Haute-Marne : un jeune ingénieur cultive des calebasses pour les transformer en lampes

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Écrit par Marie-Line Fournier
Jérôme Albin a recherché les espèces de calebasses les mieux adaptées à la culture, en Haute-Marne.
Jérôme Albin a recherché les espèces de calebasses les mieux adaptées à la culture, en Haute-Marne. © Jérôme Albin.

A Crenay, à quelques kilomètres de Chaumont, une "lumière écologique" est sortie de l'imagination de Jérôme Albin. Ingénieur aux Forges de Bologne, il a démissionné en mars 2021, pour se consacrer à la culture de calebasses, puis à la fabrication d'abat-jour, et de lampes originales.

Jérôme Albin est un trentenaire, lyonnais d'origine. Après des études d'ingénieur du bois, à l'ENSTIB, à Epinal, dans le département des Vosges, il s'est installé en Haute-Marne. Aux Forges de Bologne, il a exercé, pendant deux ans, comme ingénieur d'amélioration continue. "C'est un des métiers les plus créatifs, dans l'industrie. Cela consiste à identifier des points d'améliorations, sur la partie organisation de la production", explique Jérôme Albin.

Le jeune auto-entrepreneur a, en fait, plusieurs cordes à son arc. Il enseigne la capoeira, dans l'association, qu'il a créée, "Arte & Luta capoeira Angola". En juillet 2019, il s'est souvenu d'un instrument de musique qu'il utilisait dans cette discipline, devenu trop fragile, et qu'il avait transformé en photophore, avec une bougie. L'idée de fabriquer des lampes végétales, avec des calebasses, était née. Jérôme Albin a baptisé son entreprise " Calba Terra".

Des lampes écologiques

"Cette idée-là, ça peut marcher, ça peut plaire et être rentable", se dit alors l'ingénieur de formation. Il réalise donc quelques lampes, en parallèle de son activité salariée, puis "boosté" par la Covid qui lui permet d'avoir du temps libre, suite à l'activité partielle des Forges de Bologne, il décide de se consacrer, à temps plein, à cette activité. La boutique éphémère de Chaumont, à Noël, est un test positif, alors il décide de démissionner. Devenu auto-entrepreneur, il propose aujourd'hui des lampes écologiques.

"Les abat-jour sont 100% végétal, dit-il. Je fais pousser mes plantes, ce qui évite les voyages. Pour le reste, j'essaie de prendre des matériaux délaissés, comme les chutes de bois d'une scierie ou du cuivre de chantiers de rénovation. J'ai trois lignes de produits. Il y a des lampes dont le pied, réemployé, provient d'anciennes lampes, avec abat-jour unique, il y a des lampes 100% végétales, des pièces uniques, pour lesquelles j'emploie du lierre, des branchages, et il y a une gamme à reproduire pour laquelle j'utilise du bois délaissé et du cuivre de récupération, comme des tiges ou des tubes. Cela me permet de façonner des pieds de lampe. Pour ces lampes, j'ai cinq à six formes d'abat-jour différentes."


La recherche d'espèces idéales

Pour mener à bien son projet, Jérôme Albin avait besoin d'une maison et d'un grand terrain. C'est à Crenay, à quinze minutes de Chaumont, en direction de Langres, en Haute-Marne, qu'il les a trouvés. Il cultive donc aujourd'hui des calebasses, sur 500 à 1.000 mètres carrés.

"Elles se cultivent comme des courges, avec beaucoup d'amendements (opération visant à améliorer les propriétés physiques d'un sol ndlr) et d'eau. La différence avec les courges, c'est que le fruit ne se mange pas. Il faut que ça pousse longtemps, pour que la peau soit suffisamment épaisse. Cette année, la végétation a un peu de retard", s'inquiète ce créateur. Pour l'irrigation de ces plants, il a investi dans un goutte-à-goutte.

Les abat-jour sont 100% végétal... Pour le reste, j'essaie de prendre des matériaux délaissés, comme les chutes de bois, d'une scierie, du cuivre de chantiers de rénovation.

Jérôme Albin, auto-entrepreneur


Pour obtenir les meilleurs résultats, Jérôme Albin a recherché les variétés les mieux adaptées à la Haute-Marne. L'an dernier, il en a testé six, cette année, il en essaye vingt.


Une production artisanale

Jérôme Albin peut passer jusqu'à cinq heures sur la réalisation de certains de ses gros modèles. Formé à l'industrie, il a veillé à rester "dans les prix du marché", explique-t-il. Certaines pièces sont vendues entre 60 et 70 euros. Les pièces uniques peuvent atteindre 250 à 300 euros.

Développer une idée, nécessite parfois d'avoir recours au financement participatif. Ainsi, Jérôme Albin s'est tourné vers le site "Ulule". "C'est un prétexte pour communiquer, indique l'artisan et créateur. Cela permet aussi de mettre en place une prévente, avec des prix inférieurs à ce que je ferai plus tard, et de ne pas engager de frais avant, pour acheter les matériaux. A quinze jours du démarrage de l'opération sur Ulule, l'objectif est déjà atteint à 94%."


Des projets en fin d'année

Récoltées en septembre, les calebasses ont tout l'hiver pour sécher. Les bois deviennent alors durs et creux. Ensuite, après nettoyage, le Haut-Marnais d'adoption, peut se consacrer à la fabrication de ses abat-jour. Il vend ses lampes sur les marchés, et sur son site internet. Certaines, une centaine environ, ont déjà été expédiées, à Paris, Bordeaux ou encore Grenoble.

Et le projet de Jérôme Albin, est d'être présent sur des marchés de Noël. Participer à celui de Colmar le tente beaucoup.

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