Haut-Rhin : la quincaillerie du village, presque centenaire, ferme définitivement

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Écrit par Vincent Lemiesle .

A Bollwiller, après 96 ans de bons et loyaux services la quincaillerie familiale Wagner ferme définitivement ses portes. Entre soulagement et tristesse, l'actuel propriétaire, Dominique Blumstein, part à la retraite sans avoir de repreneur.

C'est un service de proximité installé en plein centre-ville comme on n'en fait plus et qui doit malheureusement disparaitre du paysage de Bollwiller, une petite commune haut-rhinoise, au nord de Mulhouse. Créée en 1926 par Joseph Wagner, la quincaillerie ferme définitivement ses portes cet automne. 

La petite entreprise familiale devra cesser toute activité le 30 novembre. A deux doigts de fêter son centenaire. Un crève-cœur pour l'actuel propriétaire, Dominique Blumstein, qui cherche un repreneur depuis 5 ans : "Un compromis de vente avait été signé début juillet, tout était prêt, mais les banques n'ont pas suivi".

Reprendre du service n'était pas une option. A 67 ans, Dominique Blumstein estime avoir gagné le droit de partir à la retraite. Il y pensait depuis un moment, avec son épouse, mais il attendait un successeur qui finalement n'arrivera pas. Alors contraint et forcé c'est la liquidation. "On est partagé entre un sentiment de désolation, parce qu'au bout de 96 ans le magasin va s'arrêter, et un sentiment de soulagement parce qu'on va enfin pouvoir se poser mon épouse et moi et profiter des petit-enfants".

Une petite entreprise qui a traversé toutes les crises

Ce lundi matin, Dominique et son épouse préparent la liquidation. Couteaux suisses, parapluies, pinces coupantes, vaisselle et autres articles de bricolage sont étiquetés à prix cassés, jusqu'à moins 30%. "Et pourtant ça marchait très bien. On a traversé toutes les crises, ça avait bien repris, surtout après le covid".

La quincaillerie semblait pouvoir aborder son siècle d'existence en pleine forme et en toute sérénité. Dominique avait racheté l'affaire à la famille Wagner en 2010, après y avoir été employé 33 ans : "Quand je suis rentré ici j'avais 22 ans, mon père y travaillait depuis 1930. J'ai été embauché comme dépanneur électroménager, vendeur puis monteur et au fur et à mesure j'ai pris un peu d'initiatives. Quand les anciens patrons ont pris leur retraite je me suis dit pourquoi pas. C'était en 2010, il y a 12 ans". La petite entreprise a prospéré. Cinq employés y travaillaient jusqu'à ce jour. 

Jamais Dominique n'aurait imaginé qu'un jour la quincaillerie soit obligée de mettre la clé sous la porte. "Fermer n'était pas ce que j'envisageais. C'était une éventualité parce qu'aujourd'hui les jeunes n'ont plus envie de passer des heures et des heures au boulot mais ça ne s'est pas fait à cause d'une banque qui s'est retirée. J'étais prêt à rester trois mois avec le repreneur pour l'initier au métier".

Oui mais voila, le sort en a décidé autrement. D'ici un ou deux mois tout le stock doit avoir été liquidé. A l'heure de l'ouverture, ce lundi en début d'après-midi, ils étaient déjà une bonne centaine à se presser à l'entrée de la quincaillerie. Une bonne affaire pour les clients, beaucoup moins pour le village, qui va perdre, dans cette opération, un peu de son âme.

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