Cet article date de plus de 4 ans

GRAND FORMAT : immersion avec les pilotes de Rafale de la base de Saint-Dizier

Les pilotes de Rafale de la Base Aérienne 113 de Saint-Dizier peuvent être déployés aux quatre coins du monde. Certains participent d'ailleurs à la bataille de Mossoul en Irak. Reportage grand format avec ceux qui font voler ces avions de combat ultra-modernes.
Les pilotes de Rafale de la Base Aérienne 113 de Saint-Dizier peuvent être déployés aux quatre coins du monde. Certains participent d'ailleurs à la bataille de Mossoul en Irak. Reportage grand format avec ceux qui font voler ces avions de combat ultra-modernes. ©France 3 Champagne-Ardenne
Saint-Dizier, 7 heures du matin. Le personnel de la base aérienne 113 commence sa journée.

À l'entrée, un Mirage 4 et un F84. Des vestiges hors service. Aujourd'hui, la base n'accueille qu'un seul modèle : le Rafale, le fleuron de l'aviation française.

À 26 ans, Quentin espère bien un jour s'installer aux commandes d'un Rafale. Pour y arriver, 8 mois de formations, théorique et pratique. Un cursus recherché et exigeant.

"On n'a pas beaucoup de temps pour se familiariser avec la machine qui est réellement compliquée au niveau des systèmes", détaille le stagiaire en formation Rafale. "Puis c'est aussi un avion qui va très vite, qui a des performances qui sont vraiment importantes. Donc c'est vraiment la difficulté de la formation, c'est de réussir dans un temps restreint à s'adapter à une machine qui vraiment complexe et puissante."

Ce matin, comme chaque semaine, direction le simulateur de vol. Un entraînement grandeur nature... ou presque.

"Ce qui change beaucoup c'est qu'on ne ressent pas le facteur de charge dans un simulateur. On ne peut pas être malade vraiment dans un simulateur comme on pourrrait l'être en vrai. On ne ressent pas les effets de la pesanteur", explique Pierre-Yves, instructeur. "Donc c'est surtout un bon outil pour apprendre à utiliser ce système. Mais ça limite au niveau du pilotage pur."

40 stagiaires par an

Chaque année, une quarantaine de stagiaires passe par l'escadron de transformation Rafale. Un modèle qui a terme composera l'intégralité de la flotte française, pour un coût compris entre 70 et 90 millions d'euros par appareil.

Un avion mythique mais accessible selon le responsable de la formation, le lieutenant-colonel Aurélien :
"Un Rafale, ce n'est pas forcément compliqué à piloter dans le sens où les gens l'entendent, c'est-à-dire décoller et poser l'avion. C'est un avion moderne, donc c'est un avion qui se pilote bien. En revanche ce qui est beaucoup plus compliqué à appréhender, c'est l'utilisation de son système d'armes."

Défense aérienne, attaque aux sols, reconnaissance ou dissuasion nucléaire. À ce jour le Rafale est le seul avion français à pouvoir cumuler l'ensemble de ces missions.

Syrie, Irak ou Mali. Depuis Saint-Dizier les pilotes peuvent directement partir en opération extérieure ou rejoindre des bases militaires françaises en Jordanie ou aux Emirats.

600 mécaniciens

Une polyvalence, rendue possible par le travail de l'ombre des mécaniciens. 600 personnes pour une cinquantaine de Rafale. Indispensable pour entretenir ces monstres de 20 tonnes capables de voler de 180 à 2 000 km/h.

"Le Rafale c'est comme votre téléphone portable", précise le lieutenant-colonel Erwan, commandant de l'escadron de soutien technique aéronautique. "Il y a ce qu'on appelle le hardware, c'est-à-dire une structure qui ne bouge pas. Et puis un logiciel qu'ensuite on fait évoluer pour donner des capacités supplémentaires au Rafale. C'est une plate forme évolutive."

Même confirmés, les pilotes de Rafale, tous officiers, s'entraînent tout au long de leur vie. Au minimum 180 heures par an.

Tuer au nom de la France

Sébastien lui, a pris part à de nombreuses opérations extérieures comme en Lybie et en Afghanistan. Bombarder des cibles ennemies, tuer au nom de la France, un métier singulier qui interroge mais ne laisse aucune place au doute.

"Dans l'absolu on n'est pas censé avoir trop d'état d'âme là-dessus", confie le pilote de chasse. "On est payé pour ça et on obéit. C'est comme ça. Tout ce qu'on fait, on en est pleinement conscient et c'est pas pendant ou après qu'il faut commencer à se poser des questions."

Lorsqu'on lui demande s'il fait son travail par patriotisme, il répond : "On sert des gens avant tout, on sert les Français. Est-ce que c'est ça être patriote ? Est-ce que c'est défendre un drapeau, un gouvernement ou tout simplement des gens ? Moi j'ai l'intime conviction de servir des gens avant tout."

Actuellement, des Rafale français participent à la bataille de Mossoul en Irak contre Daech et préparent celle, imminente de Raqqa en Syrie.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
armée société sécurité aviation