Des centaines de randonneurs mobilisés pour retrouver l'accès à un sentier forestier, "la nature est à tout le monde"

Plus de 500 personnes ont participé ce dimanche 11 février à une marche de protestation pour dénoncer l'interdiction d'accès à un sentier forestier à Rimbach-près-Masevaux (Haut-Rhin). Le nouveau propriétaire a fermé le passage légalement, mais contrairement à ce qui se pratique sur place.

Vestes colorées, mais mines sombres. Ils sont près de 550 en début d'après-midi, ce dimanche 11 février, au rendez-vous fixé par l'association Thur-Ecologie-Transport. Une mobilisation d'envergure, qui n'a qu'un seul objectif : demander la réouverture de l'accès au sentier, fermé depuis le début de l'année.

Le nœud du problème, motif de leur colère : la vente de 64 hectares de forêt au groupement foncier forestier du Wustkopf fin 2023, et surtout ses conséquences. Située dans la vallée de la Doller, cette propriété est traversée par des sentiers balisés du Club vosgien. Une marche très appréciée dans le secteur.

Quelques semaines après l'acquisition, le nouveau propriétaire a prévenu que tout passage était désormais interdit. S'appuyant sur la loi du 2 février 2023, il est en cela tout à fait dans son droit. Mais pas du tout dans les usages.

Car sur place, selon le Club vosgien, 75 % de la forêt est privée. Et jusqu'à présent, le passage des marcheurs, ne dérangeant personne, a toujours été toléré. Un membre de l'association Thur, Ecologie et Transports explique au haut-parleur : "Jamais personne n'aurait jamais imaginé d'interdire une saine pérégrination dominicale. Sauf que le secteur du business, ça ose tout. Ce qui intéresse Wurstkopf, ce n'est pas de faire des affaires en prélevant sur des forêts d'épicéas scolytés, mais de louer des parties de chasse à des tarifs farfelus pour richissimes."

Le cortège se met en branle. Il est constitué d'habitués de tout âge. Des marcheurs des environs, des amoureux du coin. Ils connaissent bien le sentier dorénavant interdit, et ils ne l'emprunteront pas ce dimanche. Pour accéder au refuge du Neuweiher, ils s'engagent sur un chemin de débardage parallèle. 

"Ici, c'est ma balade préférée" explique un des marcheurs. "Cinq ou six fois par an, je passe par ce chemin, on va camper dans les Vosges, on va manger à la ferme-auberge de Neuweiher. Et je pense que si ce chemin ferme, la ferme-auberge risque de fermer aussi."

Deux chemins permettent l'accès aux deux lacs et mènent au refuge du Neuweiher. Pour un des manifestants, ils font même partie de la carte postale de la vallée. "Beaucoup de touristes étrangers viennent parce qu'ils ont vu le circuit du Neuweiher. Nous sommes là pour le principe, c'est intolérable. Nous, ce qu'on veut, c'est vraiment libérer les accès à l'espace naturel et à la montagne."

Selon le maire de la commune d'Oberbruck, le village voisin, la même situation existerait pour la commune de Sewen. Jacques Behra se dit totalement opposé à la fermeture des sentiers par les nouveaux propriétaires. "Moi, je suis né dans cette vallée et je n'ai jamais vu ça. La nature et la montagne sont à tout le monde. Même si le bois et la chasse lui appartiennent, la montagne ne lui appartient pas, la nature est à tout le monde."

Une nouvelle journée de mobilisation est prévue samedi 17 février, à partir de 9 heures à Rimbach-près-Masevaux. A l'initiative du Club Vosgien, la journée débutera par une marche au départ d'Ermensbach/Steinweg (sentier disque bleu) avant un rassemblement à 11h sur le parking de la commune d'Ermensbach.

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