Coronavirus : un maire alsacien perd son père du covid 19 et apprend la naissance de son petit-fils quelques jours après

Un génération arrive, une autre s'en va / © Famille Barbier
Un génération arrive, une autre s'en va / © Famille Barbier

Vie et mort au temps du coronavirus. Le maire de Muttersholtz, dans le Bas-Rhin, témoigne de deux événements majeurs survenus récemment dans sa vie d'homme : la mort de son père et la naissance de son premier petit-fils. 

 

Par Catherine Munsch

La mort d’un proche et l’arrivée d’un nouveau-né sont toujours des événements très forts dans la vie d’un homme.  En temps "normal ", ils sont déjà bouleversants, mais en cette période d’épidémie, ces moments sont encore plus éprouvants. Et personne n’est à l’abri. Le maire de Muttersholtz, Patrick Barbier, a accepté de témoigner : il a perdu son père du covid 19, et quelques jours plus tard, son premier petit-fils a vu le jour.

 

 

« J’ai perdu mon père du covid 19 et cinq jours plus tard, naissait mon premier petit-fils. » - Patrick Barbier, Maire de Muttersholtz (67)

 

Dire adieu à un proche à l'ère du coronavirus, un moment compliqué, un second deuil à faire. Lorsque le parent est hospitalisé, aller l’embrasser une dernière fois est de l'ordre de l'impossible. « Mon père n'était pas hospitalisé, il était dans un EHPAD, quand il s’en est allé » explique Patrick Barbier, le maire de Muttersholtz. « La direction avait pris très tôt des précautions pour protéger ses résidents. Les visites étaient déjà interdites, bien avant le confinement. Cela faisait donc déjà trois semaines que nous n’avions pas vu mon père et que lui ne nous avait pas vus. Nous avions gardé le lien par téléphone, grâce à des photos et des échanges par vidéos interposées. Mais ce n’est pas pareil. Alors quand nous avons appris qu’il était mal, nous avons demandé à pouvoir aller le voir, et avec toutes les précautions nécessaires, nous avons eu l’autorisation de lui parler une dernière fois.
Nous n’avons pas pu l’embrasser, mais à distance, avec toutes les protections imposées, nous avons pu le saluer. Je ne sais pas si mon père était conscient de notre présence, mais probabement quand même, par moments. Ça nous a apporté un peu de soulagement, pour lui et pour nous. Nous avons pu le voir et lui parler, lui dire toutes ces choses importantes à ce moment-là.
Bien sûr, il n’y a pas eu d’obsèques et son corps a été incinéré. Nous ferons une cérémonie en temps voulu, quand on pourra de nouveau se réunir et alors on pourra prévenir tout le monde, car mon père était connu dans le milieu de la viticulture notamment".

Quelques jours après cette épreuve, un autre événement survient, cette fois c'est une naissance.

La naissance d’un enfant dans une famille est aussi un événement, surtout quand il s’agit du premier d’une nouvelle génération. « Cinq jour après le départ de mon père, il y a eu la naissance de mon petit-fils, c’est énorme. Pas possible d’aller le voir lui, et ses heureux parent. Mais ils nous ont envoyé des photos et des vidéos. Il y a encore deux semaines, ils n’étaient même pas sûr que le papa puisse être présent à l’accouchement, mais finalement ça a tout de même été possible pour lui d’être auprès de sa femme.
Nous avons vraiment vécu le passage d’une génération à une autre. Mon père, Gérard Barbier, 91 ans, était le dernier représentant de sa génération. Emilien Barbier, né le 5 avril 2020 est le premier enfant de la nouvelle génération.
Et de conclure pour Patrick Barbier, comme on peut le lire dans son post facebook : « Ensemble, nous nous efforcerons de transmettre à Emilien les valeurs que Gérard portait en lui : bonté, bienveillance, ouverture, curiosité, convivialité, solidarité... »
 


 

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