"Ce n'est plus une augmentation, c'est du racket", ces habitants ont vu leurs rappels de charges atteindre plus de 2 000 euros

Plusieurs habitants de Mulhouse (Haut-Rhin) ont vu le montant de leurs rappels de charges s'envoler cette année, passant pour certains du simple au double. Entre colère et incompréhension, ils se sont réunis devant les locaux de leur bailleur pour obtenir des explications.

À Mulhouse, les locataires de m2A Habitat font grise mine. La moitié d'entre eux ont eu la mauvaise surprise de recevoir un rappel de charge. Si le dispositif est habituel, son coût l'est un peu moins. Les montants sont en forte hausse, dépassant les 2 000 euros pour certains foyers.

"Déjà l’année dernière, 800 euros de charge, j'étais surpris. Mais là, 1 700 euros, ce n’est même plus une augmentation, mais du racket. On rackette les locataires", réagit Mahir Souabni, l'un des 9 000 clients du bailleur social. L'habitant de Bourtzwiller a pourtant subi deux pannes de chauffage cet hiver. Son immeuble est également équipé de panneaux solaires.

Le constat est similaire pour Janine Lueger qui s'inquiète des conséquences d'une telle envolée des prix. L'habitante assume déjà un loyer avoisinant les 800 euros. "Le problème, c'est que ces charges ne sont pas prises en compte pour les APL. Ça va créer encore plus de précarité. Les gens vont faire des dossiers de surendettement", explique-t-elle.

La faute au prix de l'énergie selon Mulhouse Habitat

Pour faire part de leur mécontentement, une dizaine de locataires se sont rendus devant les locaux de m2A Habitat mardi 11 juin. L'objectif était d'obtenir des explications claires de leur bailleur. "Qu’il y ait une augmentation du gaz, on le conçoit et on l’accepte. Mais de la surconsommation alors même qu’on a des problèmes de chauffage récurrents, on comprend moins", déplore la locataire.

Le bailleur social justifie cette hausse par l'envolée récente du coût de l'énergie. "On a presque doublé d'une année à l'autre. Les boucliers tarifaires ont joué leur rôle durant quelques mois. Malheureusement, quand ils s'arrêtent, on est dans l'expectative", regrette son directeur de contrôle de gestion, Daniel Sacksteder. 

On s’aperçoit que tout le monde n’a pas pris conscience que plus on consomme, plus on va payer cher

Daniel Sacksteder, directeur de contrôle de gestion m2A Habitat

Mais le responsable de m2A Habitat expose un second facteur, celui de l'augmentation inédite de la consommation de ses clients. "On nous avertit que le prix de l’énergie va augmenter et qu’il faut faire attention. Cependant, on s’aperçoit que tout le monde n’a pas pris conscience que plus on consomme, plus on va payer cher." Il évoque une hausse entre 70 et 100% pour certains locataires sur un an.

Pour les habitants, réunis devant l'établissement, ce changement de consommation fait écho aux multiples coupures d'eau chaude. "On a dû parfois chauffer de grandes marmites pour les enfants en bas âge, raconte Janine Lueger. On paye la surconsommation du gaz individuel pour avoir chauffé les marmites."

Si un service de soutien et des plans d'apurement vont être mis en place, m2A Habitat peine à proposer une solution concrète à ses locataires. La tendance risque même d'empirer l'année prochaine. Le bailleur social craint une hausse du prix du gaz liée notamment à l'augmentation de ses frais d'acheminement. 

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