Déconfinement: mesures sanitaires drastiques et épilations en masse chez les esthéticiennes

Masque, spatule à cire jetable, désinfection intégrale des cabines après chaque cliente, les esthéticiennes doivent respecter un protocole sanitaire très précis. / © Yoann Rodier
Masque, spatule à cire jetable, désinfection intégrale des cabines après chaque cliente, les esthéticiennes doivent respecter un protocole sanitaire très précis. / © Yoann Rodier

Depuis la fin du confinement le 11 mai 2020, les instituts de beauté sont pris d’assaut par les clientes désireuses de se faire épiler. Les esthéticiennes sont soumises à des règles d’hygiène très strictes pour éviter la propagation du Covid-19. 

Par Yoann Rodier

Comme les salons de coiffure, les instituts de beauté ne désemplissent pas depuis le lundi 11 mai 2020. Selon un sondage Opinion Way réalisé pour Bic, près de quatre Françaises sur dix ont boudé l’épilation pendant le confinement. Pour beaucoup d’entre elles, c'était donc une priorité de passer au plus vite chez l’esthéticienne, où le protocole sanitaire est dorénavant très rigoureux. 

Depuis quinze ans, Jessica Thuvenin tient un salon de beauté à Nancy. Après deux mois de fermeture, c'est avec plaisir et soulagement qu'elle a retrouvé ses clientes. 90% d'entre elles venaient pour se faire épiler.

Sur une journée, je passe entre deux et trois heures à nettoyer mon salon!
- Jessica Thuvenin, esthéticienne

A la fin de la semaine, l'esthéticienne était lessivée. "J’ai travaillé 10 heures par jour, pour pouvoir proposer davantage de créneaux à mes clientes, explique-t-elle. Je dois désinfecter intégralement ma cabine après chaque prestation, ce qui me prend au minimum un quart d’heure. Sur une journée, je passe entre deux et trois heures à nettoyer mon salon!"

Protocole sanitaire draconien

Quelques jours avant la fin du confinement, Jessica, comme l'ensemble des professionnels de l'esthétique, a reçu de la part de la Confédération nationale artisanale des institut de beauté (Cnaib) une fiche sanitaire à respecter scrupuleusement. 
Toutes les prestations sont autorisées, exceptées l'épilation du sillon interfessier et celle du nez (des zones qui pourraient présenter des résidus de coronavirus). L'utilisation d'appareils à vapeur pour les soins du visage est quant à elle proscrite, comme vous pouvez le voir dans ce tableau récapitulatif: 
Cette fiche envoyée à tous les instituts de beauté liste les soins autorisés et les conditions sanitaires dans lesquels ils doivent être réalisés. / © Confédération nationale artisanale des institut de beauté (Cnaib)
Cette fiche envoyée à tous les instituts de beauté liste les soins autorisés et les conditions sanitaires dans lesquels ils doivent être réalisés. / © Confédération nationale artisanale des institut de beauté (Cnaib)
Jessica doit porter un masque en permance. Tout comme ses clientes, sauf quand celles-ci demandent un soin du visage, qui implique une proximité importante et prolongée. "Dans ce cas-là, la cliente enlève son masque et je travaille avec une visière en plastique" explique l'esthéticienne, qui se lave et se désinfecte systématiquement les mains après chaque soin.

Matériel professionnel jetable

Pour ne pas avoir à multiplier les machines à 60 degrés, la Nancéienne a choisi d'utiliser des blouses et des linges jetables, qu'elle renouvelle après chaque passage en cabine. Pour étaler la cire, elle se sert désormais de spatules en bois, qu'elle met à la poubelle immédiatement, tout comme ses bandes épilation.

"Par anticipation, j'avais commandé tout un stock de produits professionnels jetables dès le milieu du mois d'avril. J'avais aussi pris des lingettes désinfectantes, du liquide virucide, des gants, des masques, du liquide hydroalcoolique. Je suis équipée!", détaille Jessica. 

Au total, l'esthéticienne a investi près de 1.000 euros pour pouvoir travailler en respectant les nouvelles règles sanitaires. Grâce à un dispositif mis en place ce lundi 18 mai pour les PME et les travailleurs indépendants, ces achats pourraient être remboursés à hauteur de 50% par l'Assurance Maladie.
Pour le moment, Jessica n'a pas augmenté ses tarifs pour compenser ces dépenses supplémentaires, comme cela s'est vu chez certains autres professionnels, mais elle n'hésitera pas le faire si son chiffre d'affaire n'est pas à la hauteur. 
 

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