CES Las Vegas : les entreprises innovantes du Grand Est jouent gros

Las Vegas, la ville lumière se transforme une fois par an en vitrine de l'high-tech / © Anne-Laure Herbet - France 3 Grand Est
Las Vegas, la ville lumière se transforme une fois par an en vitrine de l'high-tech / © Anne-Laure Herbet - France 3 Grand Est

Le Consumer Electronic Show de Las Vegas aux Etats Unis est depuis un demi-siècle LE rendez-vous des geeks : tout l'électronique de demain destiné au grand public y est présenté. Une vingtaine d'entreprises du Grand Est font le déplacement pour tenter de vendre leurs dernières inventions.

Par Anne-Laure Herbet (envoyée spéciale à Las Vegas)

Chaque année début janvier, Las Vegas, ville du jeu et des lumières devient la vitrine des dernières innovations dans le domaine de l'électronique grand public. Place au Consumer Electronic Show (CES), quatre jours de salon, 4.000 exposants venus de 150 pays, 7.000 journalistes et plus de 170.000 visiteurs.
Le CES, 223 000 m2 d'exposition répartis sur plusieurs halls dans la ville
Le CES, 223 000 m2 d'exposition répartis sur plusieurs halls dans la ville

C'est "the place to be" pour toutes les startups qui veulent dévoiler leurs derniers produits high tech et pour les entreprises, l'objet de leurs ultimes recherches. Et cela fait plus d'un demi-siècle que cela dure. Alors cette année la région Grand Est a décidé de soutenir les entreprises régionales et accompagnent douze d'entre elles dans leur périple "vegassien" (soutien financier et coaching). D'autres entreprises viennent seules, et en tout, ce seront plus d'une vingtaine d'entreprises estampillées Grand Est qui viennent présenter leurs innovations. Nous ne pouvons bien sûr pas toutes vous les présenter, nous avons choisi de faire un gros plan sur trois d'entre elles.


Levels 3 D

Voilà une startup champardennaise, basée à Rosières-près-Troyes et fondée en 2012 et qui a conçu MyCaptR, une application mobile de numérisation 3D à destination notamment des acteurs du bâtiment (architecte, diagnostiqueur ou géomètre). Cette application permet de scanner très rapidement une habitation par exemple et d'en générer tout aussi vite le modèle 3D et le plan 2D. Soutenue par la région, la startup dispose d'un stand au sein de l'Eureka Park, l'espace du salon qui regroupe toutes les startups. Sur 5.000 candidatures venues de partout dans le monde, le CES n'en a retenu que 800. Du coup, pour les fondateurs de Levels 3D, l'enjeu est de taille.
 "Le CES pour nous, c'était une opportunité de gagner en visibilité, de se faire connaître aux Etats Unis, de trouver de potentiels investisseurs (... ) de pouvoir mener une veille et établir des partenariats (... ). Las Vegas, impressionnant quand on connaît pas. Quand je suis arrivé, les portes fermées, les gens attendaient comme pour les soldes avant de rentrer, c'était assez impressionnant." Levels 3D compte aujourd'hui une dizaine de salariés, et continue de tenter de percer le marché, notamment en récoltant des financements via des récoltes de fonds. 


Quantmetry

Tout comme son homologue champardennais, cette startup alsacienne bénéficie de l'aide de la région. Fondée en 2011, l'entreprise met à disposition des datas scientists. Quezaco? Explication:
Ces datas scientists mettent au point des algorithmes pour résoudre toutes sortes de demandes. Mais développent aussi des innovations propres comme le lymphometry, un manchon connecté pour la prévention et le traitement du lymphoedème, ce gonflement du bras qui survient après le traitement de certains cancers. Grâce à ce système, les patients peuvent détecter un gonflement anormal et prendre des mesures préventives avant qu'il ne soit trop tard. Cette innovation a obtenu un succès certain et quantmetry compte aujourd'hui plus de 60 salariés. "Et sans levées de fonds!, sourit Karl Neuberger, nous avons la 7e meilleure croissance pour une entreprise française en 2017." Et l'entreprise ne compte plus ses récompenses. De quoi attirer sur son stand un certain Carlos Ghosn, PDG de Renault, très intéressé par les gains de temps et de productivité que pourraient lui apporter les algorithmes inventés par Quantmetry.


Vivoka

Enfin une petite startup lorraine, toute jeune, à peine une année. Fondée par quatre étudiants d'Epitech à Nancy, incubée à Synergie Lorraine, elle propose ZAC, un raton laveur holographique, sorte de majordome virtuel capable de contrôler tous les objets connectés de la maison sur simple commande vocale pour une optimisation du confort, faire des économies d'énergie et simplifier le maintien à domicile des personnes âgées et/ou dépendantes. 
"En fait quand on vient dans ce genre d'endroit c'est pour se faire connaitre (...), ça a été tellement long de se faire accepter sur ce salon, on est vraiment content d'être là, c'est juste génial!" Une idée simple qui est venue à ses fondateurs en regardant... Iron Man!

Sinon pêle-mêle, Acreos qui vient de Lorraine tentera de vendre ses simulateurs pédagogiques d'apprentissage à la conduite d'engins dans les secteurs du BTP, de la manutention, du levage portuaire, agricole et forestier entre autre. L'histoire démarre en 2007, l'entreprise au départ propose des formations de conduite d'engins in situ mais lors de l'une d'elles, un enseignant manque de mourir, du coup l'entreprise part à la recherche de simulateurs, qui n'existent pas et décide donc de les créer. Dix ans plus tard, Acreos, basée à Hauconcourt, a vendu 600 simulateurs dans 34 pays et a même choisi de relocaliser sa production depuis la Chine en Lorraine.

Fizimed, toute jeune startup strasbourgeoise se fera les dents sur ce salon puisque leur invention vient tout juste d'arriver sur le marché. Leur cible : les femmes puisque fizimed propose Emy, un dispositif médical connecté pour la rééducation du périnée à domicile pour éviter les fuites urinaires.

Toujours dans le domaine de la santé, un secteur à la pointe dans le Grand Est, Innovsanté propose de découvrir son "PassCare", une plateforme de santé numérique, une base de données médicales pour faciliter la coordination des soins à travers le monde. Avec cette carte, finie la paperasse! "Nous ciblons les patients bien sûr, mais aussi les professionnels de santé, les entreprises et les assurances. Et si la CPAM pouvait se laisser convaincre par ce système, ce serait top!", confie Adnan El Bakri, fondateur de la société et chirurgien au CHU de Reims.

Tous sont unanimes, venir au CES de Las Vegas, c'est ouvrir son carnet d'adresse, une expérience harassante mais fondatrice. Depuis deux ans d'ailleurs, la région Grand Est envoie une délégation, ce salon est devenu incontournable. L'occasion pour Jean Rottner, président de la grande région, en visite au salon, de faire une annonce chiffrée : 25 millions d'euros pour le développement des nouvelles technologies et notamment dix millions d'euros d'aide à la création de startups.


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