Haute-Marne : Robert Hébras, dernier survivant d'Oradour-sur-Glane, a maintenant une rue à son nom à Joinville

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Robert Hébras est le dernier des sept survivants du massacre d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), en 1944, encore en vie. Depuis ce samedi 28 mai, une rue porte son nom à Joinville (Haute-Marne), afin de ne jamais oublier.

Il a survécu à l'horreur absolue, à seulement 19 ans. Robert Hébras est le dernier des sept personnes ayant survécu au terrible massacre d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), survenu le 10 juin 1944.

Une date à ne jamais oublier, comme ses 643 victimes. À 96 ans, cet homme fait tout pour que ce soit le cas. Il est l'un des principaux artisans de ce devoir de mémoire (écriture de livres, participation à des conférences et cérémonies).

Ce samedi 28 mai 2022, alors que la guerre en Europe est de nouveau d'actualité avec son cortège d'horreurs, le nonagénaire a été honoré à Joinville (Haute-Marne). Désormais, la rue proche de l'école maternelle porte le nom de Robert Hébras (voir sur la carte ci-dessous).


France 3 Champagne-Ardenne était sur place pour recueillir le témoignage de ce témoin de l'histoire, pour qui on a joué la Marseillaise et donné un banquet dans la salle municipale. "Ça me touche beaucoup... Et ça me fait plaisir aussi. J'ai travaillé toute ma vie pour la paix. Je remercie la ville de m'avoir honoré de cette façon."


"Joinville est un symbole. J'étais déjà venu il y a huit ans, j'ai rencontré des amis et on a déposé une plaque. Je vis très mal [ce qui se passe en Ukraine, comparé au massacre d'Oradour par le président Zelensky; ndlr], parce que je revois le drame d'Oradour. Ce n'est pas la même chose, mais ce sont toujours les civils qui payent. Les femmes, les enfants : c'est quand même quelque chose d'atroce. Ce n'est plus une guerre; c'est un massacre."

Il a exprimé quelques regrets. "L'Homme est toujours resté l'Homme. Il se bat depuis qu'il existe. Malheureusement, ce n'est pas ce que je souhaite, mais il se battra encore. [Mon message aux générations futures, c'est qu'elles] fassent très attention à la remontée de l'extrême-droite. Je crois qu'il faut se méfier, parce que malheureusement, ça peut revenir demain. Ce que je souhaite le plus, c'est qu'elles ne voient pas ce que j'ai vécu."


Monsieur Hébras publiera bientôt un nouveau livre, co-écrit avec sa petite-fille. Elle l'avait accompagné à Joinville en ce jour si particulier.