Haute-Marne : à 61 ans, il vise un huitième titre de champion de France de course à pied

Le langrois Christian Sickler a débuté la course à 33 ans. Depuis, il rafle les médailles d’or en cross, en 10 kilomètres et en semi-marathon. Et il ne compte pas s’arrêter.

C’est avec le sourire scotché au visage que Christian Sickler, 61 ans, enchaîne les foulées sur le stade des Franchises de Langres. Si le haut-marnais court, c'est avant tout pour le plaisir. Mais son palmarès est impressionnant : 7 titres de champion de France en cross-country, 10 kilomètres et semi-marathon (21 kilomètres). Il pourrait décrocher un huitième titre dans sa catégorie le 13 novembre prochain à Montauban lors des championnats de France de cross.

Christian Sickler n’a pas toujours fréquenté les pistes d’athlétisme. Au départ, c’est derrière un ballon qu’il courrait. “J’ai commencé par le foot. J’ai débuté tout petit, et j’ai continué jusqu’à l’âge de 32 ans. Puis j’ai un ami qui m’a initié au triathlon. Ça me plaisait bien, j’aimais courir, j’aimais pédaler. La natation, par contre, ce n’était pas vraiment mon truc. Alors finalement, je me suis tourné vers la course à pied.

50 ans, l’âge de la révélation

Le haut-marnais se licencie au club d’athlétisme de Langres, et bénéficie des conseils précieux de l'entraîneur de l’époque Georges Preteux, aujourd’hui disparu. “C’est lui qui m’a tout appris, se souvient Christian Sickler. Il me disait tout le temps 'Christian, je veux que tu ne lâches rien'. Cette phrase, elle résonne dans ma tête à chaque course.

Des cross régionaux au célèbre marathon de New-York, Christian Sickler ne manque pas une occasion de perfectionner ses chronos. Mais c’est l’année de ses 50 ans qu’il commence à rafler les médailles. “J’ai décroché mon premier titre de champion de France en cross, à la Roche-sur-Yon, se souvient-il. J’ai enchaîné avec un titre de champion de France du 10 kilomètres à Vitry-sur-Seine, où j’ai réalisé mon record de 32 minutes 41. Puis quelques semaines plus tard, je décroche le titre en semi-marathon à Morlaix."

Un triplé que Christian Sickler compte bien réitérer cette année. Après avoir remporté la médaille d’or aux 10 kilomètres de Langueux début septembre, puis en semi-marathon aux Sables d’Olonnes, il espère performer le 13 novembre prochain à Montauban lors des championnats de France de cross.

Un mental d’acier

Ce qui m’impressionne, c’est les chronos qu’il est capable de faire à son âge, confie Laurent Barlier, entraîneur de l’ACSHM, le club d'athlétisme de Langres. 1 heure 17 au semi-marathon, 35 minutes au 10 kilomètres… Je connais un paquet d'athlètes qui n’en sont pas capables, même à 25 ans.

Pour l'entraîneur, Christian Sickler ne possède pas que des atouts physiques : “Il a vraiment un mental d’acier. Une course, ça ne se gagne pas avec les jambes, mais avec la tête. Christian ne lâche rien, et c’est souvent ça qui fait la différence.”

Né en 1960, Christian Sickler évolue désormais dans la catégorie des Masters 5, les coureurs de plus de 60 ans. Bien conscient de son âge, il n’est pas prêt d’arrêter la course pour autant. “La course à pied, c’est mon équilibre, assure-t-il. Il y a deux ans, j’ai subi un licenciement abusif. Courir, c’est ce qui m’a permis de tenir, de sortir la tête de l’eau. Evidemment, je suis à l’écoute de mon corps. Je sais qu’à mon âge, on se remet moins bien d’une blessure qu’à 20 ans. Mais pour l’instant, tout va bien !

Un modèle pour les jeunes athlètes

Le club d’athlétisme de Langres compte plus de 200 licenciés, dont beaucoup de jeunes athlètes en devenir. Pour eux, le parcours de Christian Sickler est un modèle à suivre. “C’est important pour les jeunes d’avoir quelqu’un comme lui au club, affirme l'entraîneur Laurent Barlier. Il est la preuve qu’avec du travail et de la détermination, on peut faire de grandes performances, sans pour autant avoir la grosse tête.

Pour continuer à performer, Christian Sickle a un programme bien établi qu’il respecte à la lettre : “Le lundi, c’est footing. Le mardi, course fractionnée pour faire travailler le cœur, le mercredi encore footing. Jeudi et vendredi, c’est repos, ou récupération à vélo. Puis le week-end, même quand il y a une course, je cours au moins quelques kilomètres.”

Salarié de l’entreprise Freudenberg à Langres, Christian Sickler prendra sa retraite en 2022. Mais pas question pour lui d’arrêter la course à pied. “Retraité ou pas, tant que le corps suivra, je continuerai à courir !

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