Bactérie E.coli : deux ans ferme en appel pour le fabricant bragard de steaks contaminés

La cour d'appel de Douai a condamné à deux ans de prison ferme l'ancien gérant de la société SEB-Cerf de Saint-Dizier qui avait été mis en cause en 2011 dans le scandale des steaks hachés contaminés.

La cour a confirmé le jugement de première instance. Le gérant du fournisseur de Lidl mis en cause dans le scandale des steaks hachés contaminés par la bactérie E.coli en 2011 a été condamné ce mardi 26 février à trois ans de prison, dont deux ferme, et 50.000 euros d'amende par la cour d'appel de Douai (Nord).

Guy Lamorlette, 78 ans, à la tête de la société SEB-Cerf basée à Saint-Dizier, en Haute-Marne, a également été interdit d'exercer toute activité industrielle ou commerciale et condamné à verser des dommages-intérêts aux victimes.

Lors de l'audience des 4 et 5 février, Guy Lamorlette avait tenté de reporter la faute sur son ancien responsable qualité, Laurent Appéré, décédé quelques jours avant le délibéré du premier procès. Cette stratégie de défense n'avait pas convaincu l'avocat général Bernard Beffy qui avait requis la confirmation de la peine, ni les avocats des parties civiles.
 

Vers un pourvoi en cassation

Guy Lamorlette n'était pas présent à Douai pour le rendu du jugement. Mais selon son avocat Me Arnaud Vauthier, "il envisage très sérieusement" de déposer un pourvoi en cassation. Il dispose de cinq jours pour le faire. "On ne veut pas enlever la qualité de victime à tous ces enfants et à leurs parents. C'est simplement un débat juridique sur la responsabilité de M. Lamorlette", précise l'avocat.

En juin 2011, une quinzaine d'enfants avaient développé, après avoir mangé des steaks hachés achetés majoritairement chez Lidl, des syndromes hémolytiques et urémiques (SHU) qui ont laissé d'importantes séquelles. L'un d'eux, Nolan, est paralysé à vie et handicapé mental.
 

Négligence sanitaire

Le plan de maîtrise sanitaire (PMS) déployé chez SEB-Cerf, modifié quelques mois avant la contamination, n'avait pas été validé par les autorités sanitaires. Le nouveau PMS contrôlait uniquement les produits finis, de façon aléatoire, et non les matières premières.

Lorsque les tests ont été positifs en E.coli, les échantillons ont à nouveau été testés pour ce germe afin d'éloigner le risque, mais sans contrôle spécifique à la dangereuse bactérie E.coli0157H7, une source particulièrement dangereuse dont les tests de détection sont plus longs et plus coûteux.
 
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