Emploi : à 25 ans, elle reprend ses études en alternance à Chaumont, en Haute-Marne

Ce lundi 29 juin, Pôle emploi a lancé un salon de l’apprentissage virtuel, jusqu’au 27 juillet, afin de mettre en relation les futurs apprentis et les entreprises. Une initiative que Manon Kentell, n’a pas attendue pour reprendre ses études à Chaumont, en septembre prochain. 

Manon Kentell reprend ses études de commerce en alternance à l'âge de 25 ans à Chaumont, en Haute-Marne.
Manon Kentell reprend ses études de commerce en alternance à l'âge de 25 ans à Chaumont, en Haute-Marne. © Manon Kentell
La décision n’a pas été simple à prendre pour Manon Kentell. Pourtant, à 25 ans, la Chaumontaise va retourner à l’école après l’avoir quittée six ans plus tôt. Titulaire d’un CDI, elle a contracté un crédit immobilier avec son compagnon. Une charge financière qui a fait réfléchir la jeune femme pendant de longs mois avant de se lancer dans l’aventure de l’alternance et de laisser son contrat fixe. 
 

Entre appréhension et excitation 

"C’était une décision compliquée, c’est très ambitieux, j’ai des factures à payer, j’ai enchaîné les petits boulots dès mes 19 ans, avant de trouver mon CDI chez Cap 2 Call (une entreprise de téléconseils chaumontaise) il y a trois ans et demi," explique la jeune femme avant de poursuivre : "C’est un changement de vie radical. Je ne pouvais pas envisager de reprendre des études sans une partie consacrée à la pratique sur le terrain. Cet enseignement professionnel va me permettre de vérifier que ce travail me correspond réellement et me permettra d’être rémunérée tout en allant à l'école,"  

Manon Kentell commencera à travailler en entreprise, une grande enseigne de téléphonie, dès le mois d’août 2020. Après ce mois sur le terrain, elle retrouvera les bancs de l’école au CFA interprofessionnel de la Haute-Marne dès septembre. Le rythme d’alternance pourra varier. Certains mois, il sera de quinze jours en entreprise suivi de 15 jours d’école. D’autres, de trois semaines en entreprise et une semaine d’école. Néanmoins, chaque mois l’emploi du temps des étudiants mélangera automatiquement travail sur le terrain, et apprentissage avec des professeurs.
 

j’ai la chance d’avoir le soutien de mon compagnon, qui m’encourage beaucoup dans mon changement de vie.

Manon Kentell- Future apprentie

Pendant sept mois, la jeune apprentie touchera 53 % du SMIC. Mais dès mars 2021, comme elle aura 26 ans, elle touchera 100 % du SMIC. "Je vais me serrer la ceinture quelques mois, mais globalement, je ne regrette pas mon choix, je ne serai pas perdante à la fin. D’autant que durant les premiers mois de mon alternance, je pourrais toucher les mêmes primes de vente que mes collègues. Et puis j’ai la chance d’avoir le soutien de mon compagnon, qui m’encourage beaucoup dans mon changement de vie. Donc, je suis plus rassurée, même si je sais que je ressentirai un léger stress quelques jours avant la rentrée", confie-t-elle émue. 

Ce choix de l’alternance, la jeune femme l’a fait, car elle ne voyait pas d’évolution possible au sein de l’entreprise pour qui elle a travaillé pendant plusieurs années et aussi parce que le contact humain avec les clients lui manquait beaucoup. 
 

Elle reprend le BTS qu’elle avait arrêté six ans après

"Ce sont mes différentes expériences professionnelles avant ce contrat longue durée qui m’ont permis de savoir ce que je voulais faire vraiment de ma vie. À 19 ans, je n’avais pas tous les éléments en main pour savoir. La preuve, j’ai fait une première année en BTS management, mais je n’ai pas poursuivi mes études. Six ans après je les reprends pour faire le même BTS qui a juste changé de nom," ajoute la future apprentie. 

Mais pour elle la différence se situe au niveau de l'expérience sur le terrain : À l’époque, j’allais en entreprise que les mardis après-midi, c’est beaucoup trop peu, surtout quand on sort de l’école, pour savoir si la filière que nous avons choisie nous correspond réellement. D’autant qu’à l’époque, il y avait des vacances scolaires donc nous avions encore moins de temps en entreprise. Là, j’aurais un rythme de salarié malgré tout." 

On ne prépare pas assez les plus jeunes au monde du travail

Manon Kentell-Future apprentie

Pour Manon Kentell, il y a un vrai problème d’orientation, qu’elle constate à travers son propre exemple, mais aussi celui de sa petite sœur : "Elle a 22 ans, elle est titulaire d’un BTS en design graphique, son rêve est de dessiner des cuisines. Un an après l’obtention de son diplôme, elle ne veut pas chercher dans autre chose que sa filière. À 22 ans, elle n’a toujours pas d’expérience professionnelle. On ne prépare pas assez les plus jeunes au monde du travail. Déjà à mon époque, on me disait que je n’avais qu’à choisir une filière où il y a des débouchés, obtenir mon diplôme et qu’à la sortie de l’école, j’aurai un travail… Mais ça ne marche pas comme ça ! On ne prévient pas les jeunes diplômés qu’ils vont devoir aussi avoir des expériences professionnelles alimentaires. Ça ne tombe pas sous le sens pour tout le monde !"


Quelles solutions mises en place face au chômage des jeunes ?

Un constat que font aussi les recruteurs et Pôle emploi. Raison pour laquelle, depuis quelques années, les organismes et recruteurs mettent en avant l’apprentissage en Haute-Marne, qu’il s’agisse de filières plus classiques comme celle que suivra Manon. Ou qu’il s’agisse de filières industrielles ou artisanales pour promouvoir des métiers en fortes demandes de main d’œuvre, mais ayant une image négative auprès des jeunes. 

Pôle emploi a d’ailleurs lancé au niveau national une série d’émissions YouTube intitulée : "Démarre ta story" où des jeunes racontent leur expérience en alternance. Des émissions ayant pour but entre autre au futur alternant de trouver le métier qui lui plaira.
 
En 2019, la Haute-Marne comptait 430 apprentis dans des filières très différentes : industrielles, artisanales, ou encore commerciales.
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