Affaire Sophie Le Tan : la requête pour écarter les preuves contre Jean-Marc Reiser mise en délibéré au 17 octobre

Sophie Le Tan, portée disparue depuis le 7 septembre 2018 et Jean-Marc Reiser, principal suspect, mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration. / © DR
Sophie Le Tan, portée disparue depuis le 7 septembre 2018 et Jean-Marc Reiser, principal suspect, mis en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration. / © DR

La chambre d'instruction de la cour d'appel de Colmar examinait ce jeudi la requête en nullité déposée par les avocats de Jean-Marc Reiser, principal suspect dans l'enquête sur la disparition de Sophie Le Tan. La décision a été mise en délibéré au 17 octobre 2019.

Par Claire Peyrot

Les preuves qui accusent Jean-Marc Reiser dans l'affaire Sophie Le Tan seront-elles retirées du dossier ? Réponse le 17 octobre, date à laquelle la chambre d'instruction de la cour d'appel de Colmar rendra son délibéré.

Ce jeudi, après l'audition des deux parties, l'avocat général a réclamé le rejet de la requête des avocats du principal suspect. Selon eux, la scie, le couvercle de lave-linge, le morceau de lino qui ont été retrouvés au domicile de Jean-Marc Reiser, et sur lesquels l'ADN de la jeune étudiante a été identifié, n'auraient pas dû être saisis.


Du sang de Sophie Le Tan retrouvé sur une scie

Depuis le 7 septembre 2018, date depuis laquelle personne n'a revu de Sophie Le Tan, Jean-Marc Reiser nie toute implication dans la disparition de la jeune femme de 20 ans. C'est pourtant chez lui dans son appartement à Schiltigheim que l'étudiante s'est rendue ce vendredi matin-là, répondant à une petite annonce pour visiter un logement.

Et c'est à ce domicile qu'ont été découvertes des preuves de son implication lors de l'enquête, notamment une scie sur laquelle le sang de Sophie Le Tan a été identifié. A ce moment-là, les indices sont tellement parlants que Gérard Welzer, l'avocat de la famille de la victime déclare : "Ce que je peux vous dire, c'est que ce soir (ndlr : le 28 mars 2019) avec les éléments qu'il y a dans le dossier, si monsieur Reiser passait aux assises, il serait déjà condamné."


Des irrégularités dans la procédure ?

Mais six mois après leur mise au jour, ces éléments pourraient être inutilisables par la justice. Selon Pierre Giuriato, l'un des deux avocats de Jean-Marc Reiser, l'expert judiciaire nommé par le juge d'instruction avait pour mission de faire des prélèvements dans l'appartement et la cave de leur client, mais pas de saisir les objets.

Toujours selon eux, Jean-Marc Reiser ou une personne le représentant, aurait dû être présente à ce moment-là. Ils ont donc demandé la requalification de l'opération en "perquisition et saisie".


Ce qu'il restera dans le dossier si ces preuves sont écartées

Ce jeudi, lors de l'audience, l'avocat général a demandé le rejet de la requête. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Colmar  rendra son délibéré le 17 octobre.

Si la requête est retenue, autrement dit si ces preuves à charge contre Jean-Marc Reiser sont considérées comme nulles, il resterait néanmoins plusieurs éléments dans le dossier. D'abord les traces de sang retrouvées dans l'appartement, notamment la salle de bains. Mais aussi les mensonges du suspect : il a d'abord nié connaître Sophie Le Tan, avant d'expliquer qu'il avait soigné la jeune femme quand il a été questionné sur la présence de sang de la victime chez lui.

Jean-Marc Reiser sera auditionné une nouvelle fois vendredi 4 octobre par la juge Eliette Roux, qui instruit l'affaire depuis septembre 2018. Ce sera son troisième entretien avec la magistrate depuis sa mise en examen pour assassinat, enlèvement et séquestration.

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