Les maraudeurs battent le pavé pour tendre la main aux sans abris, "le café chaud permet d'engager la discussion"

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Écrit par Isabel Lerouge .

Depuis le 1er novembre, l’association La Passerelle assure des maraudes chaque soir dans les rues de Chaumont en Haute-Marne. Une aide aux sans abris pendant la période hivernale. La saison dernière, 147 maraudes ont été réalisées, 41 personnes ont été rencontrées.

Malgré la pluie et les 5 degrés au thermomètre, Élodie et Djemil arpentent les trottoirs de Chaumont. Toujours à pied, l’œil aux aguets. Véritables gilets jaunes de la rue.

Comme chaque soir depuis le 1er novembre, une équipe de La Passerelle effectue une maraude dans le centre-ville. L’objectif : aller à la rencontre des personnes sans hébergement pour les aider, les orienter.

Après une vérification des recoins de la place des arts, c’est le premier arrêt de la soirée, à la gare de Chaumont, pour un point avec le chef des lieux.

"C’est un partenaire important, comme le 115. La gare, c’est le point d’arrivée dans la ville de beaucoup de personnes sans hébergement. Un refuge aussi quand il pleut. Et puis elle est ouverte jusqu’à 22 h" explique Élodie Paget, bénévole de la maraude.

Mais cette année, la diminution du nombre de trains en transit par Chaumont et l’augmentation des bus payants a généré moins de passages et d’arrêts à Chaumont.

La gare est un partenaire important, comme le 115. C’est le point d’arrivée dans la ville de beaucoup de personnes sans hébergement.

Elodie Paget, bénévole de la maraude de La Passerelle

Durant la période hivernale, du 1er novembre au 31 mars, de 20 h à 22 h 30, Élodie consacre un à deux soirs par mois à ce dispositif de La Passerelle. "C’est intéressant de donner du temps à des personnes qui en ont besoin. Nous sommes toujours bien accueillis. Et puis on côtoie aussi des bénévoles de divers horizons, c'est assez riche en termes de rencontres."

Avant de quitter les locaux de l’accueil de jour, son binôme de la soirée, Djemil a rempli un sac à dos avec des denrées de premières nécessités. Thermos de café et de soupe, des biscuits… Sans oublier des pansements pour les premiers secours. "C’est important de pouvoir répondre à une demande de café chaud, insiste le jeune homme. Un geste qui permet de commencer une discussion, un échange."

41 personnes rencontrées l'an dernier

Aux côtés d’Élodie, Djemil poursuit sa maraude dans les rues du vieux Chaumont, au pied de la basilique, avant de traverser le square du Boulingrin pour un autre arrêt, cette fois aux urgences de l’hôpital. "Il n’y a pas de circuit type pour une maraude. L’important, c’est d’essayer d’être logique. De réfléchir aux lieux où les personnes peuvent trouver un abri, en fonction de la météo, de l’heure. Mais l’hôpital et la gare sont des lieux incontournables."

La maraude a pour but d’aller à la rencontre des personnes dans la rue, en difficulté dans leur logement.

Blandine clément, coordinatrice des maraudes pour l’association La Passerelle

Depuis 1998, La Passerelle organise les maraudes. Un dispositif en soirée pour aider le public en grande exclusion.      

"La maraude a pour but d’aller à la rencontre des personnes dans la rue et en difficulté dans leur logement. L’ultime lien avec des gens qui n’ont plus de contact, qui ne savent plus où aller. Il s’agit de discuter avec elles, de créer un lien qui pourrait, à terme, leur permettre de sortir de la rue. Tout se fait toujours avec leur accord", indique Blandine Clément, coordinatrice des maraudes pour l’association La Passerelle.

L’an dernier, 147 maraudes ont été effectuées dont 106 entre -5 et -10 degrés. Quarante-sept personnes différentes ont été rencontrées.

Vingt-six ont formulé une demande d’hébergement, 21 ont été orientées vers la communauté Emmaüs de Foulain. Un chiffre stable. "Il s’agit souvent d’homme entre 20 et 60 ans, exclus du logement conjugal ou familial."

Des accueillis devenus maraudeurs

La saison dernière, six duvets et 90 collations ont été distribués aux personnes contraintes de rester dans la rue.

"Il peut arriver que pendant l’hiver, une personne soit vue très régulièrement. À ce moment, le 115 prend le relais, pour l'orienter vers d'autres services. Pour celui qui ne peut pas se séparer de son animal et donc ne peut être accueilli dans un hébergement, il reçoit alors un duvet et il est dirigé vers l'accueil de jour de La Passerelle."

L’équipe compte aujourd’hui une vingtaine de bénévoles. Des maraudeurs aux parcours très différents : retraités, actifs…

"Les nouveautés de cette année : nous avons de plus en plus de jeunes. Cinq de nos maraudeurs ont moins de trente ans. Et puis nous avons deux accueillis. Des personnes qui ont été reçues à l’accueil de jour et qui ont demandé, par la suite, à faire partie des maraudes. Ils ont une expérience de la rue, un vécu, une connaissance de la maraude sous un autre angle. C’est vraiment très enrichissant."

En complément des maraudes, l'association La Passerelle propose tout au long de l’année un accueil de jour, du lundi au vendredi, et un service d’accompagnement vers et dans le logement pour les personnes dans le besoin.

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