Coronavirus : 55 lits supplémentaires pour Mulhouse, Colmar et Strasbourg grâce à l'armée, à la Suisse et à l'Allemagne

L'hôpital militaire, installé sur le parking du CHU de Mulhouse, exécute ce lundi 23 mars ses derniers tests avant d'accueillir ses premiers patients atteints de Covid-19 dans la soirée. Les Allemands et les Suisses viennent également au secours de leurs collègues avec 25 places en réanimation.
L'hôpital militaire, installé sur le parking du CHU de Mulhouse, lundi 23 mars 2020
L'hôpital militaire, installé sur le parking du CHU de Mulhouse, lundi 23 mars 2020 © Pool télévisions françaises
C’est une question d’heures. L’hôpital militaire de campagne, installé sur le parking du centre hospitalier Emile Muller de Mulhouse, exécute ses derniers tests ce lundi 23 mars. "Les procédures sont lourdes, il faut s’assurer que tous les modules fonctionnent parfaitement pour l’accueil des patients en réanimation", explique-t-on à la communication de l'état-major des armées. La structure militaire devrait être désinfectée et inspectée avant de pouvoir recevoir les malades.
 

30 lits, 90 personnels de santé de l’armée

Pas d’échéance précise mais la volonté est d’accueillir les premiers dès ce soir. Les personnels soignants des armées sont déjà sur place. Ils seront 90 médecins et infirmières à se relayer autour des patients atteints du Covid-19, pendant plusieurs semaines.
 
Les 30 lits sous tente, totalement équipés, augmentent la capacité d’accueil du CHU mulhousien de 30%. De quoi désengorger le service au maximum de ses capacités augmentées. "Dans un premier temps, ce seront des patients qui auront séjourné durant trois à quatre jours dans notre service de réanimation. Ils seront stabilisés, ils ne seront plus en phase suraiguë", indique le Dr Marc Noiset, chef des urgences de l’hôpital de Mulhouse. 
   

25 Alsaciens en Allemagne et en Suisse

Des cas graves, mais stabilisés. Tout comme ceux qui commencent déjà à partir de l’autre côté de la frontière. Des patients transportables, qui ont déjà passé plusieurs jours en réanimation mais qui ont besoin de soins renforcés. Tout le week-end, les autorités ont cherché des solutions de l’autre côté de la frontière. « Nous venons de trouver quatre places supplémentaires à Fribourg et à Heilbronn, encore ce matin » précise Brigitte Klinkert, la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, qui œuvre depuis vendredi pour activer ses contacts transfrontaliers, en coordination avec l’ARS et la préfecture du Grand Est.

Au total, 25 patients de Mulhouse, Colmar et Strasbourg seront ainsi soignés chez nos voisins allemands et suisses. "Cette solidarité exceptionnelle est le fruit de cette coopération que nous menons depuis des années. L’amitié est là. Le professeur Bürklé, à Fribourg, propose même de venir prêter main-forte, dans la mesure du possible, à ses collègues français", s’émeut l’élue.  

Dans un tweet diffusé samedi 21 mars, Theresia Bauer, la ministre de la Recherche du Bade-Wurtemberg (Allemagne), remerciait les hôpitaux qui allaient prendre en charge des patients alsaciens.


Un besoin de moyens de transport

La limite maximum de places en réanimation est cependant sans doute atteinte. "On est sans doute arrivé à ce  qu’il est possible de faire avec nos voisins, Fribourg et Bâle sont touchées. Même avec toute la meilleure volonté du monde, nos voisins ne pourront pas faire plus », prévient Brigitte Klinkert. Ce qui manque maintenant pour les acheminer, ce sont des moyens de transports rapides et sécurisés. La Sécurité Civile de Besançon a affrété un hélicoptère, mais cela reste insuffisant.
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