Après San Marina, quelles boutiques menacées à Reims ?

La franchise de magasins de chaussures fermera tous ses magasins samedi, avant une probable liquidation judiciaire. Celui de Reims ne fait pas exception. Après Go Sport et Camaïeu, d'autres enseignes sont sur la sellette.

Des habituelles montagnes de boîtes de chaussures, il ne reste que quelques piles étalées au sol. Ce jeudi midi dans le magasin San Marina de Reims, une vingtaine de clients occupent la petite boutique aux étals tristement vides. 

Tous tentent de profiter des dernières remises avant fermeture définitive du rideau, comme Laurence et Stéphane. Ils n'ont jamais fréquenté le magasin mais "comme on passait devant et qu'on a entendu que ça ferme, on regarde par curiosité ce qu'on peut encore acheter". Mais le couple repartira les mains vides, car parmi le peu d'articles restant, pas moyen de trouver leur pointure.

"Laissés sur le carreau"

Dans un autre coin de la boutique, Corinne, une habituée, se désole "c'est très dommage de fermer une enseigne de cette qualité. On va se retrouver avec du basique, sur internet, avec personne pour nous conseiller. Il n'y a pas que ses futures chaussures qui la taraudent : "Je pense à tous ceux qui travaillent dans cette boutique et qui seront laissés sur le carreau".

Derrière sa caisse, la vendeuse est débordée entre les appels et l’afflux de clients. Sûrement les derniers avant la fermeture samedi. Elle n'a d'ailleurs pas voulu s'exprimer sur le sujet.

Le nombre de clients venus profiter des dernières promotions est tel, que sa collègue d'une boutique voisine est venue lui prêter main forte.

Parmi ces clients, Aïcha repartira avec une paire mocassin et le cœur lourd : "je n'étais pas au courant de la fermeture. Je venais voir la nouvelle collection et je l'ai appris. C'est triste, en plus beaucoup d'enseignes ferment en ce moment comme Cop-copine où j'allais souvent".

"Merci l’État !"

Après Camaïeu en octobre puis Go sport, d'autres enseignes sont menacées de fermeture : Kookaï, Pimkie ou encore André, la chaîne de magasins de chaussures est placée en redressement judiciaire.

Dans la boutique de Reims, au bord de la Place d'Erlon, on ne préfère pas y penser. Les décisions devraient tomber à la fin du mois de Mars.

L'une des quatre salariées confie être inquiète même si "pour l'instant rien ne change, on a même reçu la dernière collection". Elle a déjà ressenti cette peur du rideau baissé il y a deux ans. Le groupe avait été racheté par un investisseur, mais seules quelques boutiques avaient été reprises, parmi lesquelles celle de Reims.

Entre deux cartons déballés, c'est aussi ce qu'elle a sur le cœur qui est déballé : "Merci l’État ! On ne se sent vraiment pas soutenu. Bientôt il ne restera que des enseignes étrangères. On ira acheter nos chaussures chez H&M ?"

A quelques centaines de mètres, sur la rue de Vesle, le magasin Pimkie vit également dans l'expectative. En grande difficulté financière, l'enseigne devrait être cédée. Ce qui entraînerait la suppression de 500 emplois.

Dans le magasin, une vendeuse en train de repasser une veste ne s'inquiète pas : "Ma responsable m'a récemment appris la nouvelle. Je ne pense pas que le magasin de Reims fermera car on est l'un de ceux qui fonctionnent le mieux dans la région".

Mais à la vue du magasin Camaïeu à l'abandon, sur le trottoir d'en face, des questions sont soulevées : "On ne pourrait pas laisser des boutiques fermer en plein centre-ville ? Ça ferait bizarre dans la rue de Vesle qui a tant de magasins".

Les Galeries Lafayette ont en tout cas tenu à rassurer leurs clients. Le magasin de Reims ne va pas fermer. Une annonce qui intervient alors que l'homme d'affaire Michel Ohayon, qui détient une vingtaine de magasins Galeries Lafayette en franchise, a annoncé le 17 février leur placement en procédure de sauvegarde. "Cette situation perturbante et désolante ne concerne en rien votre magasin Galeries Lafayette de Reims", précise un email transmis aux détenteurs d'une carte de fidélité.

Après les confinements, l'inflation, la concurrence d'internet et une clientèle en recherche de produits plus durables, la subsistance des enseignes qui faisaient partie du paysage des centre-ville est plus que jamais menacée.