Haute-Marne : Vesti, l'application pour un shopping plus responsable

Alors que les soldes débutent ce mercredi 20 janvier, certains consommateurs exigent plus de transparence sur les vêtements qu’ils achètent. Avec son application Vesti, la Haut-Marnaise Manon Colinet prône une manière de consommer plus éthique et responsable.

L'application Vesti, développée en Haute-Marne, permettra de comparer les différentes marques de prêt-à-porter.
L'application Vesti, développée en Haute-Marne, permettra de comparer les différentes marques de prêt-à-porter. © Charlotte Meunier

Cette robe contient-elle des matières nocives ? Ce pantalon a-t-il été fabriqué par une entreprise qui emploie des enfants ? La teinture présente dans ce pull a-t-elle été testée sur des animaux ? De plus en plus de consommateurs sont attentifs au processus de fabrication des produits qu’ils achètent. Mais les réponses sont parfois difficiles à trouver, notamment dans le secteur du prêt-à-porter.

Devant ce constat, Manon Colinet, Haut-Marnaise de 23 ans, s’est lancée dans la création d’une application mobile. A l’image de Yuka dans le domaine alimentaire, elle a eu l’idée de développer Vesti. "Souvent lorsqu’on va en magasin, on trouve très peu d’informations sur l’étiquette, affirme Manon Colinet. Le but de Vesti, c’est de pouvoir scanner le code-barre du vêtement et d’avoir immédiatement tous les détails du produit."

Manon Colinet, Haut-Marnaise de 23 ans, travaille sur l'application depuis sa chambre.
Manon Colinet, Haut-Marnaise de 23 ans, travaille sur l'application depuis sa chambre. © Charlotte Meunier

L’application attribue une note au produit en se basant sur quatre critères :

"Pour établir les notes, on utilise plusieurs sources, explique Manon Colinet. On se réfère d’abord au site des marques, mais aussi aux médias, aux enquêtes réalisées par des organismes… Tous ces éléments sont mis bout à bout pour arriver à attribuer les notes les plus justes."
 

Un procédé "un peu laborieux"

En cours de création depuis plus d’un an, l’application n’est pas encore opérationnelle. "L’objectif est que l’application soit disponible en juin 2021, déclare Manon Colinet. Mais avant, il va y avoir une version bêta de l’application, qui sera testée par un panel d’environ 1.000 volontaires. Ça nous permettra de voir si l’utilisation est intuitive, s’il y a des bugs, ou s’il y a des marques très demandées par les utilisateurs qu’on aurait oublié."

La jeune femme est épaulée par l’agence troyenne Web’Up sur la partie technique, mais l’intégralité du contenu doit être entré manuellement dans l’application. "C’est une opération un peu laborieuse, confie Manon Colinet. Dans un premier temps, on a répertorié les 100 marques de prêt-à-porter les plus commercialisées en France. On a rentré tout ça sur ordinateur, dans un tableur, puis on a rempli manuellement chaque critère à l’aide des différentes informations qu’on a trouvé."

L'application se veut moderne, épurée et simple d'utilisation.
L'application se veut moderne, épurée et simple d'utilisation. © Vesti

 

Un devoir scolaire devenu projet professionnel

Manon Colinet vient tout juste de décrocher son master en en management des projets de communication et marketing à l’université de Troyes. Le projet Vesti est d’ailleurs né pendant ses études : "Pour un exercice en cours, on devait créer un projet à partir des mots “éthique” et “vestimentaire”. Sans trop savoir pourquoi, peut-être un besoin inconscient, j’ai imaginé Vesti. La technopole de l’Aube était présente lors de la présentation des projets."

"Ils ont été emballés et ont proposé de nous accompagner dans le développement de l’appli, moi et mon camarade Yannick Crescence. Ils nous ont beaucoup aidé, d’autant qu’il fallait qu’on passe d’un projet étudiant à un vrai travail d’entrepreneur. Une fois mon diplôme obtenu en août dernier, j’ai décidé de me consacrer à plein temps au développement de l’application. Yannick, lui, s'investit aussi dans le projet, mais ce n’est pas son activité principale
."

Certaines fonctionnalités de l'application seront payantes.
Certaines fonctionnalités de l'application seront payantes. © Vesti


Valoriser le territoire

"Le but de Vesti, ce n’est pas de dénoncer les marques qui ont un mauvais score, c’est surtout de proposer des alternatives françaises, locales, soutient Manon Colinet. On a la chance d’être dans un bassin textile très riche, donc on veut le mettre en avant."

"Et puis la création de cette application, c’est aussi un moyen de montrer qu’il y a des jeunes dynamiques sur le territoire. En Haute-Marne, les bacheliers partent tous faire leurs études supérieures dans d’autres départements, et la plupart ne reviennent pas ensuite. Moi, je voulais vraiment développer mon projet ici. C’est une manière de faire vivre ce territoire auquel je suis très attachée
."

On a la chance d’être dans un bassin textile très riche, donc on veut le mettre en avant.

Manon Colinet, créatrice de Vesti


Un projet rentable ?

Pour Manon Colinet, l’objectif à terme est de pouvoir vivre de son application. "Elle sera téléchargeable gratuitement, précise-t-elle. Mais il y aura des fonctionnalités payantes comme rechercher un vêtement sans le scanner ou utiliser l’appli hors connexion. On pense aussi vendre des bases de données d’avis d’utilisateurs aux différentes marques. Et puis on voudrait proposer un service de coaching personnalisé pour les utilisateurs souhaitant consommer plus éthique et responsable."

Le projet devrait aussi bénéficier d’aides financières de la région Grand-Est, et peut déjà compter sur quelques récompenses obtenues lors de concours. "On a obtenu 3.000 euros grâce au concours Game of Brain dans l’Aube, puis 1.500 euros avec les Idées inspirées de la Haute-Marne."
 

Bientôt un label "Vesti"

Pour Manon Colinet, les projets ne s'arrêteront pas une fois l’application lancée. "On aimerait dépasser la barrière digitale, explique-t-elle. L’idée serait d’apposer un macaron Vesti sur les vitrines des boutiques qui respectent nos critères. Ce serait un gage de transparence pour l’enseigne, et il serait visible par tous les consommateurs, même ceux qui n’utilisent pas l’appli." Une prochaine étape ambitieuse.
 

 

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