Mulhouse : les collectivités s’engagent à sauver le musée de l’impression sur étoffes

Mercredi 25 mars, le conseil d’administration du musée de l’impression sur étoffes s’est réuni pour étudier les propositions des partenaires publics du musée. Ils se sont engagées à le sauver en évitant la liquidation judiciaire de l’association.

Dans la soirée du mercredi 25 mai, c’est à l’unanimité que les membres du conseil d’administration ont voté la proposition d’apurer les dettes et d’assurer l’équilibre financier du musée en 2022. Car l'heure est grave pour le musée de l’impression sur étoffes.

Étouffé par une dette de près de 100 00 euros, il chavire sous le poids de son lourd passé. Entre le pillage des collections par son ancien conservateur et la mort brutale du directeur au sein même de l'institution, le lieu semble marqué par le sceau du malheur. Mais les collectivités ( DRAC, Collectivité Européenne d'Alsace, M2A, Ville de Mulhouse) sont prêtes à sauver ce qu’il en reste.

Telles de bonnes fées qui persistent à se pencher sur ce berceau maudit, les collectivités s’engagent à offrir un avenir au musée d’impression sur étoffes. Elles effacent la lourde ardoise laissée après des années de gestion hasardeuse. Et comptent bien mettre en place une nouvelle gouvernance publique et un nouveau projet muséal. 

Départ de la présidente du musée

Ce changement de cap intervient alors que l’actuelle présidente du musée, Aziza Gril-Mariotte, a annoncé son départ. Maître de conférences en histoire de l’art à l’université de Haute-Alsace, spécialiste du textile, elle connait bien les lieux. Voilà 20 ans que cette chercheuse travaille sur cette institution.

Il y a 3 ans, au plus fort de la crise que traversait le musée, l’universitaire a accepté d’en devenir la présidente (bénévolement). Son défi, porter un nouveau projet. Elle a travaillé d’arrache-pied pour proposer des expositions, dynamiser l’espace de vente. Mais le Covid aura eu raison de la fragilité du musée.

Il y a un problème structurel dont on n'avait pas véritablement pris la mesure, qui est un problème de financement structurel de l'institution

Aziza Gril-Mariotte, présidente du musée de l'impression sur étoffes

 “Il y a eu deux années de crise sanitaire avec une fermeture la moitié de l'année, pour une structure qui dépend énormément de ressources propres. Donc ça veut dire une baisse de la fréquentation, une diminution des recettes de billetterie, une diminution des recettes de la boutique. C'est la première chose. Et il y a un problème structurel dont on n'avait pas véritablement pris la mesure, qui est un problème de financement structurel de l'institution”. 

Aziza Gril-Mariotte précise que la discussion avec les partenaires publics a démarré en janvier. “Hier soir (mercredi 25 mai, NDLR), ce qui s'est passé au niveau du conseil d'administration, c'est que les propositions des partenaires publics ont été validées à l’unanimité. Maintenant on va pouvoir rentrer dans un nouveau processus, où les partenaires publics vont pouvoir s'emparer de cette institution.”  

Une page se tourne

Ce sera désormais aux collectivités territoriales qui soutiennent le musée de prendre les décisions. Réussiront-elles à inverser la tendance ? Trouveront-elles les compétences pour redresser l’institution ? Car Aziza Gril-Mariotte quitte le navire. Pure coïncidence nous assure-t-elle.

L’universitaire vient d’être élue à un poste de professeur des universités à Aix-en-Provence. Elle quittera donc ses fonctions au début du mois de juillet. Une nouvelle présidence et un nouveau bureau seront élus lors du prochain conseil d’administration afin d’accompagner l’équipe du musée et les partenaires dans cette phase de transition.

Constituer un comité de pilotage

Le musée recherche activement un capitaine pour traverser cette tempête. Un comité technique va être mis en place avec des représentants de l’État (DRAC) et des partenaires publics (Région Grand Est, Collectivité européenne d’Alsace, Mulhouse Alsace Agglomération et la ville de Mulhouse). Objectif : accompagner la phase de transition entre l’association du musée et une nouvelle gouvernance publique. Il s’agit d’assurer la pérennité de l’équipe et des collections « musée de France ».

L’actuelle présidente confirme que “ la nécessité est de renforcer l'équipe, non pas de la diminuer. Aujourd'hui on va rentrer dans une autre phase avec d'autres interlocuteurs mis en place. On ne peut que se réjouir de cette issue favorable, même si tout reste à écrire.” 

Durant cette phase de transition, le chantier des collections sous maîtrise d’ouvrage de la DRAC et dirigé par Mathilde Humbert va se poursuivre. Une fermeture temporaire au public pourrait intervenir pour mettre en place la nouvelle gouvernance. Mais aucune fermeture, même temporaire, n’est actée à ce jour. 

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