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Fermeture de Fessenheim : les positions des candidats à la présidentielle

Le dossier de la centrale nucléaire de Fessenheim est loin d'être clos. Son sort pourrait être étroitement lié au prochain président de la République. Certains prétendants à l’Elysée sont pour sa fermeture, d’autres contre. Voici les positions des 11 candidats.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de « Debout la France » est favorable à la fermeture des centrales vieillissantes comme celle de Fessenheim.

Pour remédier au problème de sécurité des centrales, il propose que l’électricité nucléaire soit « gérée par des entreprises publiques » afin de ne pas subir d’éventuelles pressions de rentabilité. Il promet de renationaliser EDF et de la fusionner avec GDF.


Benoît Hamon

Le 17 mars dernier, chez nos confrères de RTL, le candidat du PS - rallié dans cette campagne par les écologistes de Yannick Jadot -, a promis d’engager la transition énergétique en fermant « toutes les centrales qui arrivent en fin de vie », soit plus d’une dizaine d’établissements dont Fessenheim.

« Je le ferai parce que ça coûte très cher de prolonger leur espérance de vie » : il estime ce coût à 60 milliards d’euros. Il préconise que les employés concernés par ces fermetures s’impliquent dans les métiers de démantèlement du secteur.

Benoît Hamon mise sur la transition écologique comme l’un des ingrédients de la relance économique.


Emmanuel Macron

« Le processus » de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, amorcé par EDF, doit être « mené à son terme » pour le candidat du mouvement En Marche.

Emmanuel Macron entend maintenir la trajectoire définie par la loi de transition énergétique, en y intégrant une part croissante d’énergies renouvelables, tout en voulant s’assurer que le nucléaire reste une filière d’excellence française.

Jean-Luc Mélenchon

Sa position est catégorique : le porte-voix de « La France Insoumise » préconise une sortie du nucléaire et de « fermer immédiatement Fessenheim » en garantissant l’emploi des salariés et leur formation pour en faire un site pilote du démantèlement nucléaire.


Il souhaite 100 % d'énergies renouvelables pour l'électricité en 2050. 

Philippe Poutou

Il le clame sur sa page Facebook : « Fessenheim : la fermeture s’impose ! »

Garder la centrale haut-rhinoise en activité est selon le candidat du NPA un danger inconsidéré : « Bâtie dans une zone sismique, 9 mètres plus bas que le grand canal d’Alsace et près d’une des plus grandes nappes phréatiques d’Europe, cette centrale symbolise le risque grandissant de catastrophe nucléaire majeure. »

Philippe Poutou est totalement opposé au nucléaire et l’exprime régulièrement lors de manifestations de militants écologistes.
Il envisage une reconversion des emplois vers les énergies renouvelables.

Jacques Cheminade

En 2012, il estimait que la centrale de Fessenheim pouvait fonctionner « encore 60 ans ». Une position qui n’a pas changé depuis. Jacques Cheminade refuse une fermeture « prématurée » de Fessenheim.


Pour défendre sa position, il se retranche derrière l’ASN (Autorité de la Sûreté Nucléaire), arguant qu’ "aucune raison sérieuse n’existe  pour s‘opposer à la prolongation de la durée de vie d’une centrale comme Fessenheim, dont le dispositif central a été entièrement mis à niveau et renouvelé".

François Fillon

La fermeture de Fessenheim n’est pas au programme du candidat LR : « tant que [la centrale de Fessenheim] est autorisée à fonctionner, c’est un investissement du peuple français ».

Il promet un taux de 75% de part du nucléaire dans l’électricité française d'ici à 2022 s'il est élu président et souhaite qu’EDF investisse davantage dans de plus petites centrales


Marine Le Pen

Alors qu’elle avait mené une campagne anti-nucléaire en 2012. Marine Le Pen refuse désormais la fermeture de la centrale.


Elle est pour le maintien, la modernisation et la sécurisation de la filière nucléaire française. Son projet : un grand « carénage » des centrales pour prolonger leur durée de vie.

Elle prône en parallèle un développement de la filière française de l’hydrogène pour réduire la dépendance nationale au pétrole et propose un développement massif de la filière des énergies renouvelables (solaire, biogaz, bois…)



Nathalie Arthaud

Le parti Lutte Ouvrière dont Nathalie Arthaud porte à nouveau les couleurs dans cette campagne est sensible au sort des 2.200 salariés de la centrale si celle-ci venait à fermer.

Difficile donc de prôner ouvertement une mise à l’arrêt de Fessenheim. Pour autant, les sympathisants de LO entendent les inquiétudes « sanitaires » de certains employés et riverains de la centrale.

Ainsi Nathalie Arthaud préconise d’« assurer la sécurité du nucléaire en remettant en cause l’organisation capitaliste qui incite à la mettre en danger ».

François Asselineau

Pour François Asselineau, la question de l’énergie nucléaire n’est pas une priorité de cette campagne, ainsi qu’on peut le lire sur son site de campagne : « L’UPR n’a pris position ni pour le maintien de l’électricité nucléaire en France ni pour sa suppression à terme ».

François Asselineau ne s’exprime donc ni pour ni contre la mise à l’arrêt de Fessenheim.

Au cas où il serait élu, il annonce la tenue d’un débat public sur la quesiton, éclairé par les enseignements d’experts scientifiques.


Jean Lassalle

Pas de prise de position spécifique dans le programme de Jean Lassalle concernant la centrale de Fessenheim mais cette déclaration : « Le nucléaire a été longtemps présenté comme une alternative, mais après l’accident de Fukushima, et alors que l’ensemble nucléaire français vieillit, nous devons reposer la question. »

Comme François Asselineau, le député des Pyrénées-Atlantiques s’en remet au choix des Français : s’il est élu, il laissera le peuple débattre et choisir les énergies de demain.

Comparatif des programmes des candidats par thèmes / Source : fondation IFRAP (Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).
Part du nucléaire : Où en est-on aujourd’hui ?
La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée le 18 août 2015 prévoit de porter la part des énergies renouvelables à 23% de la consommation finale brute d'énergie en 2020 et à 32% de la consommation finale brute d'énergie en 2030, et de porter la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% à l'horizon 2025.
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