Violences conjugales : des élèves avocats conçoivent une application destinée aux victimes

Un groupe de futurs avocats de l'école de Strasbourg (Bas-Rhin) a imaginé une application, nommée ILA, permettant d'apporter une aide aux victimes de violences conjugales. Le projet a remporté le concours du conseil national des barreaux en 2023. Ils cherchent maintenant des financements pour développer l'application.

Ils s'appellent Benjamin Bilger, Zoé Mall, Maëlle Blein, Julia Greseque, Nicolas Bensa, Nicolas Dorffner, trois hommes et trois femmes âgés de 24 à 27 ans. Ils ont remporté la finale du huitième concours de projets innovants organisé par le Conseil national des barreaux le jeudi 28 septembre 2023. À ce titre, ces six élèves avocats de l’Erage (Ecole régionale des avocats du Grand Est), basée à Strasbourg, se sont vu décerner le prix Alain Hollande pour leur projet. Il s'agit d'une application pour mobile dont la finalité est d'aider les victimes de violences conjugales. 

Le projet est né dans le cadre d'un projet d'étude. Un soir, Zoé appelle ses amis et leur soumet cette idée. "Je leur ai proposé de nous battre pour cette cause, je savais que cela allait tous nous fédérer. Les victimes de violences conjugales n'ont pas de voix et touchent beaucoup plus de monde qu'on ne le pense. Avec ce projet, on veut apporter notre pierre à l'édifice."

Un guichet unique

L'application, nommée ILA (pour Information & Legal Assistance), a pour ambition de répondre à tous les besoins des victimes avec un outil unique. "On sait que c'est compliqué de s'en sortir. Nous-mêmes, après sept ans d'étude, on a du mal à comprendre ce qu'il faut faire. Pour une victime dans une pareille situation, c'est impossible", souligne Zoé Mall. Le but est donc de réunir tout ce qu'il faut savoir, tant pour la victime que pour le professionnel, dans une seule et même application. Et ça, c'est nouveau. "ILA va servir de guichet unique alors que les outils existants répondent chacun à certains besoins spécifiques". 

L'application vise donc à simplifier la vie et le travail de l’ensemble des acteurs. Pour les victimes, concrètement, cela signifie qu'elles pourront s’informer sur leurs droits et leurs moyens d’action grâce à des guides. Elles pourront, également, prendre rendez-vous avec des professionnels situés à proximité, consigner des évènements dans un journal de bord et enregistrer des documents horodatés (photos, vidéos, audios).

Sécurité et discrétion

Toutes ces données seront stockées dans un coffre-fort numérique et sauvegardées en externe. "Une carte interactive permettra de localiser les professionnels, des psychologues, des assistantes sociales, des avocats, de prendre rendez-vous. La partie journal de bord permettra de constituer un dossier de preuves dans le cadre d'une procédure". 

Un espace dédié permettra de partager ces informations avec les professionnels. "Pouvoir récolter les données personnelles de la victime, reconstituer les faits de manière chronologique, suivre la procédure, tout cela représente un gain de temps énorme ".

Par souci de discrétion et pour que la victime puisse utiliser l'application en toute sécurité, celle-ci prendra, par exemple, la forme d'une calculatrice sur l'écran d'accueil du mobile. "On a pensé à une application déguisée. La victime choisira la forme de l'icône qui la camouflera. Elle sera accessible uniquement par code et sera supprimée de l'historique dès qu'on la quitte".

Les étudiants sont maintenant à la recherche de financements pour pouvoir développer l’application ainsi qu’un porteur de projet. C'est juste une question de temps et d'argent. "À hauteur de 100 000 euros. On compte sur les subventions publiques, le mécénat, les fondations". Si tout se passe bien, l'application devrait être mise sur le marché à partir de septembre 2024.

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