TEMOIGNAGES - Votre première semaine de confinement : entre devoirs, boxe, yoga et zumba devant l'ordinateur

Garder un rythme de travail, faire un planning, c'est essentiel / © Nicolas Beck pour France Télévisions
Garder un rythme de travail, faire un planning, c'est essentiel / © Nicolas Beck pour France Télévisions

Depuis lundi 16 mars, à la demande du président de la République française, les Français sont confinés chez eux, seuls ou avec leurs enfants pour éviter la propagation du virus. Certains s’improvisent profs, d’autres coachs sportifs. Voici vos témoignages.

Par Valérie Odile

Voilà déjà une semaine que la population a été invitée à rester chez elle, en attendant la fin de la crise du coronavirus. Les écoles sont officiellement fermées depuis le lundi 16 mars 2020, mais les devoirs eux, sont toujours obligatoires. Ils sont transmis jours après sur les emails des parents ou sur des sites spécialisés comme "école directe".

Le planning est indispensable

Dans l’absolu, les enfants sont censés pouvoir faire leurs devoirs tout seuls… Mais la réalité est tout autre. Maman, tu peux m’imprimer les exercices? Papa, je ne comprends ces mots en allemand ? Tu peux vérifier si c’est juste ?

"Je jongle entre les cours en télétravail avec mes étudiants et les devoirs des enfants", explique Virginie, enseignante- chercheure en informatique, qui pour le coup a doublé sa charge de travail. Sans compter que le cadre de la maison, trop proche de la télé  ou des jouets de la chambre, n’est pas franchement propice à la révision.

Difficile d’expliquer aux enfants qu’il faut faire ses devoirs. Ils se sentent en vacances et ont du mal à se concentrer.
- Nicolas Beck, papa de deux filles

Idem chez Christelle à Bayon, maman d’un garçon de 8 ans et d’une collégienne de 12 ans. Alors pour, essayer de retrouver un rythme de travail, la plupart des parents n’hésitent pas à instaurer un planning quotidien. Chez Virginie, qui habite Nancy, on garde presque le même rythme: Ulysse collégien et Iris, au CM2 se lèvent tous les jours à 7h30, et se couchent à peine trente minutes plus tard à 21 heures. 
Chez Nicolas Beck, la journée commence par un cours de Yoga / © Nicolas Beck
Chez Nicolas Beck, la journée commence par un cours de Yoga / © Nicolas Beck


Boxe, yoga, zumba ou pétanque sur la terrasse ?

Après avoir joué les professeurs, la plupart des parents doit ensuite endosser le rôle de coach sportif.
Car il faut bien que les enfants se défoulent un peu.

Pour Christelle, qui habite à la campagne c’est facile. Lyne et Malo peuvent jouer dans leur grand jardin. S’il pleut, il reste le sac de boxe dans le garage.

Chez virginie, qui habite en ville, c’est un peu plus compliqué de sortir.  Les parcs de Nancy sont fermés, et pas question de circuler dans les rues de peur de prendre une amende par un policier zélé.

Les critiques contre les coureurs sont nombreuses sur internet, pourtant j’ai l’impression d’être plus prudente que ceux qui vont au tabac ou au magasin du coin.
-Virginie, maman de deux enfants

Du coup, il reste le badminton dans la cour, ou la zumba devant l’ordinateur…

A Gondreville, Virginie et Jérôme Virtz improvisent un réveil musculaire en pyjama dans leur salon tous les matins avant les devoirs. Dans l’après-midi, ils programment une pétanque sur la terrasse, histoire de prendre l’air.

Pour le moment cela se passe plutôt bien, on arrive à faire en sorte qu’ils se défoulent, on va voir si cela dure.
- Virginie Virtz

Nicolas Beck, lui, s’est transformé en prof de yoga, et cela a plutôt l’air de plaire à ses filles de 4 et 11 ans.


Confinement, des situations très différentes

Globalement, le confinement est plutôt mieux vécu par les familles  dont les parents sont au repos forcé. Pour Christelle, qui est en arrêt, c’est l’occasion de partager du temps avec ses enfants.

D’habitude je rentre tard, après 19 heures, fatiguée. Alors que là, même si les devoirs prennent beaucoup de temps, j’ai l’occasion de les intéresser à mes passions, de faire des jeux ou de la cuisine.
- Christelle, maman de 2 enfants

Christelle trouve même le temps de relancer Chris’alide, son projet professionnel de coach en développement personnel qui lui tient à cœur.
Désinfecter plusieurs fois par jour, quand on a peur d'être porteur sain. / © Alban, étudiant pour France Télévisions
Désinfecter plusieurs fois par jour, quand on a peur d'être porteur sain. / © Alban, étudiant pour France Télévisions


La quarantaine, c’est plus compliqué

A Metz, Alban, 26 ans, étudiant entrepreneur, profite de cette période de confinement pour se remettre sur son projet d’entreprise Argus. Dans sa chambre, où il est confiné pour avoir été en contact avec une personne infectée, il essaye de prendre du recul mais le quotidien n’est pas simple.

Le plus stressant pour moi, c’est de ne pas risquer de contaminer mes parents qui sont âgés de 65 et 70 ans, et avec qui je vis en appartement.
- Alban, étudiant entrepreneur, 26 ans.

Alban a dû changer ses habitudes. Il mange en décalé avec ses parents, lave lui-même sa vaisselle, mais surtout il nettoie toutes les clenches de portes, les surfaces touchées, la souris de l’ordinateur ou de téléphone dès qu’il rentre, et met du gel hydro alcoolique toutes les trente minutes sur les mains.

C’est compliqué au début, mais on finit par s’y habituer.
- Alban, étudiant entrepreneur, 26 ans.

Alban n’en a plus que pour 13 jours. Mais le confinement pour tous, lui risque de durer quelques semaines. Chacun va devoir réinventer sa vie.

 

Sur le même sujet

Les + Lus