Haut-Rhin : Colmar va éteindre (presque) toutes ses lumières la nuit pendant quelques heures

La diminution de l'éclairage public nocturne sera étendue à de nouveaux quartiers de Colmar dès la fin avril 2021. Et d'ici fin juin, l'ensemble des quartiers urbains classés en zone 30 sera concerné, à l'exception du centre historique.

La rue des Clefs à Colmar en 2019
La rue des Clefs à Colmar en 2019 © Thierry Gachon / MaxPPP

Cela fait plusieurs années que la ville de Colmar a commencé à éteindre l'éclairage public de certains quartiers durant les heures creuses de la nuit. Histoire de faire des économies, financières et énergétiques, mais aussi de lutter contre les méfaits de la lumière sur l'environnement nocturne. Suite à un sondage réalisé en décembre dernier, il a été décidé d'étendre cette mesure à l'ensemble des quartiers urbains.

Depuis 2017, le quartier colmarien Sainte-Marie, et depuis 2019 les quartiers Saint-Joseph/Mittelharth, Sud, Saint-Antoine/Ladhof et Saint-Léon se retrouvent dans le noir entre minuit (une heure du matin le week-end) et 4 heure 45. Pour la zone industrielle, c'est même le cas depuis 2015. 

66% des sondés favorables à cette mesure

Après cette longue période destinée à servir de test, un sondage a été réalisé en décembre dernier auprès des habitants concernés. Sur les 877 réponses recueillies, 66% étaient favorables à cette diminution de l'éclairage nocturne. Raison pour laquelle la municipalité a décidé d'étendre le processus à l'ensemble de la ville entre fin avril et fin juin, et vient de le faire savoir dans un communiqué.

Tous les quartiers restants seront concernés, à l'exception du cœur de la ville, car la consultation prévue avec la population, les commerçants et les restaurateurs n'a pas encore pu avoir lieu à cause de la crise sanitaire. Par ailleurs, comme dans les quartiers précédents, l'extinction des lampadaires ne se fera que sur les voies résidentielles classées en zone 30. "Pour des questions de sécurité liées au trafic ou à la vitesse autorisée, les voies principales ou secondaires" ne sont pas concernées, précise le communiqué.  

Pour la ville de Colmar, l'objectif annoncé est pluriel : une économie d'énergie (3.855 luminaires éteints durant 4 heures 45 chaque nuit devraient permettre un gain annuel de 668.000 kWh), et une économie financière (environ 80.000 euros par an). Mais rendre la nuit à son obscurité naturelle, même en milieu urbain, aura un bénéfice indéniable pour "les rythmes biologiques des organismes vivants (pollinisateurs nocturnes…) et des écosystèmes" précise encore le communiqué.

Le maire de Colmar, Eric Straumann, a également donné l'information sur sa page Facebook.

Une publication qui a suscité très peu de réactions, et la plupart abondant dans le même sens, comme celles-ci : "Il faudrait aussi éteindre les vitrines qui polluent" ou "réduire une partie de l'éclairage aveuglant (on voit comme en plein jour) cathédrale, maison Pfister qui ne sert à rien à 3h du matin permettrait également de réduire l'impact de la pollution lumineuse sur l'environnement et de réduire les coûts." D'autres habitants en ont profité pour ajouter des suggestions complémentaires : "Si on pouvait allumer les lumières des pistes cyclables au contraire ce serait bien. La piste cyclable du Camille See est noire à 17h l’hiver. On est ébloui par les voitures venant en face", ou encore "Envisagez-vous une mise en place d'un éclairage led dans le futur, qui s'allume sur le passage des personnes ?"

Cette initiative de réduire l'éclairage nocturne, déjà prise par d'autres communes alsaciennes de moindre envergure, est par ailleurs préconisée depuis de nombreuses années par l'Ademe (agence de la transition écologique) qui, dès 2014, publiait un Guide pour les collectivités sur la lutte contre la pollution lumineuse , dans lequel elle indique que "la nuit est un patrimoine en danger." 

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