Fin de la dérogation pour les néonicotinoïdes : le monde de la betterave réagit, "on est déçu, mais on a une attente forte"

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Écrit par Vincent Ballester .

Le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a confirmé ce lundi 23 janvier que les néonicotinoïdes ne pourraient plus être employés pour protéger les champs de betteraves. La profession attend un soutien financier fort de la part du gouvernement.

Les néonicotinoïdes, outre leur nom impossible à prononcer, ont le défaut majeur d'être nuisibles aux abeilles (comme aux pucerons transmettant le virus de la jaunisse de la betterave pouvant attaquer les plants sur lesquels ils sont utilisés). Suite à une décision judiciaire européenne, confirmée par le ministre de l'Agriculture ce lundi 23 janvier 2023, ils ne pourront plus être employés. 

C'est un coup dur pour la filière de la betterave. Cyril Cogniard, président de la Confédération générale des planteurs de betterave pour la région Champagne-Bourgogne, s'en est ému auprès de France 3 Champagne-Ardenne. "Il y a eu aujourd'hui une réunion avec le ministre de l'Agriculture. L'arrêt de la Cour justice de l'Union européenne s'applique. Nous sommes très déçus, parce qu'il n'y a pas de solution technique nouvelle qui est possible pour 2023, par rapport à ce qu'on connaît déjà comme solutions."

Compensation financière demandée (et promise)

"Compte tenu de cet état de fait, seule une approche indemnitaire peut sauver la filière. C'est ce à quoi s'est engagé le ministre lui-même. Mais pour semer, les betteraviers ont besoin de savoir combien ils vont être indemnisés. Parce qu'ils ont en mémoire les lacunes du dernier dispositif. Évidemment que cette perte liée à l'absence totale de solutions doit être totalement compensée sans franchise ni plafonnement."

Pour l'heure, les solutions ne sont effectivement pas probantes. "Il y a bien des pistes pour l'avenir, mais nous sommes mis au pied du mur pour 2023. Il n'y a pas de solution technique nouvelle, ni de solution identifiée par le Plan national de recherche et d'innovation qui soit immédiatement déployable pour 2023."

L'exploitant et responsable de la filière veut croire aux promesses du gouvernement, et répète la nature de l'objectif. "Le ministre s'est engagé : considérons que son engagement est pris. On est déçu, mais on a une attente forte vis-à-vis de ce dispositif indemnitaire sans franchise ni plafonnement." La prochaine récolte doit avoir lieu au mois d'octobre. Et les agriculteurs craignent pour leurs rendements.

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