Cet article date de plus de 6 ans

Strasbourg : les taxis ne décolèrent pas contre UberPOP

Les taxis strasbourgeois partent en guerre contre Uber, leader mondial des voitures de transport avec chauffeur (VTC), qui a annoncé lundi son arrivée à Marseille, Strasbourg et Nantes, avec son appli UberPOP, malgré les controverses et ennuis judiciaires.

L’application sur smartphone, qui met en relation des clients potentiels et des conducteurs privés, est disponible depuis lundi dans la capitale alsacienne, au même titre qu’à Paris, Lyon ou Bordeaux. Les taxis dénoncent une concurrence déloyale, le ministère de l’Intérieur parle de "service illégal", mais cela n’empêche pas jusqu’à présent l'expansion de la start-up basée en Californie.

UberPop débarque à Strasbourg

durée de la vidéo: 01 min 46
Uberpop débarque à Strasbourg



L'interview d'Alexandre Molla Directeur général expansion UBER France

durée de la vidéo: 03 min 58
Interview d'Alexandre Molla Directeur général expansion UBER France


UberPOP, comment ça marche ?

durée de la vidéo: 02 min 09
Uberpop : c'est quoi ?

Ils ne sont pas les bienvenus. ( Roger Ritter, vice-résident du syndicat départemental des artisans taxi)




durée de la vidéo: 00 min 38
Roger Ritter, vice pdt syndicat départemental des artisans taxi


Les taxis demandent à la préfecture d'intervenir

ll aura fallu moins de quelques heures après l'arrivée d'Uber Pop à Strasbourg pour que les taxis fourbissent leurs armes contre l'arrivée du service à prix cassé. Visiblement pris par surprise par la mise en service de l'application dans la capitale alsacienne, les taxis et leurs représentants seront reçus ce lundi à 18h à la Préfecture du Bas-Rhin.
Les syndicats ont l'intention de demander au représentant de l'Etat de prendre un arrêté d'interdiction d'Uber Pop, à l'instar de celui du Préfet du Nord le 27 mai dernier. "C'est une aberration, les clients ne savent même pas avec qui ils montent, c'est dément" s'énerve Roger Ritter, vice-président du SDAT (Syndicat départemental des artisans taxi). Le représentant syndical a reçu ce lundi une centaine de coups de fils de ses adhérents ("un record").


Pas d'actions sur le terrain

Les taxis strasbourgeois, pour autant, n'envisagent pas pour l'heure d'actions particulières. "On va pas bloquer, on va pas faire comme certains collègues " affirme Hafid Arhouillle, président des Taxis 13 (qui regroupe 200 artisans taxis à Strasbourg), en référence aux actions menées à Marseille et Nantes.

Une centaine de chauffeurs de taxis marseillais ont ainsi envahi lundi un hôtel de la cité phocéenne et y ont empêché la tenue d'une réunion de recrutement de chauffeurs UberPOP, a constaté un journaliste de l'AFP.
"On paye des charges sociales, une licence, un crédit, une assurance; eux ne payent rien, c'est un scandale", s'est écrié Rachid Boudjema, secrétaire général des taxis marseillais, devant la presse.
Des chauffeurs de taxi ont organisé une opération du même genre dans un hôtel de Nantes où une réunion similaire avait été organisée par Uber.


"Un énorme appétit"

Uber était déjà disponible à Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et Nice. L'ouverture de trois nouvelles villes montre que l'"on poursuit sereinement notre croissance en France sur un marché qui a un énorme appétit pour notre produit", a déclaré à l'AFP Alexandre Molla, directeur général expansion d'Uber France.
La populaire application d'Uber sur téléphone mobile permet d'entrer en relation avec des VTC classiques, mais aussi, via UberPOP, avec des véhicules dont les conducteurs sont de simples particuliers, un service qui a valu à l'entreprise de multiples démêlés avec les autorités et la justice.

Une procédure toujours en cours

Uber a ainsi été condamné à 100.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris fin 2014 pour UberPOP. La société a fait appel. Le préfet du Nord a interdit le service fin mai pour "concurrence déloyale" vis-à-vis des VTC et taxis, deux professions ulcérées par le développement de cette activité.
La Cour de cassation examine en outre une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur ce sujet, mais ne l'a pas encore transmise au Conseil constitutionnel.
Or, dans les trois nouvelles villes, "on a décidé de lancer uniquement UberPOP (...) évidemment ce n'est que le début, et souvent UberPOP est une belle voie vers la professionnalisation" des chauffeurs, a affirmé M. Molla. Selon lui, "une offre VTC devrait suivre dans les semaines ou les mois qui arrivent".
La loi impose aux chauffeurs VTC de suivre une formation de 250 heures. M. Molla a assuré que les consommateurs attendaient Uber avec impatience, affirmant qu'"à Marseille, c'est quasiment 100.000 personnes qui avaient ouvert l'application ces derniers mois" sans pouvoir bénéficier du service. "Nantes, c'est 12.000 et Strasbourg, c'est 8.000".
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
transports économie