plus solitaires et préfèrent rester à l'écart. Mais tous les propriétaires constatent que leur lapin est plus en forme après, plus calme. "Ca fait du bien aux lapins, de courir et de se dépenser. Et ça a permis aussi de faire de super rencontres, ça je ne m'y attendais pas ! On est tous gaga de nos lapins, ça nous fait déjà un point commun."

Laisse et harnais

Les lapins sont petits et n'ont pas vraiment de cou, le harnais est idéal pour les promenades : passé dans les pattes avant, il permet d'être bien ajusté pour ne pas gêner le lapin. "Un harnais de petit chien fait souvent l'affaire. Et la laisse peut faire deux ou trois mètres de long. Certains viennent même avec des longes de cinq mètres, donc là ça fait des nœuds ! Mais c'est bien qu'ils puissent bouger comme ils veulent. Au début, il faut qu'ils s'habituent." Sa lapine Eggy a commencé à sortir à l'âge de 6 mois, une fois qu'elle a été stérilisée et vaccinée. Elle a maintenant 4 ans et elle apprécie ces moments dehors.

Pour les nouveaux venus, la première sortie peut être un peu difficile à gérer pour le lapin. "Les lapins sont des proies donc ils peuvent avoir peur du bruit de la laisse par terre au début : ils ont l'impression que c'est un prédateur. Mais autour de nous, tous ceux qui ont essayé d'habituer leurs lapins n'ont jamais eu de problèmes, ils aiment tous sortir !"

Certains lapins tirent sur la laisse comme des chiens, certains vont dans leur boîte de transport pour signifier qu'ils veulent sortir. Les rencontres de lapins font mouche.

Fini les cages

Au détour d'un parc, en promenade, les gens s'arrêtent, les enfants veulent caresser les lapins. Des moments que Lucie apprécient, ça lui permet d'expliquer certaines choses, d'éviter que des parents craquent trop rapidement pour un de ces petits animaux aux grandes oreilles.

Lucie aimerait casser certains mythes et notamment celui du lapin en cage : dans une maison ou un appartement, il peut vivre en liberté, comme un chat, avec une litière et des jouets. "Quand je pars de chez moi, je laisse un carton avec du papier journal et des friandises cachées. Eggy met des heures à les trouver, elle peut tout déchirer, elle adore ça !"

"C'est de l'enrichissement, ça sollicite leurs muscles et leur cerveau, c'est très bénéfique. Et pendant ce temps-là, ils ne vont pas grignoter les câbles." La jeune femme s'est beaucoup renseignée sur les besoins de son lapin, elle posé des questions aux vétérinaires ou passé du temps sur des sites internet comme la dure vie du lapin urbain. Elle devrait suivre bientôt une formation de médiation animale, pour aller dans les maisons de retraite ou les crèches avec son lapin.