Déconfinement en Alsace : attention aux tentations des parcs, jardins et lacs toujours interdits dans les zones rouges

Avec le déconfinement et le beau temps, évidemment c'est tentant. Se promener dans un parc ou mieux encore au bord d'un lac, nombreux dans le Haut-Rhin. Sauf que le Grand Est reste en zone rouge et que tout cela est encore interdit et verbalisable. Exemple au lac de Kruth.

L'accès au lac de Kruth est toujours interdit par arrêté préfectoral de même que tous les lacs du département, les parcs et les jardins
L'accès au lac de Kruth est toujours interdit par arrêté préfectoral de même que tous les lacs du département, les parcs et les jardins © Eric Kleinhoffer / France 3 Alsace
Avec ses 80 hectares, le lac de Kruth-Wildenstein est en réalité la plus grande retenue d'eau du versant alsacien du massif des Vosges. Aménagé dans les années 1960 pour régulariser le débit de la Thur, le lac est devenu un haut lieu de promenade pour les habitants du secteur, les Mulhousiens et même les Alsaciens.
 
Alors évidemment après deux mois et demi de confinement, les gens n'ont qu'une envie, prendre l'air, et si possible dans un environnement propice comme le lac de Kruth. Sauf que c'est interdit par arrêté préfectoral. Le Grand Est étant toujours dans le rouge, parcs, jardins, lacs et plans d'eau ne sont toujours pas accessibles sous peine d'une amende de 135 euros. Nous nous sommes rendus aux abords du lac en ce long week-end de l'Ascension, et de nombreux promeneurs n'avaient pas vu ou pas voulu voir l'interdiction. "Je suis surprise effectivement, nous explique cette randonneuse, je ne savais pas que c'était interdit, et je ne vois pas où est le problème mais bon la loi c'est la loi, je vais aller ailleurs dans la forêt, sur les sentiers", ajoute-t-elle un brin attristée.
 
Une bonne idée parce que les gendarmes veillent justement au respect de l'interdiction autour du lac. Pas franchement hostiles, ils ne verbalisent pas pour l'instant, font simplement un rappel à la loi comme nous explique ce promeneur. "Je suis complètement surpris de voir les gendarmes, c'est dommage, on n'a pas vu les panneaux, bon les gendarmes n'ont pas été trop méchants. On sait bien que le virus est encore là mais bon, se promener autour du lac de Kruth, voilà y a pas trop de monde, on va contaminer personne. Mais bon, on va chercher un autre spot."
 
Dur, dur de résister à l'appel verdoyant des abords du lac de Kruth
Dur, dur de résister à l'appel verdoyant des abords du lac de Kruth © Eric Kleinhoffer / France Télévisions

Un cycliste venu avec une connaissance en train depuis Mulhouse s'est interrogé sur la signification des abords du lac. "Je pensais que le bord de l'eau était interdit mais que ce chemin était autorisé. Je me suis posé la question. C'est une décision que je comprends mais je pense que ce qui est beaucoup plus dangereux, ce sont les transports en commun, les magasins, on est beaucoup plus en sécurité ici qu'en ville, j'ai vu des gens sans masque dans le train, ça c'est grave."
 

Pouvoir s'oxygéner

Claude Walgenwitz, le maire de Kruth, n'est pas en colère mais plutôt dans l'incompréhension. "Le décret du premier ministre précise que les abords du lac sont interdits mais la pénétration en forêt est autorisée. Alors nous avons écrit au préfet avec les maires de Wildenstein et de Fellering pour demander une dérogation, une clarification. Notre demande est simple, il s'agit d'autoriser les gens qui viennent marcher, s'oxygéner, à pouvoir le faire autour du lac puisque nous avons des cheminements nombreux, des sentiers. Ne pas accepter en revanche que les promeneurs aillent au bord de l'eau, picniquer, bronzer, NON à quelque chose de statique mais OUI à quelque chose de dynamique. A ce jour nous n'avons pas eu de réponse, le préfet doit être en train d'analyser la situation. C'est important aussi pour les Mulhousiens qui n'ont qu'une envie, c'est retrouver la nature, nous avons un site exceptionnel, je comprends que les habitants veuillent venir s'oxygéner ici, ces deux derniers mois ont été terriblement anxyogènes."

Le lac accueille habituellement 200.000 visiteurs par an et une cinquantaine de saisonniers y travaillent quand les activités sont ouvertes. Sur le parking du lac, une famille s'est installée pour déjeuner. Evidemment le cadre est beaucoup moins bucolique mais la maman relativise. "On aurait préféré manger au bord du lac c'est sûr,  mais bon on fait avec, tout le monde doit y mettre du sien", explique-t-elle dans un sourire.

D'autres ont tenté leur chance jusqu'au bord du lac comme ce trio d'amis venus à vélo et s'accordant une pause tout au bord de l'eau.  "On prend un petit apéro, c'est cool, ça fait du bien de pouvoir circuler à nouveau, ça nous avait manqué. Mais vous ne saviez pas que c'était interdit? Ah non, on faisait une promenade en vélo pour décompresser, on se sent trop bien, on retrouve nos vies d'avant, on va faire attention de ne pas se faire choper!"

 
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