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Les élèves de l'école de Momerstroff remportent le concours de la résistance et de la déportation

C'est la première fois que le concours départemental de la résistance et de la déportation est ouvert aux classes de CM2. Autrefois, seuls les collégiens pouvaient y participer. Les écoliers de Momerstroff ont remporté le premier prix, qu'ils recevront ce samedi 16 juin. 
Des écoliers de Momerstroff ont remporté le premier prix du concours départemental de la résistance et de la déportation.
Des écoliers de Momerstroff ont remporté le premier prix du concours départemental de la résistance et de la déportation. © Pierre Thillot. France 3 Lorraine
Qui a dit que la jeunesse ne s'intéresse plus au devoir de mémoire?

Certainement pas les habitants de Momerstroff. Les élèves de CE2-CM1-CM2 de l'école du village, viennent de remporter le premier prix du concours départemental de la résistance et de la déportation.

C'est la première fois que les CM2 peuvent participer au concours, autrefois réservé aux collégiens. 


Un mois pour faire revivre la mémoire


Les vingt-six écoliers ont participé pendant un mois à des reconstitutions, des interviews de témoins de la Seconde Guerre Mondiale mais également à des visites, pour au final créer un film. 

A travers ce "court-métrage/documentaire", les enfants ont souhaité parler des héros locaux, de la résistance dite passive et active.

Mieux encore, ils ont remis en lumière le camp du Ban Saint-Jean situé à quelques kilomètres de leur école. 

Lorsqu'on écoute ces enfants raconter l'histoire de leur village, on se rend compte qu'ils ne récitent pas une leçon bêtement apprise, mais bel et bien un récit de vie qui leur a été transmis.
 
A chaque question posée par Amandine Auburtin, directrice de l'école de Momerstroff, des doigts jaillissent pour répondre.

Ce n'est pas à travers les livres qu'on apprend l'Histoire, mais par le contact avec la population


Des témoins, ils en ont rencontré. Eux aussi étaient enfants lorsqu'ils ont vu ces soldats soviétiques en 1940/1941. Les russes étaient enfermés au camp du Ban Saint-Jean, qui servait à trier les prisonniers durant la Seconde Guerre Mondiale. "Le camp de la faim et de la fin", comme les habitants l'appelaient. 

L'Histoire se vit à travers les témoignages, mais également avec les objets. Ana, 11 ans, élève en CM2, a ramené des cadeaux qui appartenaient à son grand-père :  un porte-plume, et un casse-noisette en forme d'écureuil. " Ce sont des objets que les prisonniers du Ban Saint-Jean ont offert à mon grand-père pour le remercier. Il les a fait travailler à la ferme et les a nourri" dit-elle fièrement. 

Un petit casse-noisette en forme d'écureuil, créé par des prisonniers russe du camp du Ban Sant-Jean.
Un petit casse-noisette en forme d'écureuil, créé par des prisonniers russe du camp du Ban Sant-Jean. © Pierre Thillot. France 3 Lorraine


D'autres, ont préféré jouer un rôle. Titouan, élève en CM1, a fait l'acteur le temps d'un tournage : "J'ai joué le rôle d'un membre de la Gestapo. J'ai tellement bien joué que la maîtresse a eu peur !"

Grâce à ce film, les écoliers de Momerstroff ont remporté le premier prix du concours départemental de la résistance et de la déportation.

"Les gens que vous avez rencontré sont âgés. Vous êtes donc les derniers témoins de cette Histoire. Grâce à vous, ça va rester vivant", explique avec émotion Alain Cerf, qui a participé au film. Son père, juif, a refusé de porter l'étoile jaune et pris part aux combats en tant que résistant. 

Samedi 16 juin 2018, les élèves de Momerstroff recevront donc ce pour quoi ils se sont enthousiasmés : un prix qui vient récompenser leur devoir de mémoire. 
Le camp du Ban Saint-Jean
Situé à Denting, le camp du Ban Saint-Jean est connu pour avoir enfermé plus de 300 000 prisonniers soviétiques de 1941 à 1944. 

Les conditions sont effroyables. Les soldats arrivent dans des wagons à bestiaux. Il ne s'agit pas d'un camp d'extermination, mais d'un camp de triage.

Les prisonniers les plus faibles travaillent pour les paysans du coin.

L'endroit porte le triste nom de "Camp de la fin et de la faim". En effet, le manque de nourriture provoquera de nombreuses morts. Les maladies auront également raisons de la vie des prisonniers. 

En 1945, des experts viendront enquêter sur le Ban Saint-Jean. Plus de 20 000 prisonniers y ont perdus la vie. 
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