La sécheresse menace l'activité des horticulteurs, qui craignent de perdre des clients

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Écrit par Michael Martin .

Les restrictions d'eau liées à la sécheresse inquiètent les horticulteurs alsaciens. Ils craignent que les particuliers et surtout les communes, leurs plus importants clients, réduisent leurs achats de fleurs pour l'année prochaine, s'ils ne sont pas sûrs de pouvoir les arroser correctement.

Avec la sécheresse, les clients vont-ils bouder les horticulteurs et pépiniéristes ? Les différents arrêtés préfectoraux interdisent l'arrosage des fleurs et les jardiniers amateurs ont mal au coeur à l'idée de voir leurs massifs sécher. "On achète déjà un peu moins de plantes qui demandent beaucoup d'eau. Et pour la suite, on fera attention", confie Annick, une cliente de l'horticulture d'Habsheim (Haut-Rhin).

Claudine Muller, l'horticultrice, s'adapte déjà aux futures commandes des particuliers. Ce matin-là, elle resème du persil et du basilic, un travail plutôt inhabituel pour la mi-août. "Dans les jardins, tout a brûlé, vu les fortes températures. On resème les deux aromatiques phares, pour qu'au retour des vacances, les particuliers puissent replanter, et avoir un peu de verdure à mettre dans leurs assiettes," explique Claudine Muller.

Les professionnels de l'horticulture pensent déjà à l'année prochaine. Avant la fin 2022, ils doivent passer leurs commandes pour le printemps et l'été prochains, avec beaucoup d'incertitudes. "L'inquiétude, c'est que les communes pénalisent le fleurissement des centres-villes, s'alarme Christian Trunzer, pour l'Union des pépiniéristes et horticulteurs d'Alsace (Uphora). Et sans fleur, les villages sont moins beaux et les touristes sont moins nombreux."

Planter à l'automne

Plusieurs communes ont déjà annoncé qu'elles allaient réfléchir à la manière de fleurir les massifs dans les rues et sur les places, voire réduire simplement les achats de plantes. "Au niveau de la production, on va réduire les plantes qui sont gourmandes en eau, et privilégier celles qui nécessitent moins d'arrosage. Il faut qu'on s'accorde avec les mairies", précise Claudine Muller.

Côté potager en revanche, pas d'inquiétude. "Nos clients sont habitués à planter. Ce sont des gens de la terre, on est à la campagne, ils veulent leur production", assure Claudine Muller. Côté pépinières, les carnets de commande se portent bien. "Les professionnels et collectivités savent que sans arbres en ville, il n'y a pas d'ombre et pas de fraicheur", résume Christian Trunzer.

Et pour les particuliers qui voudraient acheter un arbre malgré les risques de sécheresse, il y a un petit conseil à suivre. "On peut planter son arbre à l'automne, quand il reste de la fraicheur dans le sol pour les racines, pour éviter les grands arrosages de printemps, explique Christian Trunzer. On a encore de la pluie et de la neige en hiver, ce qui fait que les plantes se mettent en place et prennent un peu de réserves d'eau."

Les professionnels incitent les communes à utiliser de nouveaux modes d'arrosage, pour ne pas être pénalisés en cas de sécheresse et d'interdiction d'usage de l'eau. Les villes peuvent stocker de l'eau de récupération de pluie dans des citernes, ou encore utiliser les systèmes d'arrosage au goutte-à-goutte, qui reste autorisé en période de sécheresse.

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