Haut-Rhin : pour empêcher une marée humaine le président des fermes-auberges demande au préfet plus de répression

Avec la levée de la limite des déplacements à 10 km, ce lundi 3 mai, l'association des fermes-auberges du Haut-Rhin craint de revivre les débordements de l'année dernière constatés sur le massif. Son président, Serge Sifferlen, demande au préfet d'envisager plus de répression en début de saison.

La route des crêtes du massif vosgien est une balade très prisée par les motards en période estivale.
La route des crêtes du massif vosgien est une balade très prisée par les motards en période estivale. © Thierry Gachon, Maxppp

Le président de l'association des fermes-auberges du Haut-Rhin, Serge Sifferlen, a profité de sa rencontre avec le préfet Louis Augier pour évoquer les problèmes liés au déconfinement. Avec la levée de la règle de la limite des 10 kilomètres, ce lundi 3 mai, le massif vosgien va redevenir un lieu prisé par tous ceux qui veulent se ressourcer après un long hiver et son cortège de restrictions sanitaires. "Lors de ma  rencontre avec le préfet j'ai mis l'accent sur le déconfinement pour éviter la polémique comme quoi le massif est envahi en période estivale, il est normal que les gens profitent de ce moment pour s'aérer la tête et l'esprit", précise Serge Sifferlen.

Contrer les incivilités

Pour éviter les débordements constatés l'année dernière, lors du premier déconfinement, le président de l'association veut prendre les devants: "Au printemps 2020, on a eu l'impression d'avoir été abandonné par les pouvoirs publics. Résultat, les gens se sont lâchés, notamment les motards sur leur façon de conduire. La montagne doit pouvoir accueillir tout le monde mais dans un certain respect". Il a donc demandé au préfet de mettre la pression sur les visiteurs pour contrer les incivilités dès les premiers week-ends du mois de mai. "Il faut plus de répression dès le début de saison, notamment pour les excès de vitesse et renforcer la présence des forces de l'ordre en attendant la mise en place de radars sonores". Des incivilités qui restent le fait d'une minorité, selon Serge Sifferlen, "mais qui font subir aux autres leur manque de respect aux règles".

 

 Le radar sonore, surnommé Méduse, est utilisé pour lutter contre les véhicules ne respectant pas les normes en matière d’émissions sonores. La collectivité européenne d'Alsace va en installer sur la route des crêtes cet été.
Le radar sonore, surnommé Méduse, est utilisé pour lutter contre les véhicules ne respectant pas les normes en matière d’émissions sonores. La collectivité européenne d'Alsace va en installer sur la route des crêtes cet été. © Arnaud Journois, Maxppp

Pour un libre accès à la montagne

Pour autant, Serge Sifferlen, n'est pas partisan du tout répressif et se dit opposé à la stigmatisation d'une certaine catégorie de visiteurs: "La route des crêtes, pour certains, devrait être plus réglementée, comme l'interdiction d'accès aux motards le week-end, nous, fermes-aubergistes, ne voulons pas arriver à ces solutions extrêmes". Pouvoir accueillir tous les visiteurs sans plus de réglementation, dans le respect des règles de la montagne, voilà donc le défi auquel doit faire face le réseau des fermes-auberges. "L'économie de montagne est vital pour nous, il faut préserver son équilibre", explique Serge Sifferlen qui dit ne pas vouloir décourager les visiteurs par de nouvelles interdictions. 

Réouverture le 19 mai

La saison se résume à une trentaine de jours cumulés dans l'année pour les fermes-aubergistes. Il est donc important de ne pas louper ce rendez-vous avec la clientèle. "Nous sommes des saisonniers", souligne Serge Sifferlen. Les clients pourront de nouveau goûter au fameux menu marcaire des fermes-auberges mais seulement en terrasse, à partir du 19 mai.

Pour la quiétude et la sécurité dans le massif

De son côté, l'association SOS Massif des Vosges a adressé un communiqué aux préfets des sept départements du massif des Vosges, ce lundi 3 mai. Dans ce communiqué, publié sur son site internet et posté sur sa page facebook (voir ci-dessous) le collectif se fait le relais "de la très grande exaspération des habitants et des usagers du massif".

 

L'association demande aux préfets que soit "mis en oeuvre dans l’urgence tous les moyens jugés nécessaires, notamment contrôles de vitesse et de bruit" et dit vouloir pousser encore la réflexion, afin d’aboutir à un ensemble cohérent de mesures réellement efficaces, à la hauteur de l’enjeu.

 

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