Santé, sécurité, recrutement des vendangeurs saisonniers : un plan d'actions pour la Champagne

Les deux présidents du Comité Champagne ont présenté ce jeudi 20 juin le plan "Ensemble pour les vendanges en Champagne". Il contient des objectifs à court et long terme pour mieux anticiper les vendanges et les sécuriser, avec en première ligne les travailleurs saisonniers.

Chaque année, 100 000 vendangeurs sont accueillis en Champagne-Ardenne pour la récolte du raisin, qui s’effectue encore à la main. Après les “vendanges de la honte” en 2023, surnommées ainsi suite à la mort de quatre saisonniers, un plan d’actions a été présenté jeudi 20 juin par le Comité Champagne.

Toutefois, l’organisme professionnel de 370 maisons de champagne et 16 200 vignerons réfute une “défaillance collective” dans ce drame qui fait l’objet d’une enquête et pour laquelle le Comité s’est porté partie civile.

Il est hors de question que des comportements inhabituels et inadmissibles menacent la sécurité des saisonniers et la réputation de toute une filière.

Maxime Toubart, co-président du Comité Champagne.

C’est pour éviter ce type de drame que le plan d'actions intitulé “Ensemble pour les vendanges en Champagne” a été créé en collaboration avec les pouvoirs publics. Il vise à améliorer les conditions d’emploi des travailleurs saisonniers par quatre axes principaux : la santé et la sécurité, le recrutement, la prestation de services et l’hébergement collectif. 

Garantir une bonne information

Puisque la “priorité reste la santé et la sécurité de nos saisonniers”, selon Maxime Toubart, président du Syndicat Général des Vignerons, cet axe fait l’objet de plusieurs avancées. D’abord, la création d’une cellule de suivi pouvant être activée en quelques heures en coordination avec les forces de l’ordre, la préfecture, les pompiers et des représentants de la filière. 

Avec la volonté que cette dernière “dispose du même niveau d’information”, un livret rappelant les droits et les consignes de sécurité, disponible en plusieurs langues, doit être distribué aux saisonniers.

Quant aux employeurs, ils ont accès à un “référentiel sous la forme d’un auto-diagnostic”, qui contient des rappels de loi et un corpus de bonnes pratiques, par exemple la présence d’un traducteur par équipe et l’aménagement des pauses aux heures les plus chaudes. 

Vers plus de contrôles ?

Dans le cadre d’une convention signée avec les SDIS du territoire, les professionnels qui encadrent les vendanges seront formés aux gestes de premiers secours, tandis que la vigilance doit s'étendre aux acteurs de proximité, comme les maires, via une veille territoriale pour faire remonter les difficultés. Enfin, davantage de contrôles de la part des inspecteurs du travail ont été demandés. 

Concernant le recrutement des saisonniers, une plateforme gratuite, “VitiArgos”, a été lancée pour sécuriser les relations, notamment grâce à des engagements annexés, qui, “dès lors, deviennent juridiquement des obligations contractuelles”, explique David Chatillon, co-président du Comité.

Un tout nouveau syndicat

Une expérimentation est également en cours pour favoriser le recrutement de personnes au RSA et des partenariats avec France Travail et des écoles ont été mis en place. Actuellement, la moitié des saisonniers sont recrutés par les vignerons et maisons, l’autre moitié par les entreprises de prestations. 

Autre point non-négligeable : les prestataires de service ont été accompagnés pour se structurer en un syndicat. Une trentaine d’entre eux se sont ainsi fédérés au sein d’une section champagne de la Fédération nationale entrepreneurs des territoires (Fnedt). “Une excellente nouvelle puisque nous n'avions pas d’interlocuteurs”, se réjouit David Chatillon, également président de l’Union des Maisons de Champagne (UMC). 

S’il y avait trois mots à retenir, ce sont ceux que nous avons adressés aux vignerons et aux maisons : préparer, sécuriser et agir. La filière s'inscrit dans une démarche de progrès permanent.

David Chatillon, co-président du Comité Champagne.

Avec toutefois peu de concret sur l’hébergement. “Question abordée”, selon Maxime Toubart, qui explique que la stratégie est de “rénover et de construire”, avec un “déploiement dans les années qui viennent”. Sans plus de détails, donc, concernant l’hébergement des saisonniers en 2024.

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