Le réseau de camps annexes du Struthof photographié par des étudiants français et allemands

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Écrit par Stéphane Gaudry
le bunker qui coiffe l'entrée du tunnel, dernier vestige du camp de travail d'urbès
le bunker qui coiffe l'entrée du tunnel, dernier vestige du camp de travail d'urbès © S. Gaudry

De 1942 à 1945, le Struthof a administré un réseau d'une cinquantaine de camps annexes, dont il ne reste bien souvent aucune trace sur site aujourd'hui. Des étudiants français et allemands vont photographier ces sites pour en perpétuer la mémoire.

Les étudiants n’ont pour tout matériau qu’une entrée de tunnel coiffée d’un énorme bunker et un aqueduc qui n’a jamais été relié à la voie ferrée qu’il devait supporter. Difficile de suggérer à partir de ça les souffrances des 2.000 prisonniers amenés ici par les nazis pour y assembler des moteurs d’avions. Le froid, le manque de nourriture, la violence, les conditions de travail dans un tunnel enfumé de tout cela il ne reste que des récits, rien à photographier.

Photographier le camp de travail d'Urbès, un défi pour la mémoire


C’est pourtant le défi auquel sont confrontés les étudiants en arts appliqués du lycée ORT de Strasbourg. Comme leurs camarades allemands et mosellans, du lycée Julie Daubié de Rombas, ils vont tout au long de l’automne, visiter le réseau de camps annexes du Struthof dans la région, pour les photographier et en perpétuer la mémoire. Un réseau qui compte plus d'une cinquantaine de sites, répartis entre le Bade-Wurtemberg, la Rhénanie-Palatinat, la Hesse, l'Alsace et la Moselle.



Le but de ce projet est à la fois de documenter ce réseau de camps annexes, à travers une exposition itinérante et un livret pédagogique (début 2018), mais aussi, grâce à ce travail transfrontalier, de faire émerger une mémoire commune chez les jeunes Français et les jeunes Allemands.

 

Urbès : un camp de travail éphémère sous la montagne
A partir de 1943, sous la pression des bombardements alliés, les nazis cherchent des sites sous terrains pour installer leurs usines d’armement. C’est ainsi que le chantier abandonné du tunnnel sous les vosges entre urbès et Saint Maurice est réquisitionné.

Pendant plusieurs mois, des centaines de déportés russes, polonais, allemands français et luxembourgeois, entassés dans des baraquements à la sortie du village, sur le site de l’actuel camping, aménagent le site, dans l’humidité et la fumée des moteurs, par tranches de travail de 12 heures. Les prisonniers trop faibles pour travailler étaient renvoyés pour mourir au Struthof.

A la mi-août 1944, les installations sont opérationnelles, et 464 déportés juifs affectés à Daimler-Benz arrivent pour fabriquer des pièces destinées aux moteurs des Messerschmitt de l’aviation du Reich. Une production de courte durée, puisqu’à la mi-octobre, face à l’avancée des alliés, l’usine est démantelée. Et le seul chargement de pièces issu de ce camp ne quittera pas la vallée, puisque son train déraille à Thann.

Pour plus de détails sur l'histoire de ce camp annexe, lisez le travail des élèves du Lycée Sheurer Kestner et découvrez ici en photos l'interieur du tunnel aujourd'hui innaccessible au public.

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

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