Strasbourg : Retour sur le tour d’Europe en quatre-vingts jours (ou presque) des basketteurs de la SIG

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Écrit par Manuel Goetz

Rétro sport (2/16). L’année 2021 a été marquée pour les basketteurs strasbourgeois par une extraordinaire campagne européenne. Un tour d’Europe en quatre-vingts jours (ou presque) que décrypte pour nous l'entraineur de la SIG.

6 mai 2021. Nijni Novgorod en Russie à 400 km à l’est de Moscou, les basketteurs de la SIG s’imposent en quart de finale de la Champions League face aux Espagnols de Ténérife et s’invitent dans le dernier carré de la coupe d’Europe. L'évocation de Nijni Novgorod, me replonge dans mes souvenirs d’enfance: Michel Strogoff et ses aventures lors de son périple entre Moscou et Irkoutsk, sous la plume de Jules Verne.

Pour son quart de finale de ce "final 8" (les huit meilleures équipes s’y affrontent durant quatre jours), Strasbourg n’a pas à combattre des hordes tartares, mais les Espagnols de Ténérife, l’île mystérieuse, présentés comme les grands favoris de la compétition. Le match est dantesque, le suspens à son comble.

Le scénario de la rencontre n’a rien à envier aux récits de Jules Verne. A  l’issue d’une prolongation de folie, la SIG s’impose 88 à 86. Un voyage à travers l’impossible, que les strasbourgeois ont rendu réalité. "C'est de loin le meilleur match réalisé par la SIG depuis que je suis à Strasbourg" nous indique Lassi Tuovi, l'entraîneur finlandais de Strasbourg. "L'équipe a pratiqué un basket extraordinaire durant 40 minutes".

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Dès le lendemain, place à la demi-finale. Les Strasbourgeois ont laissé leur cœur et leur corps sur le parquet la veille. Etouffés par Burgos (le futur vainqueur), ils sont 20.000 lieues sous les mers et ne peuvent pas rivaliser. Défaite 81 à 70. "Nous avons tenu 10 minutes. L'absence de Brandon Jefferson (blessé) a beaucoup pesé. Avec lui en pleine possession de ses moyens, le match aurait été différent. Mais c'est le sport." regrette Lassi Tuovi.

C'est à force de répandre le bon grain qu'une semence finit par tomber dans un sillon fertile.

Jules Verne;

Les Naufragés du “Jonathan”

Pourtant les débuts ont été difficiles. La SIG ne semble pas armer pour pouvoir réussir une grande saison. Alors personne ne s'attendait à une tel parcours européen "Cela veut dire, que le groupe a bien travaillé" concède l'entraîneur, "nous étions en plein lock-down, tous les joueurs ont été focus sur le basket." Strasbourg voyage beaucoup (Riga, Vilnius, Nijni Novgorod, Ankara  ou encore Athènes).

Athènes au tapis

Strasbourg réussit une performance XXL au Rhénus Sport le 23 mars en dominant l'AEK Athènes, une grosse pointure continentale (victoire 91 à 73) "Le gros regret" poursuit Tuovi, "c'est de ne pas avoir pu partager ces moments-là avec notre public." (les matches en pleine pandémie se disputaient à huis-clos)

Une campagne européenne qui a montré aux basketteurs strasbourgeois qu'il faut croire en ses rêves. Ils ont appliqué à la lettre cette citation de Jules Verne : "rien ne s'est fait de grand qui ne soit une espérance exagérée". Le public du Rhénus espère cette saison pouvoir partager de gros exploits en 2022 avec leurs chouchous.