Amputés du tibia, ils atteignent le sommet du Mont Blanc le 14 juillet

Le Colmarien Samuel Ferber et le Belfortain Luc Méheux ont franchi le sommet du Mont Blanc le 14 juillet 2020 après trois jours d'ascension. Un réel challenge pour ces deux sportifs amputés du tibia. 

Samuel et Luc, amputés du tibia, sont parvenus à atteindre le sommet du Mont Blanc le 14 juillet.
Samuel et Luc, amputés du tibia, sont parvenus à atteindre le sommet du Mont Blanc le 14 juillet. © Anthony Schubnel
Samuel Ferber et Luc Méheux, tous deux amputés du tibia, ont atteint les 4.810 mètres du Mont Blanc (Haute-Savoie) le 14 juillet 2020. Une expérience sportive mais aussi humaine qu'ils préparaient depuis près de huit mois avec l'Alsacien Benjamin Tomé, amputé de la jambe, qui a dû se désister pour cause de blessure à l'entraînement. 

La société haut-rhinoise Welter, qui a confectionné les prothèses des trois aventuriers, est à l'origine de ce défi. Depuis le début des entraînements, le Colmarien Samuel Ferber et le Belfortain Luc Méheux ont été accompagnés par une équipe de prothésistes qui ont veillé au maintien de leurs prothèses. La vidéo ci-dessous montre leur arrivée au sommet :
 

"J'ai réussi à le faire, c'est une satisfaction"

Sans la proposition de Welter, l'Alsacien, qui porte sa prothèse depuis quatre ans, n'aurait jamais tenté l'expérience. "J'aime bien me promener dans les Vosges, dans la montage, mais je n'aurais jamais pensé faire ça. J'ai réussi à le faire, c'est une satisfaction", s'étonne-t-il encore. Luc Méheux, qui a eu un accident il y a six ans, n'a pas hésité très longtemps avant de se lancer dans le défi. "On a l'impression que le sommet se refuse toujours à nous", lance Luc Méheux. Si le début de l'ascension est passé "comme une lettre à la poste", la dernière étape a été la plus difficile, physiquement et mentalement. 

De la roche à la neige

Les deux sportifs ont commencé par une "partie facile dans les cailloux" jusqu'au premier refuge de la Tête Rousse. Ce premier temps leur a permis de faire connaissance avec les guides qui les a accompagnés. "L'ascension finale a débuté à quatre heures du matin dans les roches et les cailloux, c'est un moment magique parce qu'on part de nuit et il y a des sensations différentes de la pleine journée", raconte Luc Méheux. La difficulté s'est fait ressentir une fois sur la neige et à très haute altitude, "j'ai subi mon mur physique. J'ai eu du mal à trouver mon rythme de progression, il a fallu se battre dans la tête. Sur la fin j'ai trouvé une synchronisation entre la respiration et le rythme." Côté pratique, le duo (voir la photo ci-dessous) n'a pas eu de souci avec les prothèses qu'il porte tous les jours. L'avancée a été facilitée par l'absence de douleur. Pour la descente, Luc Méheux a tout de même "subi des variations de volume de mon moignon" et a dû compenser la perte de volume avec des bonnets au bout de la jambe.
 
Samuel et Luc ont relevé le défi sportif.
Samuel et Luc ont relevé le défi sportif. © Anthony Schubnel

Huit mois d'entraînement

Ce défi a nécessité des mois d'entraînement, avec des randonnées, des dénivelés et des efforts dans la neige. Le trio (avec Benjamin Tomé) s'est notamment entraîné sur des petits sommets avant le départ. Et il faut faire preuve d'endurance pour affronter le rythme de l'ascension, qui comprend trois jours d'efforts. "Je suis capable de m'entraîner une journée complète mais je me repose quatre jours d'affilée et là je n'ai pas eu le temps de me reposer", déclare Benjamin Tomé, qui n'a pas pu participer au défi. "C'était l'un des plus motivés. On lui a écrit quand on a eu du réseau, il était content pour nous", lance Samuel Ferber au sujet de son compagnon de route. "C'est dur mais c'est une expérience formidable", poursuit Benjamin Tomé, qui prévoit de s'entraîner durant tout l'hiver pour tenter l'ascension du Mont Blanc.


 
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