Centrale nucléaire de Fessenheim : le décret entérinant l'arrêt des réacteurs publié au Journal officiel

Cette fois, c'est écrit noir sur blanc. Publié dans le journal officiel mercredi 19 février. Le réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim sera arrêté dans la nuit de vendredi à samedi et le numéro 2 le 30 juin. Quid de l'après ? C'est toute la question.

A quoi ressemblera ce paysage une fois la centrale de Fessenheim démantelée?
A quoi ressemblera ce paysage une fois la centrale de Fessenheim démantelée? © Thierry GACHON/MaxPPP
Il sera 2h30 précises samedi 22 février quand le réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim sera arrêté. Définitivement cette fois. Après des années de discussions, pourparlers, manifestations, c'est acté, publié dans le Journal officiel. Le réacteur numéro 2 sera quant à lui arrêté le 30 juin. La plus vieille centrale de France, mise en service en 1977 aura alors cessé de produire de l'électricité.
 

Matignon se félicite de ce calendrier

Dans un communiqué, Matignon se félicite de ce calendrier. "Cet événement (...) marque la concrétisation de l'engagement du président de la République. Il constitue une première étape dans la stratégie énergétique de la France qui vise un réequilibrage progressif entre l'électricité d'origine nucléaire et l'électricité d'origine renouvelable." 

Annoncée durant le mandat de François Hollande pour fin 2016, la fermeture aura donc lieu en 2020. Les anti-nucléaire sont évidemment heureux de cet événement. Mais "c'est juste un point d'étape, explique André Hatz, président de l'association Stop Fessenheim. il y a encore plein de dangers liés à la fermeture : pendant au moins trois ans, le combustible nucléaire restera stocké dans les piscines de décontamination qui sont non-bunkérisées et dont les toitures sont un simple toit en tôle".
 

Quid de l'après-Fessenheim ?

Et si Matignon se félicite de sa collaboration avec les élus locaux "dans la préparation d'un projet de territoire pour l'avenir de Fessenheim", l'humeur est plutôt aux grincements de dents. Le maire de la ville, Claude Bunder déplore que l'on ferme "sans avoir prévu de nouvelles activités. Aujourd'hui on se retrouve le bec dans l'eau, sans auncune perspectives", confie-t-il. Quant à Rahaël Schellenberger, député LR qui préside une commission parlementaire de suivi de la fermeture de la centrale, il s'étrangle. "Lorsque l'on considère comme défi prioritaire la lutte contre les déréglements climatiques, il n'est pas concevable d'arrêter aujourd'hui deux réacteurs nucléaires en très bon état et de continuer à produire de l'électricité à base de charbon sur le sol français jusqu'en 2024 voire 2026!" Le député LR a d'ailleurs interpellé l'assemblée nationale ce mardi 18 février.
   

Quid des salariés ?

Sur les 700 salariés qui travaillaient dans la centrale, une centaine a déjà quitté le site. 170 seront partis d'ici fin 2020 et dans cinq ans, ils ne seront plus qu'une soixantaine pour assurer la déconstruction.
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