Coronavirus : dans le secteur de Wissembourg, les règles de confinement sont respectées mais les violences augmentent

Un contrôle de gendarmerie à l'entrée de Wissembourg (Bas-Rhin) / © Gendarmerie de Wissembourg
Un contrôle de gendarmerie à l'entrée de Wissembourg (Bas-Rhin) / © Gendarmerie de Wissembourg

A la campagne, dans le nord de l'Alsace, le groupement de gendarmerie de Wissembourg se félicite du respect des règles de confinement par la population, mais observe, dans le même temps, une hausse des interventions pour violences conjugales.

Par R.Willhelm/J.Jung

La préfecture du Bas-Rhin a annoncé un durcissement des règles de confinement. A partir du 10 avril, les déplacements devront se faire seul ou, pour un adulte, accompagné de ses enfants de moins de 16 ans ou d’une personne vulnérable. Cette nouvelle disposition, prise à la veille du week-end de Pâques et au début des vacances scolaires, est justifiée par un relâchement du confinement, réel ou peut-être à venir.
 

Les tentations sont grandes. Ce temps quasi-estival donne envie d’enfourcher son vélo et se lancer sur les routes pour avaler les kilomètres. Mais à Schleithal, sur la superbe piste cyclable Pamina, piste transfrontalière parallèle à la rivière de la Lauter, il n'y a pas un chat, ou alors si, mais des vrais chats. Pas un cycliste ne se laisse tenter.
Les consignes ont visiblement été enregistrées. Le vélo n'est autorisé que pour aller travailler, faire des courses ou se rendre chez de vieux parents pour les aider. "Marcher une heure c'est raisonnable, mais faire du vélo pendant une heure, vous amène à faire des kilomètres. Le vélo flânerie, c'est non !", précise le commandant Pierre-Marie Lagarrigue de la compagnie de gendarmerie de Wissembourg. Pour les missions de surveillance du respect du confinement, il dispose de 90 gendarmes. La brigade motorisée qui était dédiée à la sécurité routière a mis temporairement un terme à son travail habituel pour rejoindre les patrouilles.

Nous faisons des contraventions avec courtoisie mais fermeté
- Commandant Pierre-Marie Lagarrigue, compagnie de gendarmerie de Wissembourg

Les équipes quadrillent tout le nord du département entre Wissembourg, Woerth, Surbourg et Lauterbourg, de jour comme de nuit. Les gendarmes effectuent des patrouilles à pied dans les villes, des contrôles au bord des routes et même des patrouilles à vélo. 
Les gendarmes passent plusieurs fois par jour dans le même village / © R.Willhelm/France Télévisions
Les gendarmes passent plusieurs fois par jour dans le même village / © R.Willhelm/France Télévisions
"Nous ne sommes pas sévères mais nous ne sommes pas non plus laxistes", reprend le commandant Lagarrigue. "En terme de verbalisations, nous sommes dans la moyenne départementale. Nous faisons des contraventions avec courtoisie mais fermeté. Nous ne sommes pas là pour faire du chiffre. Nous avons observé ici ou là quelques comportements abusifs mais ils sont rares. Ici nous sommes dans un secteur rural, les habitants ne vivent pas agglutinés. Ils font preuve de beaucoup de bon sens et sont très disciplinés".

Nous assistons à une hausse importante des différends familiaux
- Commandant Pierre-Marie Lagarrigue, compagnie de gendarmerie de Wissembourg

Les effets secondaires du confinement ne se sont pas fait attendre. "Il n'y a presque plus d'accidents de la route mais des automobilistes oublient de lever le pied. La délinquance a chuté mais nous surveillons les escroqueries sur Internet. Par contre, nous assistons à une hausse importante des différends familiaux". Dans le secteur, ils ont été multipliés par trois depuis le début du confinement, des disputes qui dégénèrent, souvent sous l'effet de l'alcool. Dans la moitié des cas, les gendarmes ont affaire à des récidivistes mais pour le reste, ce sont des individus inconnus de leurs services.

Originaire de Saint Etienne, le commandant Lagarrigue est arrivé à Wissembourg en 2017, un "choc très positif" et repartira, il le sait déjà, le 1er août 2021. Cette mission est pour lui exceptionnelle. Il fait remarquer que cette période est, au sein même de la caserne wissembourgeoise, assez
"touchante" : "des entreprises nous ont proposé du gel hydroalcoolique, d'autres personnes, des masques. Mon adjoint nous a même fabriqué des visières en plastique que nous pouvons utiliser en intervention s'il faut s'approcher des gens". Rien qui ne lui fasse pour autant baisser la garde.
Exemple de visière fabriquée par un gendarme de la brigade de Wissembourg / © Gendarmerie de Wissembourg
Exemple de visière fabriquée par un gendarme de la brigade de Wissembourg / © Gendarmerie de Wissembourg
"Le terme de vacances n'a pas de sens dans la situation actuelle. Dès ce week-end, les unités et les contrôles seront plus denses surtout dans les zones de tourisme vert comme les Vosges du Nord, les forêts de Hatten, de Betschdorf et le Bienwald. Nous irons là où la tentation sera la plus forte comme les points d'eau à Lauterbourg par exemple. Si on lâche tout, dans 15 jours, c'est rebelote".

 

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