CARTE. Déconfinement : une réouverture des écoles en ordre dispersé, un tiers des parents prêts à envoyer leurs enfants

Selon le cap fixé par la rectrice de l'académie de Reims, les écoles pourront rouvrir pour les enfants à partir du 14 mai après la phase de prérentrée des enseignants qui débutera le 11 mai. A condition pour chaque maire de pouvoir respecter le protocole sanitaire. 

Du côté de Charleville-Mézières, comme ici l'école primaire Pierre Brossolette, ce sera silence radio au moins jusqu'en juin.
Du côté de Charleville-Mézières, comme ici l'école primaire Pierre Brossolette, ce sera silence radio au moins jusqu'en juin. © Google Street View
Lors de sa conférence de presse du lundi 4 mai, la rectrice de l'académie de Reims, Agnès Walch Mensiau-Rigau, avait fixé le cap. Une réouverture des écoles possible dès le lundi 11 mai mais consacrée à la prérentrée des enseignants sur deux jours, l'accueil des élèves ne débutant quant à lui que le jeudi 14 mai. Une rentrée possible à condition que le protocole sanitaire mis en place par l'Education nationale puisse être respectée. A charge pour les maires (compétents en matière d'école) de fixer, dans chacune de leurs villes, la date de réouverture.

Du "sur-mesure" donc et aucune obligation. Si les maires, dans leur immense majorité, ont émis le souhait de rouvrir pour se conformer au souhait du président de la République d'amorcer un déconfinement, chacun ira donc à son rythme. Une rentrée en ordre dispersé au niveau des dates selon les communes donc, mais également un nombre de classes ouvertes qui variera selon les établissements à l'intérieur même d'une commune.

Les parents d'élèves devraient ainsi recevoir des indications du chef d'établissement pour connaître les modalités précises s'appliquant à leur cas. On fait le point sur les dates de reprises dans les grandes villes champardenaises et le peu de chiffres connus concernant le pourcentage des parents d'élèves qui enverraient leurs enfants.

Une situation diversement appréciée par ces derniers. Selon les retours de questionnaires envoyés par certaines communes, ils seraient 27% à Saint-Dizier et 36,13% dans le Grand Reims (c'est-à-dire les 144 communes de l'agglomération moins les 16 communes de l'ex-Reims Métropole et également Gueux et Muizon qui conservent la compétence scolaire) à prévoir de renvoyer leurs bambins sur les bancs de l'école. De quoi pouvoir raisonnablement anticiper un tiers d'enfants présents à ce stade lors des ouvertures.

  

Le Grand Reims - 14 mai

A l'échelle du Grand Reims (c'est-à-dire, on le répète, les 144 communes de l'agglomération moins les 16 communes de l'ex-Reims Métropole et également Gueux et Muizon qui conservent la compétence scolaire), l'accueil des élèves se fera dès le 14 mai. La collectivité gère 88 écoles, sur 63 sites, pour 6.576 élèves inscrits. Avec un taux de réponse de 72% au questionnaire envoyé par la collectivitée, 36,13% des parents souhaitent que leurs enfants soient scolarisés. "Ce n'est pas une surprise. Comparativement, on reste même au-dessus d'autres grandes communes, indique la présidente (LR), Catherine Vautrin. Toutes les précautions sont prises, les établissements seront nettoyés quotidiennement, parfois plus dans les endroits qui le nécessitent, comme les toilettes."
 

Saint-Dizier - 14 mai

À Saint-Dizier, 27% des parents d’élèves se sont exprimés favorablement à la réouverture des écoles. Les établissements scolaires de l’agglomération bragarde ouvriront donc leurs portes aux enfants à partir du 14 mai. "Nous avons constaté un certain décrochage scolaire malgré l’enseignement à distance pendant le confinement, précise  Élisabeth Robert-Dehault, la maire (LR) de la commune. Il devenait donc primordial que les élèves retrouvent leurs marques à l’école. Tout en respectant bien sûr les gestes de sécurité. La maire de Saint-Dizier a par ailleurs précisé comme sa consœur de Chaumont, le caractère indispensable de la réouverture des cantines scolaires pour les enfants ne disposant pas de repas chauds équilibrés à domicile."
 

Reims - 18 mai

La Cité des Sacres n'accueillera ses élèves qu'à partir du 18 mai comme l'a annoncé son maire (LR), Arnaud Robinet, lors d'une conférence de presse de présentaton du plan de déconfinement de la Ville, mardi 5 mai. "Il est aujourd'hui impossible de faire rentrer tous les élèves de maternelles et de primaires en même temps, la semaine du 11 mai, au regard des 60 pages du protocole sanitaire que nous venons tout juste de recevoir", a expliqué l'édile qui souhaite "prendre le temps de sécuriser au maximum les 104 écoles de la ville".

   

Chaumont - 18 mai

Christine Guillemy, maire de Chaumont (LR) est pour la réouverture des écoles le 11 mai et travaille en ce sens. "Je pense qu’il est important pour les enfants d’être à nouveau scolarisés pour leur bien-être social mais aussi car certains d’entre eux ont ainsi accès à une alimentation complète, à la cantine, à laquelle ils n’ont pas forcément accès chez eux. Par ailleurs, il faut bien trouver une solution pour leurs parents qui pour beaucoup reprendront le travail le 11 mai prochain." En revanche, l’élue a demandé un délai d’une semaine pour réouvrir ses établissements. "Il nous faut encore un peu de temps pour organiser cette rentrée sur l’agglomération nous avons treize écoles à Chaumont, vingt-trois au total sur l’agglomération, les protocoles de sécurité restent à déterminer et nous avons besoin de plus de temps pour les concevoir avec les directeurs d’établissements et ainsi garantir une reprise en toute sécurité aux enfants mais aussi aux personnels. Nous aimerions le faire le 18 mai donc."
 

Troyes - 18 mai

S'il semble peu goûter les prises de décisions du chef de l'Etat sans concertation avec les maires, à Troyes, François Baroin (LR)  par ailleurs président de l'association des maires de France, assure qu'il fera tout ce qu'il peut pour créer les conditions d'une reprise. Mais a besoin d'un délai. "Une date a été fixée par le président de la République mais dans cette réouverture souhaitée, accélérée peut-être prématurée, l’histoire le dira, on demande aux maires d’intervenir pour partie sur le temps scolaire. Mais nous ne sommes pas des kamikazes sur le plan juridique. Il faut que les gens comprennent que ce débat sur la responsabilité pénale des maires est un débat de responsabilité sur un temps qui n’est pas la nôtre. Le maire n’est pas le directeur de l’école, le maire n’est pas le gestionnaire de l’éducation. On est dans l’idée de rouvrir à partir du 18 mai pour accueillir les enfants dans le cadre prescrit par l’Education nationale avec toutes les contraintes sanitaires qui sont extraordinairement compliquées. Donc oui à partir du 18 combien d’écoles je ne peux pas vous le dire aujourd’hui, combien d’enfants nous n’en savons encore à ce stade rien. Je rappelle que sur la ville de Troyes nous avons la moitié des écoles qui sont en REP, ce qui nous facilitent un peu les choses, puisque ce sont des classes qui sont à douze élèves et non pas à quinze ou plus fixé comme étant le nombre le plus élevé pour l’acceptabilité du nombre d’enfants par classe."


Ce protocole sanitaire fixé par l’Education nationale, 63 pages, je le rappelle au passage, qui marque que, la bureaucrate tel qu’elle est identifiée ne connaît pas la réalité d’un terrain.
- François Baroin, maire (LR) de Troyes

 

Charleville-Mézières et Sedan - en juin

Du côté des Ardennes, la réponse a été sans appel pour le maire de Sedan, Didier Herbillon, et celui du maire de Charleville-Mézières, Boris Ravignon. Une décision prise "en concertation" entre les deux hommes, au motif que "l'éducation est importante mais la santé est primordiale" et que "considérant que toutes les conditions de sécurité pour nos enfants, nos personnels et ceux de l’Education nationale n’étaient pas remplies".
 

Après les écoles, ce seront au tour des collèges (compétence des conseils départementaux) d'ouvrir leurs portes. Date prévue au niveau national, le 18 mai, à condition que le département soit classé vert.
 
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