Haut-Rhin : mis en examen pour assassinat, le père qui a tué sa fille parle d'un "coup de folie"

Le viticulteur de 48 ans qui a avoué lundi 6 janvier avoir tué sa fille de 7 ans à Ingersheim après l'avoir cherchée à l'école a été mis en examen pour assassinat mercredi 8 janvier. Des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

La maison où s'est déroulée le drame rue Curie à Ingersheim
La maison où s'est déroulée le drame rue Curie à Ingersheim © L. Schaeffer/France 3 Alsace
Lundi 6 janvier, un viticulteur âgé de 48 ans s'est rendu à la gendarmerie d'Ingersheim pour s'accuser du meurtre de sa fille de 7 ans, retrouvée sans vie à Ingersheim au domicile du père. Cet homme, séparée de sa femme depuis plusieurs mois et en instance de divorce, a été placé le même jour en garde à vue pour "meurtre sur mineur de moins de 15 ans".

Son épouse très choquée a été prise en charge par les pompiers. Une cellule psychologique a été mise en place mardi dans l'école du village qui ne se trouve qu'à quelques dizaines de mètres de la maison.
 

"Une famille sans histoires"

Personne dans le quartier ne pouvait s'imaginer qu'un tel drame puisse se produire. "On était tous sous le choc. Pour nous c'est une famille sans histoires. Le papa c'est quelqu'un de très discret, qui avait l'air de bien s'entendre avec sa fille. On le voit passer tous les jours conduire sa petite fille à l'école, lui porter le cartable... Donc en quelque sorte un papa modèle", constatait mercredi une voisine.


Pas d'altération du discernement

"Dès la révélation des faits, j'ai dépêché sur les lieux un magistrat du parquet et un médecin légiste", indique Catherine Sorita-Minard, la procureure de Colmar. "J'ai saisi la brigade des recherches de la gendarmerie nationale pour procédér aux investigations qui consistent en des auditions des proches, de l'environnement ainsi que des investigations techniques sur la scène de crime et en matière de téléphonie".

Un examen psychiatrique a également été ordonné par la procureure de Colmar. "Les premiers éléments montrent que l'intéressé est soumis à un syndrome dépressif mais qu'il n'y aurait pas altération de son discernement et qu'il aurait conscience de la gravité des faits commis. Des investigations supplémentaires seront faites sur ce plan."  Il "n'explique pas vraiment son geste" mais parle d'un "coup de folie".

Ce drame est manifestement "en lien avec les tensions qui existent au sein du couple", séparé et en instance de divorce, a expliqué Mme Sorita-Minard. Selon elle, il est possible que le père ait cherché "à atteindre sa future ex-femme à travers l'enfant" en lui retirant "ce qu'elle a de plus cher".


Une plainte pour violence classée sans suite

Le suspect n'aurait pas d'antécédent judiciaire, mais son épouse avait déposé plainte au mois d'octobre 2019 pour violence, une plainte classée sans suite en décembre, précise la procureure. L'homme, entendu à plusieurs reprises par les gendarmes ces derniers jours, a été déféré mercredi en fin d'après-midi au parquet de Colmar.

Mis en examen pour "meurtre sur mineur de 15 ans descendant en ligne directe" et "avec préméditation", des faits passibles de la réclusion criminelle à perpétuité, Il a été placé en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. L'autopsie de la jeune victime sera réalisée jeudi 9 janvier afin de déterminer les causes de la mort. Selon les premiers éléments, il s'agirait de "strangulation" et de noyade.
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